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Samedi 29 avril 2006
L’épidémie de chikungunya qui touche l’île de la Réunion depuis mars 2005 a entraîné une augmentation de la mortalité parmi la population, confirment des analyses menées par l’Institut de veille sanitaire (Invs) et l’Inserm. C’est au début de l’année 2006, au moment où l’épidémie était la plus active, que cette surmortalité apparaît, selon les informations communiquées aujourd’hui par les deux instituts.

L’Invs a comptabilisé 25 décès supplémentaires en janvier 2006 (+7,1%), 100 décès en février (+34,4%) et 76 en mars (+25,2%). Cette surmortalité est très probablement liée à l’épidémie de chikungunya, qui a atteint un pic dans la semaine du 6 au 12 février 2006. Dans deux cas sur trois, les avis de décès mentionnant le virus du chikungunya concernent des personnes de plus de 65 ans, souligne l’Inserm.

A l’heure actuelle près de 248.000 personnes ont été touchées par le virus à la Réunion. Le nombre de cas enregistrés chaque semaine diminue depuis la mi-mars mais sans chuter, souligne l’Invs. L’institut estime que l’évolution de l’épidémie est assez imprévisible, notamment à cause des facteurs climatiques qui influencent la population de moustiques, vecteurs du virus.

Le chikungunya est un arbovirus qui circule en Afrique de l’Est, en Asie du Sud-Est et dans le sous-continent Indien. Les moustiques du genre Aedes en sont les vecteurs -Aedes albopictus est le principal responsable à la réunion. Chikungunya est un terme swahili qui signifie ‘’marcher courbé’’. En effet après une période d’incubation de 3 à 7 jours, ce virus provoque de fortes fièvres et des douleurs dans les articulations, surtout dans les poignets, les chevilles et les phalanges. L’infection peut aussi s’accompagner de maux de tête ou d’éruptions cutanées. En général le malade guérit de lui-même au bout d’une dizaine de jours et le traitement consiste à administrer des anti-inflammatoires pour diminuer les douleurs. Il existe de cas rares de douleurs articulaires persistantes.

C.D.
(28/04/06)

© Le Nouvel Observateur
Par Takana - Publié dans : Santé
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Samedi 29 avril 2006

Entretien . L’avocate iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix 2003,
dénonce les menaces d’intervention contre son pays. Avec son homologue américaine, Jody Williams, elle a lancé un appel pour de vraies négociations.

On parle beaucoup d’intervention militaire possible contre l’Iran, d’utilisation d’armes nucléaires, mais aussi d’imposer la démocratie en Iran. Est-ce que tout cela vous inquiète ?

Shirin Ebadi. J’ai l’impression qu’on veut préparer l’opinion publique à une intervention contre l’Iran, comme cela avait été le cas pour l’Irak. Les Iraniens sont très critiques envers leur gouvernement. Mais si les États-Unis veulent attaquer l’Iran, il est certain que les Iraniens défendront leur pays et ne permettront pas à un seul soldat américain d’y mettre les pieds. Quant à l’idée d’imposer la démocratie, je pose une seule question : les États-Unis ont-ils mis en place la démocratie en Irak ? Les musées d’Irak ont été saccagés, les industries irakiennes détruites. Plus de 100 000 civils ont été tués. L’Irak est au bord de la guerre civile. C’est le résultat de la guerre menée contre l’Irak.

Comment le prix Nobel de la paix que vous êtes se positionne face à la question du nucléaire, plus précisément de la fabrication iranienne de l’arme nucléaire contre laquelle s’élèvent les pays occidentaux ?

Shirin Ebadi. Aucun pays n’a besoin d’avoir l’arme nucléaire : ni l’Iran, ni Israël, ni les États-Unis, ni la France. La bombe atomique n’a pas été créée pour l’amélioration des conditions de vie du genre humain ni pour son évolution. On dépense des milliards de dollars pour l’arme nucléaire ou pour l’armement en général alors que cet argent serait beaucoup mieux utilisé pour le bien-être des peuples.

Je ne sais pas ce que le gouvernement iranien décide en coulisse. La démocratie n’est pas complète. Le gouvernement iranien affirme que son objectif est l’utilisation pacifique du nucléaire. Est-ce que cette affirmation est vraie ? C’est seulement avec une démocratie avancée que nous pourrions donner au monde la sécurité.

Que dites-vous aux peuples, iranien, américain, français, qui s’inquiètent aujourd’hui des bruits de guerre autour de l’Iran ? Que peuvent-ils faire ?

Shirin Ebadi. Il y a quinze jours, j’ai rencontré l’Américaine Jody Williams, prix Nobel de la paix 1997, et nous avons rédigé une déclaration commune que nous avons lue conjointement, chacune dans sa propre langue. Dans cette déclaration, nous avions demandé aux gouvernements iranien et américain de diminuer les dépenses militaires et d’utiliser cet argent afin d’améliorer les conditions de vie de leurs peuples respectifs. Nous leur demandions également de respecter les droits de l’homme, d’oublier leurs différends et de penser à l’avenir. Les problèmes existants doivent être réglés par des discussions, des négociations. Celles-ci doivent se faire à trois niveaux : entre les présidents de chaque pays, entre les parlements et entre les organisations non gouvernementales (ONG). Avec Jody Williams, nous avons redit que les peuples américain et iranien ne voulaient pas la guerre. J’espère que les deux gouvernements tiendront compte de cette déclaration conjointe. Cette dernière sera d’ailleurs disponible sur Internet afin que chacun puisse la signer et montrer ainsi l’adhésion qu’elle recueille à travers le monde.

Le livre que vous venez de publier couvre toute l’histoire de l’Iran depuis la révolution islamique de 1979 et le départ du Shah jusqu’à aujourd’hui. Comment expliquez-vous ce revirement entre la volonté du peuple en 1979 et ce qui s’est passé par la suite ?

Shirin Ebadi. Les gens qui pensaient qu’on pouvait vivre selon les rites d’il y a quatorze siècles et qui voulaient régler les différends d’aujourd’hui avec des solutions de leurs ancêtres ont provoqué les problèmes que nous connaissons actuellement. Bien des opportunistes se sont incrustés dans le courant de la révolution et en ont profité pour établir leur pouvoir tout en confortant leur situation matérielle. C’est ce courant qui explique pourquoi la révolution a été ainsi détournée.

Après la révolution, cependant, le pourcentage de femmes ayant suivi des études a augmenté. Aujourd’hui, dans les universités les étudiantes représentent plus de 65 % des effectifs alors qu’à l’époque du Shah elles n’étaient que 25 %. Depuis la révolution les femmes sont donc plus instruites mais elles ont perdu au niveau de leurs droits notamment par la promulgation de lois. Ainsi, le témoignage d’un homme vaut le témoignage de deux femmes, la vie d’une femme vaut la moitié de celle d’un homme. S’il y a un accident de la circulation mettant aux prises une femme et un homme, les dommages à payer à la femme sont la moitié de celle de l’homme. On pourrait résumer l’Iran actuel en un mot : le pays des paradoxes.

Comment expliquez-vous l’échec des « réformateurs », notamment l’expérience de Mohammad Khatami, élu deux fois président, de 1998 à 2005.

Shirin Ebadi. Khatami croyait en la démocratie. Mais selon les lois constitutionnelles, les pouvoirs du président sont limités. C’est pour cela qu’il n’a pas pu faire grand-chose. Ceux qui détenaient le pouvoir n’étaient pas en accord avec sa politique réformatrice. Même le parlement, qui lui était acquis en 2000, ne pouvait approuver toutes les lois qu’il voulait. C’est le conseil de surveillance qui doit valider toute loi. Le 6e parlement avait ainsi voté une loi pour approuver la Convention contre la discrimination faite aux femmes. Mais le Conseil des gardiens a refusé sous prétexte que ça allait à l’encontre de la charia. Idem concernant la Convention contre la torture. Vous voyez que le vrai pouvoir ne se trouvait pas dans les mains du président. Le vrai pouvoir est dans les mains du Conseil des gardiens de la révolution et du Guide suprême.

Dans le contexte international de tension que nous connaissons actuellement, les menaces qui pèsent sur l’Iran, les femmes ont-elles un rôle particulier à jouer ?

Shirin Ebadi. Les femmes sont plus instruites qu’auparavant. Elles connaissent les droits qu’elles n’ont pas. Les femmes subissent encore plus fortement les effets des guerres. Elles doivent exprimer ce qu’elles pensent. Dire à haute voix qu’elles sont contre la guerre.

Entretien réalisé par Pierre Barbancey - © Journal l'Humanité

Par Takana - Publié dans : Monde
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Samedi 29 avril 2006
 
© L'EXPRESS
Le conseil des prud'hommes de Longjumeau (Essonne) a jugé un "contrat nouvelles embauches" (CNE) contraire au droit international et l'a requalifié en contrat à durée indéterminée.

© Reuters
La décision, rendue publique vendredi par la CGT, constitue une première car elle concerne la nature même du CNE. Elle pourrait faire tache d'huile, plusieurs dizaines d'ex-salariés en CNE ayant saisi les prud'hommes pour des licenciements qu'ils estiment abusifs.
La centrale syndicale considère qu'il s'agit d'un "point d'appui très important" pour l'action qu'elle va mener afin d'obtenir le retrait du CNE, qui servit de modèle au contrat première embauche (CPE) retiré le 10 avril sous la pression de la rue.
Cette affaire "confirme ce que nous disons depuis le début, le CNE est en infraction à l'une des conventions internationales du droit du travail", a commenté le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui clôturait le 48e congrès de la confédération, à Lille.
Il a espéré que ce cas ferait jurisprudence et que d'autres conseils des prud'hommes s'en inspireraient.
Selon la CGT, le dossier de Longjumeau concernait une secrétaire embauchée pour six mois en contrat à durée déterminée en juillet 2005 puis, à l'issue de ce CDD, embauchée en CNE en janvier 2006 avant d'être licenciée au bout d'un mois.
Les prud'hommes ont estimé que l'ordonnance gouvernementale d'août 2005 instituant le CNE était "contraire à la Convention 158 de l'OIT" (Organisation internationale du travail).
Cette convention stipule qu'un salarié ne peut être licencié "sans qu'il existe un motif valable de licenciement" et "avant qu'on lui ait offert la possibilité de se défendre". Elle prévoit des dérogations pour les salariés en période d'essai mais à la condition que celle-ci soit d'une durée "raisonnable".
Les prud'hommes de Longjumeau ont estimé que la période d'essai de deux ans des CNE était, "quel que soit le poste occupé, déraisonnable au regard du droit et des traditions".
La décision des prud'hommes de Longjumeau contredit celle du Conseil d'Etat qui, le 19 octobre, avait notamment estimé "raisonnable" la période d'essai de deux ans.
Le CNE permet aux entreprises de moins de 20 salariés de licencier sans motiver leur décision pendant une période de deux ans, avec un préavis et une indemnité moindres que pour des CDD.
Par Takana - Publié dans : France
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Samedi 29 avril 2006

Vendredi à Zurich, cela a été le tour de l'assemblée des actionnaires du Credit Suisse de critiquer les millions gagnés par les managers, jugés honteux et injustifiés.

Il y a dix jours déjà, les primes faramineuses des dirigeants avaient été dénoncées lors de l'assemblée générale de l'UBS.

«Je suis scandalisé et déçu des exigences financières de ces messieurs assis là-haut sur le podium.» Exigences qui ne sont pas justifiées par l'évolution des cours de l'action Credit Suisse ces dix dernières années. Ces propos tenus par l'un des quelque 2500 actionnaires réunis vendredi dans le Hallenstadion de Zurich ont été salués par des applaudissements soutenus.

 Des primes qui fâchent

Les critiques visaient surtout le niveau des unités de prime d'incitation (Performance Incentive Plan Units) qui, si les objectifs sont atteints, peuvent être converties en actions CS après cinq ans.

Le nombre d'actions ainsi transférées dépend de l'évolution des cours et de la situation de la concurrence. Ce qui ne figure pas dans le rapport 2005.

Il est simplement mentionné que le patron de la banque Oswald Grübel et les cinq autres membres de la direction ont reçu une indemnité de 101,6 millions de francs (dont 46,2 millions en espèces) et 816'000 unités de prime.

Pour sa part, l'ensemble du conseil d'administration a reçu 20,5 millions de francs (dont 11,1 millions en espèces). C'est le président Walter Kielholz qui se taille la part du lion avec 12,1 millions de francs (dont 7,1 millions en espèces).

 

Manque de transparence

 

Dominique Biedermann, directeur de la Fondation Ethos, qui représente plusieurs caisses de pension, a également dénoncé le manque de transparence du Credit Suisse en matière de primes.

Ce n'est qu'après des demandes répétées que la banque a indiqué que chacun des six top managers avaient la possibilité de gagner plus de 100 millions de francs si le cours de l'action double à 140 francs, ce qui est l'objectif d'Oswald Grübel. En 2004, il avait même été question de 170 millions par membre de la direction.

«Ces niveaux ne sont pas seulement disproportionnés, mais exorbitants», estime Dominique Biedermann, qui a exigé un vote des actionnaires.

 Approbation finale

«Les managers sont obligés d'investir 75% de leur bonus dans le programme et, en cas de problème, ils sont perdants», c'est défendu Walter Kielholz.

Le président du conseil d'administration a indiqué que l'ancien système d'options a été remplacé par ce programme de primes d'incitation, plus étroitement assujetti à l'évolution des cours.

Malgré ces critiques, toutes les propositions du conseil d'administrations ont été approuvées à 95% des voix. Walter Kielholz et le vice-président Hans-Ulrich Doerig ont été rélus pour trois ans avec 98% des suffrages.

swissinfo et les agences
Par Takana - Publié dans : Suisse
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Samedi 29 avril 2006
Tchernobyl, 20 ans après

Chappatte cartoon: Tchernobyl, 20 ans après
© Chappatte dans "International Herald Tribune"
Par Takana - Publié dans : takana
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Samedi 29 avril 2006
Il sera ici bien évidemment question de politique. Mais uniquement de celle que conduit la vie pour construire, à partir d'une cellule unique, un être complexe qui connaît le haut, le bas, l'avant, l'arrière et, surtout, la droite et la gauche.

Cela aboutit, pour le genre humain, à avoir deux yeux, deux oreilles, deux bras, deux jambes, deux poumons et deux hémisphères cérébraux... Mais la vie ne semble pas tout le temps voir double : une bouche, un nez, un coeur, un foie, un estomac... Et elle ne voit pas tout le temps symétrique : le coeur est, normalement, situé légèrement à gauche dans la cage thoracique tandis que le foie est à droite.

Il faut savoir qu'au royaume des organes, c'est le «gouvernement» des gènes qui est chargé de tout organiser du mieux possible. Ce sont eux qui vont assigner les positions et les fonctions des différents groupes de cellules lors du développement embryonnaire. Ils sont à la fois architecte et éducateur. Ils vont, entre autres, «apprendre» aux différents organes à reconnaître leur droite de leur gauche. Ce que l'on appelle le phénomène de latéralisation. Et pour les organes de l'abdomen et du thorax, cette asymétrie droite-gauche seule permet une organisation harmonieuse.

Certains gènes entraînent des inversions

On le sait essentiellement à cause des «erreurs» que les gènes commettent parfois. Qui entraînent des inversions complètes ou partielles de positionnement d'organes (1 personne touchée sur 5 000 ou 10 000). Il arrive ainsi que certaines personnes aient le coeur situé à droite. Ce qui ne va pas, souvent, sans problèmes. Quoi qu'il en soit, les chercheurs ont trouvé certains gènes qui sont responsables de ce mauvais positionnement. Et ont pu reproduire expérimentalement, sur des modèles animaux, ces anomalies.

Un embryon se construit en trois dimensions. Ses trois axes de développement sont celui des pieds à la tête, celui ventre-dos et le droite-gauche. Une équipe de chercheurs français (*) a récemment caractérisé chez la mouche drosophile un gène qui entraîne une perturbation de ce troisième axe qui conduit à une inversion complète droite-gauche. Il semble qu'il existe un gène équivalent chez l'homme. Le connaître permettra peut-être de mieux diagnostiquer et traiter les malformations et anomalies découlant d'un défaut d'asymétrie droite-gauche.

Cette asymétrie apparaît après plusieurs semaines de développement embryonnaire. L'embryon, jusqu'alors totalement symétrique, va «découvrir» sa droite et sa gauche. Une étape clé nommée «brisure de symétrie», dont seraient responsables certains gènes. Le coeur, qui est au départ un simple tube (semblable à un coeur de poisson), va se cloisonner en deux chambres (comme un coeur de grenouille), puis en trois chambres – deux oreillettes et un ventricule – (comme un coeur de serpent ou de tortue), enfin en quatre. Le coeur embryonnaire occupe neuf fois plus de place dans le foetus qu'il n'en occupera chez le nouveau-né. Là, il aura la taille du poing fermé du bébé. Il grandira d'ailleurs comme ce poing et, adulte, aura encore la taille du poing fermé de l'adulte (pour un poids de 300 à 400 grammes).

Ce coeur en renferme en fait deux. Plus que sa position dans la cage thoracique, c'est là la vraie importance de l'asymétrie droite-gauche. Le demi-coeur droit (une oreillette et un ventricule), dit pulmonaire, est spécialisé dans l'envoi du sang «pauvre» dans les poumons, et le demi-gauche (plus gros que le droit) recueille le sang oxygéné sortant des poumons et le propulse dans tout l'organisme. C'est sans doute cette bifonctionnalité du coeur qui entraîne, mécaniquement, son décalage de position. Et aussi le fait que l'ossature de la cage thoracique, sternum et côtes, rend impossible qu'il soit centré. Qu'il soit légèrement à gauche fait d'ailleurs que le poumon gauche n'a que deux lobes contre trois pour le droit. Si tout était inversé, position du coeur, fonctionnalité des demi-coeurs, poumons, etc., l'ensemble pourrait parfaitement fonctionner. Le problème est que les inversions sont rarement complètes.

Certains pensent que la position du coeur a entraîné bien d'autres conséquences. Ainsi, le fait que la grande majorité des humains soient droitiers s'expliquerait par le fait que, historiquement, nous aurions plus tendance à utiliser spontanément notre bras gauche pour protéger notre coeur. Et que, par voie de conséquence, le droit serait plus «libre» pour effectuer d'autres tâches. Dans le même ordre d'idées, on a remarqué que l'on porte un bébé plus souvent en le mettant sur son thorax gauche, que l'on soit droitier ou gaucher. Est-ce pour qu'il soit plus près de notre coeur et de ses battements ?

Est-ce parce que le coeur (que l'on appelle aussi siège des émotions) est à gauche que l'hémisphère droit (plus concerné par la partie gauche du corps) est celui de l'intuition et de l'affectivité tandis que l'hémisphère gauche est celui du langage et de la logique ? Cela semble difficile à démontrer. D'autant que, chacun le sait, le coeur a encore et toujours des raisons que la raison ne connaît pas.

(*) Une équipe CNRS menée par Stéphane Noselli à l'université de Nice dont les travaux sont parus dans l'hebdomadaire scientifique Nature du 6 avril 2006.

Le Figaro
Par Takana - Publié dans : Sciences
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Samedi 29 avril 2006
L'émotion de Yannick Noah enjambant le filet du court central de Roland-Garros après sa victoire en finale en 1983 pour se jeter dans les bras de son père ; Cassius Clay sur le plateau d'"Apostrophes" en 1976 ; un épisode des "Brigades du Tigre" cette même année ; "Les Raisins verts", de Jean-Christophe Averty, en 1963 ; le front plissé du commissaire Maigret dans un téléfilm réalisé par Claude Barma, en 1967 ; le face-à-face de François Mitterrand et Jacques Chirac durant la présidentielle de 1988.


Tout un patrimoine collectif et affectif, un panthéon peuplé de Nestor Burma, Casimir, Vidocq, Arsène Lupin, Claude François en costume pailleté... désormais accessible sur Internet.

Jeudi 27 avril, l'Institut national de l'audiovisuel (INA), la plus grosse banque de données audio et vidéo du monde, inaugure son site
www.ina.fr : le grand public pourra revivre soixante-dix ans de radio et soixante ans de télévision à travers des dizaines de milliers d'extraits ou d'émissions intégrales, jusqu'ici réservés aux chercheurs et universitaires qui se rendaient à la Bibliothèque nationale de France (BNF) et aux professionnels de l'audiovisuel.

Le site ina.fr propose 100 000 émissions de radio et de télévision à voir, revoir ou écouter, soit dix mille heures d'archives télévisuelles et radiophoniques présentées dans leur contexte historique : feuilletons, séries comme "Les Shadoks", "Age tendre et tête de bois", dramatiques, grands entretiens, discours politiques d'importance, trente ans de journaux télévisés, magazines culturels ou d'information comme "Thalassa", événements sportifs, reportages, concerts, variétés... "Le volume d'archives accessible représente le programme de deux chaînes de télévision pendant un an", indique le PDG de l'INA, Emmanuel Hoog.

Ce site Internet est l'un des résultats du plan de sauvegarde et de numérisation lancé en avril 1999. Un vaste chantier de transfert numérique destiné à faciliter le stockage des archives mais surtout à les sauver de la destruction, en raison de la fragilité de nombreux supports (inflammabilité du nitrate, films acétate frappés du syndrome du vinaigre, etc.).

Parmi les 3 millions d'heures stockées dans les fonds de l'INA à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne), 835 000, menacées d'obsolescence, doivent être sauvegardées d'ici à 2015.

Disposer de la mémoire audiovisuelle à domicile constitue " un rêve démocratique", selon le réalisateur Serge Moati. Une mémoire différente des sempiternels bêtisiers, florilèges de gags, diffusés ad nauseam par les chaînes hertziennes et qui accrédite l'idée d'une télévision robinet à images, qui n'a jamais produit d'oeuvres dignes d'intérêt.

Ce site permet de se forger une opinion plus juste de l'histoire récente de l'audiovisuel, en revoyant par exemple les sujets des journaux télévisés consacrés à l'affaire de pédophilie d'Outreau lors des mises en examen et de l'enquête de police, de prendre connaissance - gratuitement - de l'intégralité du procès de Maurice Papon, soit 400 heures de programmes dont la chaîne Histoire a diffusé de larges séquences. Réécouter le numéro du "Masque et la plume" de France-Inter consacré à l'actualité du Festival de Cannes en 1999 ou 2001...

Les amoureux de la littérature y trouveront aussi les collections parcellaires - ou parfois intégrales - d'"Apostrophes", "Plain-chant", "Post-scriptum", "Un siècle d'écrivains", "Voyage entre les lignes".

Un moteur de recherches permet de parcourir l'offre du site par mots-cés, genre, chaîne, année de diffusion, personnalité, titre d'émission. Ce site, qui fera vivre le fonds en fonction de l'actualité et des commémorations, s'enrichira chaque année d'environ 5 000 heures de programmes.

En septembre apparaîtra la rubrique "Apprendre", sorte de manuel scolaire tout en images par matière et niveau d'études, destiné aux professeurs, aux élèves et à leurs parents. Une source d'information et de comparaison pour une culture commune et familiale.

Le visionnage gratuit de documents dans leur totalité (80 % de l'offre) s'effectue en quart d'écran, en plein écran après téléchargement payant.

Concernant les documentaires et les feuilletons protégés par des droits d'auteur, les dix premières minutes sont gratuites. Ensuite, l'internaute doit payer pour télécharger l'intégralité d'une oeuvre : 1 à 3 euros pour un visionnage dans un délai de 48 heures, 1 à 12 euros pour l'acheter à vie et la graver. Enregistrer sur son ordinateur un concert de musique classique revient à 8 euros, 2 euros pour un journal parlé.

Le site de l'INA apparaît dans un marché déjà assez concurrentiel : en quelques mois, les portails de vidéos à la demande (VOD) de TF1, France Télévisions, Canal+ et Arte se sont lancés, et le podcasting (baladodiffusion), qui permet de se libérer des horaires imposés par les chaînes de télévision ou les radios, se développe rapidement. "On a négocié avec les ayants droit une rémunération forfaitaire indexée sur la totalité du chiffre d'affaires du site, générés par les téléchargements payants, la publicité", explique M. Hoog.

Nostalgie ? Besoin de repères ? Curiosité ? Aujourd'hui, l'engouement pour le patrimoine télévisuel est réel. Revisiter le passé d'une personnalité ou la mémoire collective nourrit tout à la fois les grilles des programmes et les imaginaires.

En 2002, la première édition des "24 heures de la télé", florilège d'archives de l'INA, dans le cadre des Journées du patrimoine, avait été confinée au Zénith de Paris. En 2005, 450 villes ont participé à cette opération, retransmise par la chaîne câblée Paris Première, qui a réalisé là l'une de ses meilleures audiences de l'année.

Selon un sondage réalisé les 7 et 8 avril par Ipsos, les trois quarts des Français jugent indispensable de sauvegarder la totalité des archives, car "elles constituent des témoignages essentiels de notre histoire".

Ils donnent la priorité aux émissions culturelles et aux débats de société. En revanche, la moitié des sondés estiment qu'il n'est pas important ou primordial de conserver les émissions politiques ; 58 % jugent "secondaire et inutile" d'archiver les émissions pour enfants et encore plus les téléfilms et émissions de variétés.

Emmanuel Hoog espère que le site ina.fr créera "du lien social". "Les enfants pourront y découvrir comment on s'habillait à l'époque de leurs grands-parents, quelle musique écoutaient leurs parents", explique-t-il.

De son côté, l'historien Marc Ferro, qui animait sur Arte l'émission "Histoire parallèle", est plus circonspect : "Ce site aura un rôle de catalogue-inventaire pour retrouver ce qu'on sait et faire joujou avec cette masse d'images."

Il s'interroge aussi sur l'usage qui en sera fait. "Un phénomène technologique est souvent à l'origine de phénomènes politiques ou religieux. La révolution de l'information et la novation technologique de l'imprimerie ont répandu, en leur temps, la lecture de la Bible et provoqué une propagation du protestantisme qui a coupé l'Europe en deux. L'invention du transistor et sa présence dans des villages privés d'électricité a contribué à l'éveil de l'esprit anticolonial. L'apparition des cassettes vidéo a entraîné une expansion de l'islam et de l'islamisme. Khomeiny est devenu célèbre dans beaucoup de pays, grâce aux messages vidéo qui circulaient, comme ceux de Ben Laden."

Macha Séry

Le Monde
Par Takana - Publié dans : Internet & Technologies
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Samedi 29 avril 2006
swissinfo
LONDRES - La déforestation menace de faire disparaître de nombreuses plantes de l'île de Bornéo potentiellement utiles en médecine, avertit le WWF dans un rapport publié jeudi. Ces plantes pourraient traiter certains cancers, le sida ou la malaria.

La forêt tropicale de Bornéo ne couvre plus en 2005 que 50% du territoire contre 74% en 1985, victime de l'exploitation forestière, des grands incendies et du boom de la production de l'huile de palme. La biodiversité exceptionnelle de ces forêts suscite pourtant de nombreux espoirs du côté de la recherche médicale, selon le rapport.

Le WWF a établi une liste de 422 nouvelles espèces découvertes au coeur des forêts tropicales humides de Bornéo au cours des 25 dernières années. Il évoque notamment un composé découvert dans un arbuste de Sarawak. Le laboratoire pharmaceutique australien Cerylid Biosciences le juge capable de lutter efficacement contre diverses cellules cancereuses.

Le rapport cite également la Calanolide A qui semble efficace pour lutter contre la reproduction du virus VIH à l'origine du sida. Enfin, les chercheurs auraient trouvé un agent puissant anti-malaria dans l'écorce d'arbres au coeur de la forêt.

"Si la destruction de la forêt se poursuit, le risque est grand de compromettre la découverte de ressources susceptibles de produire des médicaments pouvant sauver des vies", a déclaré le Dr. Murray, directeur de la recherche de Cerylid Biosciences, cité dans le rapport.
Par Takana - Publié dans : Environnement
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