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Santé

Samedi 3 décembre 2005 6 03 /12 /2005 09:04
Première mondiale, une enquête effectuée à partir de prélèvements réalisés sur plus de 10 000 accidents de la route analyse les typologies des consommateurs et les différents facteurs de risques. Et souligne le danger du mélange.

«Irresponsable», «obsolète», «relativisant les dangers du cannabis au volant». Depuis deux mois, ces éminents chercheurs ont tout entendu sur leur étude «Stupéfiants et accidents mortels» (SAM), sans pouvoir répondre. Pour eux, l'enjeu était de taille, après quatre ans de travail pour décortiquer les PV des 10 800 accidents mortels qui ont eu lieu en France entre octobre 2001 et septembre 2003. Et ce, avec l'aide des gendarmes, des policiers et des tribunaux qui ont organisé des prélèvements de sang sur tous les conducteurs morts ou rescapés. Et des labos qui ont recherché la présence de drogues dans ces milliers d'échantillons sanguins. Puis, épidémiologistes et accidentologues ont déterminé les responsabilités des conducteurs sous influence, en les comparant à un groupe témoin d'accidentés sans drogue dans le sang. Une énorme machinerie.

Reconnaissance.
Au printemps, ils ont eu le bonheur de voir leur enquête ­ la première au monde possédant une telle puissance statistique ­ acceptée par le prestigieux British Medical Journal (BMJ). Qui l'a finalement rendue publique vendredi, déliant du même coup ses auteurs du silence que ce type de revue scientifique impose jusqu'au jour de publication. Entre-temps, la révélation par Libération ­ le 3 octobre ­ des principales conclusions qui circulaient officieusement au gouvernement a déclenché une polémique sans précédent. Avec une montée au créneau de certains députés UMP, ministres et toxicologues en pleine croisade antihachisch et antijeunes. Les mêmes étaient à l'origine de la loi Dell Agnola de 2003, qui punit toute trace de cannabis chez le conducteur de deux ans de prison et 4 500 euros d'amende. Des peines équivalentes à celles réservées à une alcoolémie supérieure au taux légal de à 0,5 gramme par litre de sang.

Les faits sont têtus : au volant, le cannabis est quatre fois moins dangereux que l'alcool. Et il fait dix fois moins de morts. Ces résultats ont été confirmés vendredi (voir encadré). «Entre le déni de ceux qui assurent que le cannabis n'a jamais tué personne sur la route et les missionnaires apocalyptiques qui lui attribuent 1 500 morts par an chez les jeunes, il y a une approche scientifique. Elle a été validée par une des meilleures revues au monde», a conclu vendredi Claude Got, de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), qui a coordonné l'étude.

Conduire sous l'emprise du cannabis double le risque d'avoir un accident mortel sur la route. Avec l'alcool, il est multiplié par 8,5. Et par 15, si on mélange les deux substances.

«Au final, on peut attribuer 2,5 % des accidents mortels à la conduite sous influence cannabique. Contre 28,6 % sous alcool», a expliqué Bernard Laumon, un des auteurs de l'étude. Avec son équipe de l'Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (Inrets), il a pour la première fois mis en évidence une relation «effet-dose» : plus on fume de shit, plus on risque le carton. Mais, le cannabis étant illégal et sa concentration et ses effets sur le cerveau variables selon les personnes, il est donc impossible de traduire les risques en nombre de joints. Impossible donc de formuler un message efficace à destination des jeunes.

Didier Jayle, président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), et Remi Heitz, délégué à la sécurité routière, ont rappelé que la consommation de cannabis est de toute façon interdite, au volant comme ailleurs, quel que soit le seuil. Une campagne de communication doit le marteler en 2006. Par ailleurs, les contrôles sur la route, en augmentation ­ 2 138 en 2003, 15 905 en 2004 ­ nécessitent pour l'instant un dépistage urinaire lourd. Le test salivaire annoncé pour 2006 «n'est pas encore fiable», a rappelé Remi Heitz.

Profil. L'étude SAM est passionnante car elle réussit à dégager un profil de ceux qui roulent au shit : les garçons sont trois fois plus nombreux que les filles. Et les plus dangereux, ceux qui mélangent fumette et alcool, sont «exclusivement des hommes». Et ils sont jeunes : chez les conducteurs de moins de 25 ans, un sur dix est sous influence du cannabis, autant sous alcool. Et 2 % sous l'emprise des deux. Des proportions deux fois moindre chez les 25 à 34 ans. Et quasi inexistante au-delà.

On rencontre des conducteurs sous influence du hachisch toute la semaine sur les routes, mais la nuit du samedi au dimanche, ils sont plus nombreux car ils sont rejoints par ceux qui associent cannabis et alcool. Enfin, chez les conducteurs de deux-roues, 5 % ont fumé, 10 % ont bu. Au volant des utilitaires, 6 % ont fumé, 3 % ont bu. Chez les conducteurs de poids lourds, 2 % se sont roulé un petit joint, «alors qu'ils respectent bien la législation sur l'alcool», a précisé Bernard Laumon.

«Le problème majeur du cannabis au volant est son association avec l'alcool, a conclu le chercheur. Ce sont des résultats suffisamment alarmants.» Pas pour certains, dont Nicolas Sarkozy : «J'ai lu avec attention les conclusions d'un rapport tendant à relativiser le problème en indiquant que le nombre de victimes de la route dues à la consommation de stupéfiants se situerait autour de 200 personnes par an. C'est peut-être une approche, mais je pense qu'elle ne reflète que très partiellement la sensibilité de cette question», déclarait le 20 octobre le ministre de l'Intérieur. Le travail de sape avait commencé.

Vendredi, Remi Heitz, le délégué à la sécurité routière, a pris le contre-pied et martelé que l'enquête SAM «fait référence sur la question». Deux jours avant, une autre étude, très alarmiste, de moindre ampleur, était publiée à la une du Figaro. Un groupe de toxicologues y affirme que depuis 2003 la fumette aurait explosé, rendant «obsolète» l'étude SAM. Des traces de THC, encore actif ou non, auraient été trouvées chez 40 % des moins de 30 ans tués dans un accident de la route. Les chercheurs ont réfuté vendredi ces travaux : «Cette étude ne précise pas la part des autres facteurs de risque, souvent associés au cannabis chez les jeunes, comme alcool, vitesse, état de la voiture. Si on suit ses conclusions, cela voudrait dire que près de la moitié des jeunes conduirait sous influence du cannabis.» «Soyons sérieux !» fustigent les chercheurs. Un jeune sur dix, c'est déjà beaucoup.

Par Takana - Publié dans : Santé
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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /2005 12:09
"Alors que des millions de ruraux se battent pour trouver de la nourriture, la classe moyenne indienne nouvellement enrichie est menacée par l'obésité", constate l'hebdomadaire britannique The Observer. Contrairement aux pays occidentaux, où l'obésité est associée aux classes populaires, dans les pays en voie de développement, et surtout en Inde, le problème concerne les riches.

Comme les Occidentaux, cependant, de nombreux citadins ont besoin d'une aide médicale pour lutter contre ce fléau, et "font appel à la chirurgie pour réduire la taille de leur estomac, ou se font poser des sondes gastriques, des opérations complètement inconnues il y a dix ans", rapporte le Dr Sanjay Borude, qui dirige une clinique chirurgicale à Bombay. Les clients de la clinique du Dr Borude font partie de l'élite et sont prêts à payer des fortunes pour réduire leur poids. Pour faire face à la demande, le chirurgien forme à ces nouvelles techniques des médecins venus de toutes les villes du pays.

Selon un sondage publié par l'Institut indien des sciences médicales, "76 % des femmes vivant à New Delhi ont un problème de surpoids", alors que la Banque mondiale signale que "45 % des enfants des campagnes souffrent de malnutrition". "En ville, les gens deviennent sédentaires, ils ne marchent plus puisqu'ils ont une voiture. En outre, les habitudes alimentaires changent, et la nourriture industrielle est en train de faire une percée remarquable", souligne The Observer.

"Nous allons vers un désastre, car les politiciens en sont encore à se demander pourquoi des gens meurent de faim quand d'autres souffrent d'obésité, mais ils ne se sentent pas concernés. Ils considèrent que le paludisme et la tuberculose sont des fléaux bien plus sérieux", déplore Misra, responsable de l'Institut indien des sciences médicales.
Par Takana - Publié dans : Santé
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Mercredi 7 décembre 2005 3 07 /12 /2005 10:50
C 'est une révolution et une première médicale en France. A Caen, un patient souffrant d'insuffisance cardiaque s'est fait greffer mardi une nouvelle prothèse chargée d'assister son coeur. Une prothèse minuscule, de la taille d'un bâton de rouge à lèvres, et beaucoup moins gênante pour les malades. Gros avantage : le patient va pouvoir réguler le débit sanguin de son coeur quand il fait un effort. Seul bémol, le prix : environ 80.000 euros.

Gilles Grollier, chef du département cardiologie de l'hôpital de Caen, présente la prothèse

Assistance cardiaque

Pour la première fois en France, les 6 et 7 décembre au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Caen, une équipe de cardiologues a et va implanter un nouveau type de coeur artificiel sur deux patients rigoureusement sélectionnés. Il s'agit d'une assistance cardiaque constituée d'une turbine de la taille d'un tube de rouge à lèvres, implantée dans le coeur affaibli pour intensifier le flux sanguin dans le corps.

Silencieux et léger (moins de 90 grammes), l'appareil se place à la pointe du ventricule gauche - le plus actif - et est relié à l'aorte descendante ou ascendante. Une batterie externe, d'un poids inférieur au kilo, assure l'autonomie de l'appareil. Le câble d'alimentation ressort soit par l'abdomen soit derrière la tête. Indiqué chez des personnes souffrant d'une altération momentanée de la fonction cardiaque ou chez des personnes en attente d'une transplantation, cet appareil peut également être envisagé de façon permanente. "La première personne à en avoir bénéficié est un Américain qui est toujours en vie plus de cinq ans après", a indiqué le professeur Gilles Grollier, chef du service de cardiologie du CHU de Caen.

Faire face à la pénurie d'organes

Autre atout de cet appareil : le patient peut réguler lui-même le débit sanguin de son coeur s'il doit par exemple grimper une côte ou faire une randonnée en montagne.
Seul bémol : le prix de l'appareil, environ 80.000 euros. Actuellement, 150 personnes à travers le monde bénéficient d'une pompe d'assistance carrdiaque de ce type, appelée "Jarvik 2000", du nom de son inventeur le professeur Robert Jarvik. Mais c'est la première fois que l'opération est tentée en France.

Cet appareil permet aussi de faire face à la pénurie d'organes. Car 317 personnes seulement ont pu bénéficier d'une greffe du coeur en 2004 en France, contre 380 en 1998, selon l'Agence de biomédecine, qui relève également que les patients demeurant en attente d'une greffe sont plus nombreux : 280 l'an dernier contre 269 en 1998.

Par Takana - Publié dans : Santé
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Jeudi 8 décembre 2005 4 08 /12 /2005 19:17
Deux foyers de grippe aviaire ont été découverts dans des fermes d'élevage d'autruches du sud du Zimbabwe, où un virus H5 a été détecté, ce qui a entraîné les autorités sanitaires du pays à suspendre les exportations de viande d'autruche et de volailles. Le directeur zimbabwéen des services vétérinaires, Stuart Hargreaves, cité par le quotidien gouvernemental The Herald, a précisé que des échantillons de ces autruches du Zimbabwe, analysés en Afrique du Sud, ont permis de conclure que le virus était de type H5N2, et non de type H5N1. Ce dernier a provoqué depuis fin 2003 la mort d'une soixantaine de personnes en Asie, la majorité au Vietnam. Il est récemment entré en Europe. L'apparition au Zimbabwe du virus du type H5N2 signifie donc que les foyers détectés "n'ont pas de relation avec les épidémies en Europe et en Asie du sud-est", a affirmé M. Hargreaves. Néanmoins, "le Zimbabwe a suspendu temporairement les exportations d'autruches et de volailles à la suite de la détection du virus de type H5 dans deux fermes d'autruches dans les districts de Nyamandlovu et Bubi", dans le Matabeleland (sud), affirme The Herald. Toutes les fermes d'autruches du Zimbabwe ont été placées en quarantaine, a indiqué au quotidien Stuart Hargreaves, affirmant que les foyers de grippe aviaire sont limités à ces deux élevages et qu'aucune autre ferme d'autruches ou de volailles ne sont touchées. Depuis une mise en garde de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en octobre sur une possible arrivée du virus en Afrique, l'état d'alerte maximum avait été décrété par les autorités sanitaires zimbabwéennes. Le ministre de la Santé, David Parirenyatwa, avait alors décidé de la création d'une commission spéciale, chargée de "mettre en place toutes les mesures nécessaires à une détection rapide du virus de la grippe aviaire". Des experts avaient rappelé que les oiseaux migrateurs venus d'Asie qui ont apporté le virus H5N1 en Europe, se rendaient généralement en Afrique ensuite. Lors d'une rencontre le 10 novembre à Johannesburg, les ministres de la Santé des 14 pays membres de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), avaient décidé de mettre en place un plan d'action commun pour tenter de se protéger de la grippe aviaire. Depuis l'apparition du virus H5N2 en mars 2004 dans les élevages d'autruche d'Afrique du Sud, l'Afrique australe était épargnée par la grippe aviaire. L'épidémie en Afrique du Sud, premier producteur au monde de viande d'autruche, avait entraîné l'abattage de quelque 26.000 bêtes et, pendant plusieurs mois, l'Union européenne (UE), principal client, avait interdit l'importation de cette viande. Au Zimbabwe, "si l'épidémie n'est pas contenue, toutes nos autruches pourraient être décimées", a affirmé à l'AFP Michelle Logan, qui dirige un des rares élevages restant dans ce pays. "L'Afrique du Sud n'a pas été trop sévèrement affectée, parce qu'elle possède beaucoup d'autruches, alors qu'il nous en reste peu", a-t-elle ajouté. Il ne demeure plus au Zimbabwe qu'une dizaine de fermes d'autruches, contre 64 avant la réforme agraire lancée en 2000 par le régime du président Robert Mugabe pour redistribuer les terres de la minorité blanche à la majorité noire du pays.
Par Takana - Publié dans : Santé
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Lundi 12 décembre 2005 1 12 /12 /2005 19:09
Roche ouvre une brèche dans son monopole sur le Tamiflu.
Le géant pharmaceutique suisse accorde aux Chinois la première sous-licence pour la production d'un générique de son antigrippal.
 
Lundi, Roche confirme également être en discussion avec douze partenaires potentiels pour fabriquer du Tamiflu ou certains de ses composants.

Roche a accordé une sous-licence pour la production de l'oseltamivir, le principe actif du Tamiflu au Shanghai Pharmaceutical Group. Le groupe bâlois affirme également qu'il est en négociations avec plusieurs autres partenaires possibles, notamment en Inde.

«Il s'agit d'une sous-licence pour produire et distribuer une version générique du Tamiflu, ou plutôt de l'oseltamivir, explique à swissinfo Daniel Piller, porte-parole de Roche. Nous avons acheté la licence à Gilead, qui a inventé ce produit, et nous accordons des sous-licences».

Ainsi, le groupe chinois sera autorisé à produire le médicament, mais ne pourra le vendre qu'en Chine.
 
Copies bon marché
 
Le Tamiflu est actuellement considéré comme le traitement potentiellement le plus efficace en cas de transmission de la grippe aviaire à l'homme. Depuis qu'elle s'est abattue sur l'Asie, la maladie a tué 70 personnes.

En tant que producteur exclusif du médicament, Roche a subi de nombreuses pressions pour lui faire abandonner son monopole sur le produit.

En Indonésie, en Thaïlande et aux Philippines, le Tamiflu n'est cependant pas protégé par une licence. Les industries sont donc libres d'en fabriquer leur propre version. Et Daniel Piller ne cache pas que le risque existe de voir circuler des copies de qualité médiocre.

Concernant le Chine, le porte-parole admet qu'il peut toujours y avoir un risque, mais rappelle que depuis quelques années, le gouvernement se montre de plus en plus strict au chapitre des fabrications sous licence.
 
Partenaires potentiels
 
Outre les Chinois, Roche a établi une liste de 12 partenaires potentiels sur près de 200 entreprises ayant manifesté un intérêt à fabriquer du Tamiflu ou à participer d'une manière ou d'une autre à la production de ce médicament.

Daniel Piller refuse toutefois de nommer ces 12 entreprises. Il ne dira pas davantage combien seront finalement choisies. Mais il confirme quand même que les Laboratoires Mylan de Pittsburgh (Etats-Unis) et le fabricants israélien Teva Pharmaceutical Industries font partie des candidats retenus.

«Il est trop tôt pour avancer d'autres noms, car ce sont des partenaires potentiels et ce dont nous avons besoin maintenant, c'est d'approfondir les discussions», explique le porte-parole de Roche.

«Quoi qu'il en soit, ils ne fabriqueraient pas forcément le Tamiflu de A à Z, mais ils pourraient se contenter d'une étape de la production, et ainsi intégrer notre réseau», ajoute Daniel Piller.

swissinfo

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Jeudi 15 décembre 2005 4 15 /12 /2005 11:39
Épidémie Un essai a été mené en France sur 400 personnes avec un candidat vaccin contre le virus H5N1 produit par Sanofi Pasteur.
Martine Perez
[15 décembre 2005]

LA FIRME Sanofi Pasteur rend publics ce matin les premiers résultats encourageants d'un essai en France chez l'homme d'un candidat vaccin contre le virus de la grippe aviaire. Il s'agit d'un vaccin «prépandémique», basé sur le virus qui circule essentiellement parmi les volatiles en Asie et qui y a touché 120 personnes. Ce premier essai vise à définir et à baliser les procédures de fabrication d'un «vrai» vaccin au cas où une pandémie surviendrait. Mais soyons clairs : il n'existe pas à l'heure actuelle de vaccin capable de protéger le monde contre le virus de la grippe aviaire, qui le menace. S'il n'y a pas de vaccin, c'est tout simplement parce que le virus H5N1 pandémique n'est encore que virtuel : celui qui circule n'a pas encore subi de mutation ou de recombinaison qui l'adapterait à l'homme.


Ce premier essai vaccinal en France portant sur 300 volontaires sains âgés de 18 à 40 ans, a été réalisé sur trois sites, à l'hôpital Necker, à Cochin et à Garches et coordonné par professeur Jean-Louis Bresson. La souche virale utilisée pour le vaccin provient d'une malade infectée par H5N1 au Vietnam en 2004. Elle a été fournie à Sanofi-Pasteur par l'Institut national de contrôle biologique en Grande-Bretagne. Cette souche virale, après avoir fait l'objet d'une petite manipulation génétique, a pu être cultivée sur des oeufs embryonnés pour produire du virus en grande quantité.

Les volontaires ont été divisés en deux groupes, les uns recevant le vaccin avec adjuvant (un produit destiné à stimuler l'immunité) et les autres sans. Des sous-groupes ont reçu des doses différentes d'antigènes : 7,5 microgrammes, 15 microgrammes ou 30 microgrammes. Chaque volontaire a reçu deux doses de candidat vaccin à trois semaines d'intervalle. «Nous n'avons pas observé d'effet secondaire particulier ou inattendu, explique le docteur Agnès Hoffenbach (Sanofi-Pasteur). Nous avons aussi pu observer que deux doses sont nécessaires pour avoir une bonne immunité et que les meilleures réponses sont obtenues avec la dose la plus forte (30 microgrammes), associée à un adjuvant.»


Des résultats intéressants


Les médecins de la firme sont d'ores et déjà satisfaits de ces premiers résultats : aux doses les plus élevées et avec adjuvant, la majorité des volontaires présente des taux d'anticorps à un niveau protecteur. Ces données devraient être publiées sous peu dans une revue médicale internationale. De nouveaux essais vont être menés encore en France sur 400 personnes, en choisissant les cibles préférentielles du virus de la grippe, les enfants et les personnes âgées. Par ailleurs, un essai mené aux Etats-Unis sur 400 personnes avec des doses différentes a donné, en août dernier, des résultats intéressants.


Malgré tout, de nombreuses incertitudes subsisteront si une pandémie apparaît, quant à la production d'un vaccin. Par exemple, le rendement des cultures du virus en cause ne sera connu qu'en temps réel, tout comme la dose d'antigène nécessaire lors de chaque vaccination. Or ces deux facteurs conditionnent la vitesse de production, qui devra être importante si l'on veut protéger vite la population mondiale. «La préparation de vaccins prépandémiques devrait permettre de raccourcir les délais, tant pour ce qui est des démarches réglementaires que des protocoles industriels», explique le docteur Jean-Claude Manuguerra (Institut Pasteur, Paris). Incertitude ultime : nul ne peut affirmer qu'il y aura, à coup sûr, une pandémie humaine de grippe aviaire liée au H5N1.


D'autres firmes, Chiron aux Etats-Unis et Solvay en Hollande, préparent des vaccins contre H5N1.

Par Takana - Publié dans : Santé
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Samedi 17 décembre 2005 6 17 /12 /2005 11:23
BLESSURES. L'avalanche de lésions ligamentaires chez les coureurs professionnels soulève de nombreuses questions. Le matériel est montré du doigt. Mais aussi la recherche sans limites de performance.
Isabelle Musy
Vendredi 16 décembre 2005
C'était il y a quinze jours à Lake Louise, au Canada. Dominique Gisin, talentueux espoir suisse de ski alpin, auteur du meilleur temps au premier entraînement de la descente, a vu sa saison 2006 sérieusement compromise. Le ligament interne du genou droit de cette jeune Grisonne de 20 ans a lâché. Sans qu'elle chute. Quelques jours plus tard, c'était au tour de la Bernoise Marlies Oester de se retrouver avec le ligament interne et le croisé arrière déchirés. En janvier dernier, Didier Cuche avait été fauché en plein élan prometteur, à la veille des Mondiaux de Bormio. Là encore, rupture du ligament croisé du genou.

La liste est longue. Trop longue. Qui agite le cirque blanc: «On a peut-être atteint la limite au niveau des performances du matériel», s'interrogeait Hermann Maier au mois de novembre, perplexe à la suite de la blessure de son jeune compatriote Mario Scheiber. Et le triple vainqueur de la Coupe du monde de poursuivre, dans les colonnes du journal L'Equipe: «Il faut faire quelque chose. Il faut revoir les rayons des skis paraboliques. Entre coureurs, nous n'en parlons pas parce que nous voulons tous être le plus rapide possible. Mais ce genre de blessures, sans même qu'il y ait chute, doit nous faire réfléchir...» Didier Cuche cerne trop bien le problème: «Le matériel est de plus en plus performant, et l'athlète accumule de la technique. On tient désormais sur la glace en virages serrés. Mais cela vient aussi de la préparation. Les muscles s'entraînent et se renforcent, mais pas les ligaments. Chacun va chercher toujours plus loin. La charge et la tension sur les ligaments deviennent tellement importantes que les muscles ne parviennent pas à réagir à temps pour contrer la déchirure. C'est pour ça que cela peut arriver sans qu'il y ait de chute.» Le Neuchâtelois s'avoue sceptique quant à des solutions possibles: «Il faudrait que la FIS [Fédération internationale du ski] revienne en arrière au niveau du règlement en limitant la taille de guêpe du ski et en abaissant la hauteur des chaussures. Peu d'athlètes seraient d'accord.» Seuls ceux qui ont souffert de cette lésion s'interrogent. Comme le Français Antoine Dénériaz, qui reconnaît l'influence de l'évolution du matériel sur ce type de pathologies: «Avec les skis carving, les contraintes dans les virages sont incontestablement plus importantes. Et il y a trop de jeunes qui se blessent au genou.» Il sait de quoi il parle puisque le vivier tricolore a été particulièrement décimé par ce mal du ski moderne. «Le problème, c'est que les fabricants ne veulent rien savoir», lâche Gérard Rougier, le directeur technique national de l'équipe de France.

Des propos qui font rugir Michel Vion, directeur compétition du groupe Rossignol et membre du conseil de la FIS. Qui rappelle que les fabricants se plient aux réglementations: hauteur des chaussures et des plaques sous les fixations, rayon des skis. «Ce n'est certes pas suffisant, et plusieurs commissions à la FIS planchent sur la question, explique Michel Vion. La synthèse de ces travaux sera publiée au printemps et de nouvelles règles seront certainement adoptées.» Une des pistes de réflexion vise à limiter l'angle des champs des skis (parties verticales latérales du ski). «Cet angle n'est pas encore réglementé. Censé être à 90°, il a été abaissé à 85° depuis quelques années. Ce qui permet d'augmenter l'agressivité du ski, qui accroche mieux dans la neige abrasive. Un retour en arrière serait envisageable», poursuit Michel Vion.

Ces limites chiffrées n'empêcheront jamais les accidents. «Parce que, comme l'explique si bien Gilles Mazzega, chef de la compétition chez Salomon, nous sommes désormais en mesure de régler les fixations pour qu'elles lâchent avant que le tibia ou le péroné ne cassent. Mais nous n'avons pas réussi à mettre au point une fixation suffisamment intelligente pour qu'elle cède avant le ligament. A force de vouloir éviter le déchaussage intempestif, les coureurs serrent trop leur fixation au détriment de la sécurité des membres inférieurs lors des torsions.»

Le Dr Jacques Ménetrey constate que cette pathologie, jusque-là réservée aux descendeurs, touche désormais également les disciplines techniques. «On opère beaucoup plus de slalomeurs et de géantistes qu'avant.» Sur la base d'une étude qu'il mène auprès d'une cohorte de jeunes skieurs de France et de Suisse romande, il a mis au point une méthode de préparation physique préventive qui passe par une musculation fine abdominale et lombaire et un travail proprioceptif des ischiaux. Un moindre mal. «Les skieurs sont sur le fil du rasoir. Le développement de leurs quadriceps est devenu monstrueux. Une force nécessaire pour absorber l'énergie requise par le ski de compétition dans les courbes et en sortie de courbe. Mais cette hypertrophie des quadriceps se fait au détriment des ischiaux qui, eux, jouent un rôle protecteur pour les ligaments croisés. La recherche d'accélération des skieurs en sortie de virage les rend particulièrement vulnérables face à ce genre de blessures.»

La recherche de performance à tout prix. Voilà la vraie coupable. «La concurrence, de plus en plus vive, pousse chacun à être à fond tout le temps, sur chaque passage», avoue Bode Miller. Ce qui fait dire à Michel Vion qu'une discussion globale est nécessaire: «Il faut se demander où l'on va en termes de performance. Et tenir compte de tous les paramètres. Du matériel de plus en plus pointu, mais aussi de la neige artificielle plus agressive et réactive, qui éjecte le coureur dès que le ski mord. Et il faut surtout s'interroger sur l'approche des athlètes, qui sont désormais en permanence à 100% et qui pensent être armés pour prendre un virage à angle droit à 140 km/h. Tout est optimisé. La préparation physique et mentale, mais pas la résistance des ligaments.» Plein de bonnes intentions, mais personne ne croit à une remise en question possible. Parce que les enjeux du circuit sont trop importants. Parce que le développement de ces spatules paraboliques hyper-taillées a relancé l'industrie du ski.
Par Takana - Publié dans : Santé
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Samedi 24 décembre 2005 6 24 /12 /2005 11:31
Cet automne, deux joueurs français de World of Warcraft ont été admis en hôpital psychiatrique. L'un d'eux avait passé trois semaines non-stop devant son écran.

Stéphanie Chaptal

Les jeux vidéo peuvent-ils nuire à la santé mentale de leurs utilisateurs ? La question mérite d'être posée à la lumière de l'actualité récente.

Début décembre, un homme de 38 ans mourait d'épuisement en Corée après avoir passé dix jours non-stop à jouer en ligne. Et depuis cet automne, ce sont deux joueurs français qui sont hospitalisés. Agés d'une vingtaine d'années, les jeunes gens n'arrivaient pas à décrocher du jeu en ligne World of Warcraft, en passe de devenir un véritable phénomène de société avec près de 5 millions d'adeptes dans le monde.

Enfermée dans sa chambre trois semaines durant, l'une de ces victimes a du être arrachée de son ordinateur pour être hospitalisée d'office. L'autre l'a été à la demande de ses parents, après avoir perdu quinze kilos.

Un problème qui touche les joueurs prédisposés

Pour autant, d'après Michael Stora, psychiatre à l'origine de ces hospitalisations, le jeu seul n'est pas responsable de cette situation. Même si 98 % des joueurs qui viennent le consulter en raison d'un problème avec les jeux sont tous accros aux MMORPG, comme World of Warcraft. « Ces jeux, par l'immersion qu'ils procurent et leur absence de fin, révèlent et favorisent une conduite addictive, là où elle existe déjà. Si le joueur n'a pas de problème addictif à la base, ce type de jeu n'en créera pas», explique-t-il.

Une opinion que partage le docteur Marc Valeur, chef de service à l' hôpital Marmottan de Paris et spécialiste des pratiques addictives. Ces dernières années, une centaine de dépendants aux jeux vidéo sont passés par son service, généralement des hommes de 16 à 25 ans, plus rarement de 40 à 45 ans. « Ils sont introvertis et timides et dans beaucoup de cas issus de familles conflictuelles, qui utilisent le jeu pour s'extérioriser. Nous sommes dans des addictions de refuge, moins dangereuses que des addictions de prises de risque comme la toxicomanie. »

A moins qu'elles ne cachent des problèmes sous-jacents, comme pour les deux joueurs hospitalisés, l'un étant schizophrène et l'autre souffrant d'une grave dépression.

Créer des garde-fous

« En 2006, il y aura un million de joueurs de MMORPG en France, il faudrait créer une éthique pour que ces jeux restent un espace de loisir. Avant que l'on nous annonce un mort », préconise Michael Stora.

Du côté des éditeurs, l'appel a été entendu au moins par Blizzard. La compagnie, menacée d'un procès en Chine par les parents d'un joueur de 13 ans mort à la suite de son addiction début novembre, a mis en place voici quelques semaines un contrôle parental sur son jeu World of Warcraft . Grâce à ce système, les parents - propriétaires du compte — peuvent définir des plages horaires réservées au jeu, avec une déconnexion automatique du joueur lorsqu'il dépasse ces plages.

En revanche pour les joueurs adultes, aucune modalité de contrôle n'est prévue.

Avant même de modifier le jeu, Michael Stora appelle à plus de responsabilité de la part des patrons de salles de jeu : « Le deuxième joueur hospitalisé avait passé un mois et demi dans une salle de jeu en réseau. Son état de santé se dégradait visiblement, mais le patron n'a rien fait. On pourrait mettre sa responsabilité en cause pour non-assistance à personne en danger. »

Ce que réfute Ralph Feingold, gérant de trois salles XS Arena à Paris. « Nous n'avons aucune responsabilité juridique. Nous nous comportons face aux gros joueurs comme un buraliste face à un gros fumeur. Nous n'avons pas de règles de conduite particulièrement. Dans nos salles, les joueurs sont séparés des autres internautes à cause du bruit et nous ne leur demandons de rentrer chez eux que lorsqu'ils s'endorment sur le clavier. »

Par Takana - Publié dans : Santé
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