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Société

Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /2005 16:17

Il ne fait pas toujours bon transiter par l'aéroport de Madrid quand on est noir. Pas africain, noir. Samedi 26 novembre, Magatte Mbengue, journaliste indépendant français de 37 ans, a été sérieusement maltraité lors de son passage par la capitale espagnole, en provenance de Dakar, où il était en vacances, et en route pour Paris.

«Samedi 26 novembre 2005, le vol Iberia 6971 arrive à 10h07 à Madrid en provenance de Dakar, Sénégal. Je sors de l'avion, en haut de la passerelle, un policier espagnol à qui je tends mon passeport, car l'hôtesse de l'air nous avait indiqué de tenir nos passeports dans la main. Le policier prend mon passeport, y jette rapidement un coup d'œil et le met dans sa poche déjà débordante d'autres passeports, sans me dire bonjour ou quoi que ce soit. Je lui demande en anglais s'il y a un problème. Il me répond : “Autobus de transit”, en m'indiquant le bus garé en bas de la passerelle. Je lui dit “Sorry”. Sa réponse fut la même avec un ton d'énervement. Aucune explication.

Je descends et monte dans le bus. Ce mauvais traitement, discourtois et sans explication, m'agace. J'envoie un SMS à une amie à Paris pour dire qu'on a confisqué mon passeport. Après cinq minutes, le policier monte dans son véhicule, une Renault Kangoo blanche. Elle démarre et le bus suit derrière. Arrivé dans le hall de l'aéroport, je croise un gars avec qui j'ai pris l'avion à Dakar. Comme moi, il est noir. Comme moi, il a un passeport français. Comme moi, on lui a confisqué son passeport. Je découvre alors à ma grande surprise que presque tous les Noirs ont vu leurs passeports confisqués. Je suis choqué et dis à mon compagnon de voyage que je vais protester, car la police n'a pas le droit de retirer nos passeports sans motif, ni explication, et s'il doit y avoir un contrôle, il doit s'appliquer à tous et dans les mêmes conditions. Il ne doit pas y avoir un contrôle pour les passagers blancs, et un autre pour les passagers noirs.
Les personnes, toutes noires, en majorité africaines, à qui on a confisqué le passeport, sont parquées comme du bétail, autour d'un banc à une dizaine de mètres du guichet de contrôle de la police des frontières.

Je décide de me présenter au guichet, réservé aux ressortissants de l'Union européenne, et de ne pas attendre avec le groupe des «confisqués». Arrivé au guichet, je dis au policier que son collègue a retiré mon passeport et je lui présente ma carte d'identité. Je lui dis que je reste là et que son collègue doit me ramener mon passeport, ici.
Il s'énerve, sort du guichet et voulant m'attraper, je lui dis de ne pas me toucher. Il insiste, m'attrape. Je me débats. Arrivent alors au moins quatre de ses collègues, l'un d'eux a une matraque. Ils sont énervés et crient forts. Ils m'attrapent, m'insultent et m'emmènent violemment vers leur bureau situé dans le fond du hall de l'aéroport, sur la droite du banc où ont été parqués les «confiqués».
Je me débats, je leur demande d'arrêter, je résiste, ils sont quatre. Je m'accroche à tout ce que je trouve sur mon passage. Ils me poussent toujours très menaçants, et continuent à m'insulter. Je reçois des coups dans le dos. On me pousse. Il y a un grand poteau métallique gris en face de moi. Pour éviter de le cogner avec ma tête, je pose mes mains dessus et j'essaie de m'y accrocher. Les policiers enlèvent mes mains. Ils me poussent encore, je reçois de nouveau des coups dans le dos. On arrive presque devant leur bureau. Ils me plaquent devant une porte vitrée, ouverte. Je reçois des coups de poings. Un coup de matraque dans la nuque. Ils sont de plus en plus violents, ils sont de plus en plus énervés et plus nombreux. Une femme policier frêle les a rejoints, elle aussi est très remontée. Elle m'insulte.

On me pousse dans le bureau. A présent, la femme est en face de moi. Elle est aussi agressive. Tout le monde est énervé. Je suis très choqué par tant de violence verbale et physique. On me dit de me taire, sinon on me renvoie dans mon pays, à Dakar. Mon passeport est sur le bureau, j'entends un policier dire que j'habite à Paris.

Je m'aperçois que je saigne de la main droite, le sang coule par terre. Je leur dis : “Regardez ce que vous avez fait, regardez je saigne!” Personne ne semble s'en soucier. Un policier ramasse ma montre, me la remet. Après cinq minutes, un vieux policier sort un rouleau de papier toilette, et me le tend pour que j'essuie ma main qui saigne de plus belle. Je refuse et leur dis que je veux contacter le consulat de France. On me dit de faire ce que je veux. On m'insulte encore. Le policier assis devant l'ordinateur commence à parler français. Je lui dit : “Ah bon, vous parlez français”. Il répond : “Oui”. Un autre policier prend le téléphone situé à l'autre bout du bureau, il parle d'un passager étranger et me tend le téléphone, avant que je prenne le téléphone, il me dit que c'est un interprète. L'interprète me demande alors si j'ai un visa pour entrer en Espagne. Je lui réponds que j'ai un passeport français.

Il me demande de lui repasser le policier. Mon passeport et mon billet sont à présent posés sur le bureau, à côté de moi. Je demande au policier qui contrôle les passeports à l'ordinateur, si je peux les prendre. Il me dit oui et me fait signe de partir. Je surpris, écœuré, et dégoûté. En fait on m'a battu, violenté et insulté pour rien. On ne me reproche rien. Sinon d'être noir, et d'avoir demandé qu'on me traite légalement et avec un minimum de respect. On me reproche d'avoir dit qu'on n'avait pas le droit de me contrôler de cette façon.

Mais pour les policiers, un passager noir d'un vol en provenance d'Afrique n'a aucun droit, et encore moins celui de protester. Quelle que soit la façon avec laquelle il est traité, il doit se taire.
Je sors et me dirige au guichet, il y a un nouveau groupe de passagers fraîchement débarqués qui font la queue. Je contourne la file et me présente au policier, celui qui m'a le premier attrapé. Je lui dis que, étant donné que ses collègues ont déjà procédé à la vérification de mon passeport, qu'ils l'ont examiné sous toutes les coutures, je peux passer sans refaire la queue. Il m'intime l'ordre de mettre dans la file. Je m'exécute. Là, une dame derrière moi, voyant ma main qui saignait, me propose un mouchoir en papier. Je lui dis merci, et lui dit que c'était le travail des policiers espagnols, car tout en me tabassant et m'insultant, ils s'obstinaient à me dire qu'ils faisaient leur boulot.

J'arrive au guichet, je présente mes papiers. Le policier les regarde et me les rend. Par dégoût, j'essuie ma main sur le comptoir. Le policier s'énerve, sort menaçant et violent comme la première fois. Ses collègues arrivent, ils sont six peut-être huit. Ils m'attrapent, je me jette par terre. Ils m'attrapent par les bras et les jambes, devant au moins cinquante personnes, les coups pleuvent, direction le bureau, encore une fois. Arrivé dans le bureau, ils me jettent par terre. Je manque de me cogner avec le bas du bureau. Ils m'entourent en demi cercle. Ils m'insultent et me menacent. Je suis très choqué, je ne dis rien. L'un deux allait m'écraser les parties génitales. Je ferme mes jambes. Je suis très choqué. Je demeure silencieux. Mon silence les désarçonne. Ils finissent par se calmer. Ils me demandent de partir, sur un ton très menaçant. Ils me font comprendre que s'ils me reprennent, ça va mal aller.

Je sors, je refais la queue et je me dirige vers le guichet Iberia, mon passeport et mes billets sont couverts de sang, je les présente à l'agent Iberia. Voyant le sang, il se lève, va chercher quelque chose pour s'essuyer. Il parle à une de ses collègues, peut-être sa supérieure. Il sort du local, revient et me dis de prendre le bus, le même qui m'avait ramené là. Je me dirige vers la sortie, le bus attend. A cinq mètres de la porte, un agent du service d'information de l'aéroport que je n'avais pas vu m'interpelle. Il veut voir mon passeport et ma carte d'embarquement. Je lui tends mes documents trempés de sang. Il est surpris. Il me demande ce qui s'est passé. Je lui raconte. Il est maintenant choqué. Il me propose d'aller dans les toilettes pour me nettoyer la main. Je le remercie et lui dis que je ne voulais qu'une chose : partir d'ici. Voyant ma main qui saignait davantage, il me dit que je ne peux pas partir comme ça. Il me demande d'attendre. Il s'occupe de quelques passagers. Il prend son téléphone et appelle. Il me fait asseoir et m'explique qu'il a appelé le service médical de l'aéroport qui va bientôt arriver. Il est ému et choqué par ce que je lui ai raconté. C'est la première personne, depuis maintenant près de trois quarts d'heure que dure mon calvaire qui me manifeste un peu d'humanité. Je suis touché par son attitude. J'attends.

Au bout de dix minutes, les secours arrivent. L'infirmière regarde ma main, me demande avec quelle compagnie je voyageais. Je lui réponds : “Iberia”. Elle me pose une compresse sur la plaie, et me demande d'appuyer fort. Elle téléphone à Iberia. Fermement, elle exige qu'on lui envoie un chauffeur et un fourgon pour nous transporter à l'infirmerie. J'ai été soigné et on m'a délivré un certificat médical. On m'a conseillé de faire un vaccin antitétanique, dès mon arrivée à Paris. J'étais avec un jeune Français, noir lui aussi, qui devait prendre l'avion à 15h20.»
Par Takana - Publié dans : Société
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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /2005 16:27
Marie, 29 ans, divorcée, deux enfants, a quitté sa Bretagne pour travailler à Paris.
Elle est sans toit.

En France, la flambée des prix de l'immobilier « jette » à la rue de plus en plus de monde. Selon la Fondation Abbé Pierre, trois millions de personnes, dans l'incapacité de remplir les conditions exigées par les propriétaires, vivraient aujourd'hui dans des conditions de logement précaires. Le phénomène n'est pas nouveau mais il empire. Avoir un emploi, ne garantit plus avoir un toit en dur. Un SDF sur trois travaille. Les services sociaux assistent, impuissants, aux détresses des familles qui élisent domicile dans des campings, sur des parkings. Dans leur voiture. Marie, 29 ans, a plongé de plein fouet dans cette nouvelle précarité. Un divorce, deux enfants, pas de boulot. L'envie de s'en sortir. Un CDI décroché, faute de mieux, à Paris, sésame d'un petit chez soi pour elle et ses enfants ? Elle le croyait avant de passer du rêve au cauchemar.

 J'erre de maison en maison. Ce soir, je dors chez mon oncle à Athis-Mons dans le 91. Quatre mois que ça dure. Avant, j'étais chez des amis au centre de Paris. J'ai déjà changé quatre fois d'endroit. Je vis dans une valise. J'ai l'impression de ne jamais me reposer. Je débarque ici ou là dans la famille. Je suis discrète, transparente. J'ai l'impression de déranger. Je ne suis pas chez moi, je m'adapte aux autres. Pas évident. J'ai hâte de pouvoir me faire à manger normalement, de regarder ce que je veux à la télé, de ne pas attendre deux semaines pour laver mon linge. Des petits riens, mais ce quotidien mine à la longue. Je ne suis pas venue à Paris pour m'amuser mais pour trouver un travail. J'ai décroché un CDI en octobre. J'étais heureuse après trois ans de galère, deux ans de chômage et des rapports avec l'ANPE décevants. Deux propositions en deux ans : un 20 h au Smic et un contact avec une mutuelle d'assurance. J'ai dit non à la première sollicitation, j'ai cru à la seconde. Rien à l'arrivée. J'ai décidé de suivre une formation Bac + 2. J'ai décroché mon diplôme avec mention bien. J'étais fière de moi. Je croyais à l'embellie. Des centaines de lettres envoyées aux quatre coins de Bretagne ont vite refroidi mon enthousiasme. Alors, j'ai agrandi ma zone géographique de recherche d'emploi comme incitent à le faire nos hommes politiques. Ai-je décroché la lune ? Je suis hôtesse d'accueil dans une société spécialisée dans les transactions de bureaux à Paris.

Un travail ? Un toit maintenant. Un droit ? C'est vital pour moi. Depuis octobre, je galère. J'ai rempli des dossiers dans les différentes administrations, les foyers Sonacotra, l'Opac de Paris. Le calme plat. J'ai sonné à toutes les portes. En vain. Sans logement, je suis doublement mal. Divorcée, je risque de perdre définitivement la garde (alternée) de mes enfants. Le 7 décembre, le juge rendra sa décision. Mon avocate m'a dit «Sans toit, ça n'est pas bon pour vous». Alors, je me bats. Je remue ciel et terre. Jour après jour, je sillonne la capitale, je cavale. On me balade de bureau en bureau, de Paris en banlieue. Toute seule, je n'en ferai pas tant de tonnes. J'irais en coloc', dans un foyer de jeunes travailleurs. Mais là, je ne veux pas perdre mes enfants. Je suis une maman. Ils ont besoin de moi comme j'ai besoin d'eux. Engagée dans une course contre la montre, je n'ai rien à perdre. Avec mes 930 € mensuels nets, impossible de trouver le moindre logement. Le dernier 17 m2 que j'ai vu m'aurait coûté 580 € par mois sans les charges. De la folie ! Et puis, on me demande trois fois le loyer en salaire et des cautions inabordables. Impossible. Alors, j'ai écrit à M. Borloo, ministre du Logement. Pas de réponse. J'ai écrit, plus haut, au Premier ministre. J'ai eu une lettre en retour qui me renvoie sur le Préfet d'Ile-de-France, lequel me renvoie sur le Préfet de Paris....Comme je n'ai pas de boîte aux lettres, mes parents reçoivent mon courrier, chez eux, à Saint-Brieuc. La teneur du dernier ? «On ne peut rien faire pour vous». Je ne comprends pas. Je ne vis plus sur le dos de la société. J'étais plus heureuse en Bretagne sans emploi avec mes enfants auprès de moi. Je suis partie pour la bonne cause, pour les nourrir. J'aurais tant aimé trouver un job sur place. Je suis une battante. J'ai une épée de Damoclès au-dessus de la tête mais je ne lâcherai pas prise. Dernière nouvelle en date, je suis allée vendredi à la mairie du 14e arrondissement pour m'entendre dire, sans la moindre gêne, «Madame, on a perdu votre dossier». Là, je vous l'avoue, j'ai fini par pleurer.

Par Takana - Publié dans : Société
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Mercredi 7 décembre 2005 3 07 /12 /2005 11:01
L’UE est en train de passer une loi « Big Brother » pour pister toute communication électronique, alerte la FFII, une organisation internationale basée à Munich, défendant les droits informationnels.

« Imaginez un monde dans lequel l’État suivrait tout ce que vous faites. Un monde où les ordinateurs surveilleraient chacun de vos pas et de vos actes. Un monde dans lequel toute vie privée serait morte et où les machines pourraient pister chaque dissident minute par minute. Un monde gouverné par des agences non-élues, marchant main dans la main avec de puissants intérêt commerciaux. Un monde dans lequel les citoyens n’auraient aucun droit, à part celui de consommer. Science-fiction ? L’ère des machines ? Non, il s’agit de l’Europe, version 2006. »

Pieter Hintjens, président de la FFII, nous met ainsi en garde. Il ajoute : « l’UE est sur le point de passer une directive pour pister chaque communication que vous passez. Cette loi fait passer les anciens états espions soviétiques au rang d’amateurs. »

Il poursuit : « cette loi va à l’encontre de notre tradition européenne de liberté civique. Il s’avère qu’elle va à l’encontre de l’article 9 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Elle détruira les petits fournisseurs d’accès à internet et fera grimper les prix. Pour l’appliquer, l’UE devra fermer ou surveiller chaque cybercafé, chaque accès mail au web et chaque point d’accès wifi. Un tel régime serait encore plus autoritaire qu’en Chine. Même les États-Unis, après le 11 septembre, n’ont pas de lois aussi répressives. L’UE n’en a pas besoin : c’est une mauvaise loi, votée en urgence sans respect du processus démocratique. »

Erik Josefsson de la FFII déclare : « Nous entrons dans une époque de législation à la je n’ai pas le temps. Avec les compétences étendues de la Commission (voir les conséquences de l’arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes du 13 septembre dans l’affaire c-176/03, opposant la Commission et le Conseil), le Parlement sous-armé et affaibli n’a aucune chance de faire correctement son travail. L’usine à gaz est si facilement prompte à s’emballer. »

La directive Big Brother sur la « conservation de données », oblige les fournisseurs Internet et de téléphonie à enregistrer les données relatives au trafic des communications. Et ces données peuvent être conservées jusqu’à plusieurs années. Il peut facilement y avoir des fuites dans ces quantités énormes de données personnelles détaillées, elles peuvent êtres volées et l’on peut facilement en faire mauvais usage. Ses partisans essentiellement le gouvernement britannique qui appuient cette loi Big Brother prétendent qu’elle empêchera le terrorisme. La FFII n’accepte pas cet argument simpliste. Il s’avère que les véritables cibles sont les citoyens ordinaires, remplissant leurs tâches quotidiennes.

Le président de la FFII souligne : « presque tout le monde possède un téléphone portable. Avec cette lois votre téléphone portable et votre navigateur web deviennent les fenêtres par lesquels Big Brother vous regarde. Vous ne serez plus jamais seul. Si vous n’aimez pas cette idée, contactez urgemment votre eurodéputé dès aujourd’hui et expliquez-lui pourquoi cela vous inquiète. Le 13 décembre 2005, la vie privée ne sera plus que de l’histoire ancienne. »
Par Takana - Publié dans : Société
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Jeudi 8 décembre 2005 4 08 /12 /2005 17:27
Influencés par le politiquement correct, aux Etats-Unis les sapins de Noël sont parfois rebaptisés "arbres de fête" et des magasins souhaitent "joyeuses fêtes" plutôt que "joyeux Noël". Au grand dam des conservateurs américains.

La droite, appuyée par des groupes religieux et la chaîne de télévision Fox News, a lancé une opération de boycott des chaînes de grands magasins refusant de souhaiter "joyeux Noël". Ces derniers omettent toute référence au christianisme pour ne pas offenser une partie de leur clientèle.

"Ce qui se passe est effrayant: un assaut judiciaire lancé par l'Organisation de défense des libertés individuelles et des médias qui vantent ouvertement la laïcité. Ils ont convaincu des Américains que les mots 'joyeux Noël' sont malvenus quand on célèbre le jour férié national de Noël", note Bill O'Reilly, présentateur vedette de la chaîne Fox News.

Pour un autre animateur de la chaîne, John Gibson, "l'hostilité anti-chrétienne" tient du "complot". Elle a des ressorts purement politiques, la gauche se vengeant de sa défaite à la présidentielle de 2004 pour laquelle la mobilisation de la droite chrétienne avait été déterminante.

La controverse est montée jusqu'au sommet de l'Etat. Le président de la Chambre des représentants va illuminer jeudi "le sapin de Noël du Capitole" et refusé l'appellation "arbre de fête 2005".

Paradoxalement, la carte de voeux du très chrétien couple présidentiel souhaite simplement "une saison de fêtes pleine d'espoir et de bonheur". Le message est toutefois surmonté de quelques versets d'un psaume.

Le règne du politiquement correct, qui multiplie les euphémismes pour ne choquer aucune minorité, fait grincer jusque dans les rangs non-chrétiens. "Noël est une fête chrétienne. Essayer d'en éliminer l'aspect religieux est insultant", estimait mardi un éditorialiste du Los Angeles Times.
Par Takana - Publié dans : Société
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Jeudi 8 décembre 2005 4 08 /12 /2005 17:41
L es émeutes urbaines de novembre n'étaient "ni manipulées, ni organisées" : c’est ce qui ressort d’un rapport des Renseignements généraux, qui contredit certains propos du ministre de l’Intérieur pour qui ces violences n’avaient rien de spontané. Nicolas Sarkozy, dont les positions sur l'immigration sont approuvées par 57% de Français, a subi un revers : une commission a rendu mercredi un avis consultatif défavorable à la procédure d'expulsion d’un jeune visé par cette procédure.

Des émeutes liées à l'exclusion

Le 3 novembre dernier, au plus fort des émeutes urbaines dans les quartiers sensibles en France, Nicolas Sarkozy soulignait que les violences de la nuit précédente n'avaient "rien de spontané" et étaient "parfaitement organisées", qu'elles étaient soumises à la loi des bandes. Aujourd’hui, un rapport confidentiel des Renseignements généraux vient contredire les propos du ministre de l’Intérieur. Selon les RG, ces émeutes n’étaient "pas organisées" et les islamistes n'ont eu "aucun rôle" dans leur déclenchement et dans leur expansion. Le rapport parle même d’une "insurrection urbaine, avec l'émergence dans le temps et l'espace d'une révolte populaire des cités, sans leader et sans proposition de programme".

Pour les Renseignements généraux, "tout s'est passé comme si la confiance envers les institutions mais aussi le secteur privé, source de convoitise, d'emploi et d'intégration économique, avait été perdue. Dans cette note d’une petite dizaine de pages, arrivée le 23 novembre sur le bureau du ministre de l’Intérieur, les RG évoquent une crise plus grave que de simples violences urbaines : un mouvement singulier par son ampleur (274 communes touchées), sa durée dans le temps (vingt jours avant le retour au calme) et son coût (plus de 250 millions d’euros). La principale dynamique des émeutiers n’est ni l’origine ethnique ni l’origine géographique, mais la condition sociale d’exclus de la société française. Ceux qui ont saccagé les cités avaient commun l’absence de perspectives et d’investissement par le travail.

Après les affrontements spontanés de Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, les RG évoquent des petits groupes mobiles et organisés localement. En clair, il ne faut y voir ni la main des caïds, ni celle des imams, ni celle de l’extrême gauche qui n’a pas vu venir le coup. Mais selon le rapport, toutes ces mouvances, y compris l’extrême droite, essaient aujourd’hui d’engranger les retombées de ces événements. Pour Nicolas Sarkozy, ce rapport ne vient pourtant pas contredire ses affirmations de début novembre : en plus de la misère et des discriminations, "il y a aussi un certain nombre de voyous qui destabilisent les quartiers". Une autre note a d'ailleurs été révélée mercredi après-midi. Elle vient des RG de la préfecture de police de Paris. Un rapport qui parle "d'affaire de cités sans autre projet que de détruire", due à des "noyaux de délinquants". En Ile-de-France, assurent les RG parisiens, la moitié des émeutiers étaient connus de la justice ou de la police. Dans une longue interview parue jeudi jeudi (8 décembre) dans "Le Point", consacrée précisément aux émeutes, Nicolas Sarkozy affirme qu'on ne fera pas vivre les banlieues tant que les mafias seront là. Des émeutes qui ont participé à la poussée de 6,96% des faits de déliquance sur l'ensemble du mois de novembre.


Les juges contre l'expulsion d'un jeune Mauritanien

Il se trouve que ce mercredi matin (7 décembre), l’un des jeunes brièvement interpellés lors de ces émeutes comparaissait devant une commission d'expulsion du tribunal de Pontoise, dans le Val d’Oise. Celle-ci a rendu un avis consultatif en faveur de ce jeune Mauritanien de 22 ans en se prononçant contre son expulsion. D'après la lettre qui lui a été envoyée par l'administration, il se serait rendu coupable de "violences volontaires aggravées sur agent de la force publique". Il aurait caillassé des policiers. La commission a jugé que ces faits n'étaient "pas établis". Elle a également relevé que le jeune homme n'avait "jamais été condamné" et qu'il présentait un "bon profil d'insertion dans la société". Au final, les trois juges ont estimé que sa présence "sur le territoire français ne constitue pas un danger pour l'ordre public". Le jeune homme se demandait ce qu'il faisait ce mercredi au tribunal. Il est reparti travailler aussitôt.

Le jeune homme reste toutefois expulsable. La décision finale revient en effet à la préfecture de Cergy, qui devrait se prononcer dans les prochaines semaines. Le prévenu, accompagné de son père, de son avocate ainsi que d'un petit comité de soutien du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), s'est dit "content" de l'avis de la commission. "C'est pas ma place ici. On dit que j'ai fait des trucs mais j'ai rien fait (...) c'est du racisme", a-t-il affirmé.

Un autre étranger visé par une procédure d'expulsion dans le cadre des violences urbaines, un Marocain de 19 ans accusé d'avoir brûlé quatre voitures, devait également être entendu par la commission. Mais son audience a été reportée, son avocat étant absent. Détenu, il comparaîtra pour ces faits le 16 décembre devant le tribunal correctionnel de Pontoise. Le 9 novembre, Nicolas Sarkozy avait annoncé l'expulsion "sans délai" des étrangers en situation régulière ou irrégulière condamnés pour leur participation aux violences urbaines. 120 étrangers, pas tous en situation irrégulière, ont été condamnés à ce titre, avait précisé le ministre de l'Intérieur lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale. Au Grand Jury, dimanche dernier, il ne parlait plus que de 7 procédures en cours.

Quoi qu'il en soit, sur la politique de l'immigration, Nicolas Sarkozy est aujourd'hui majoritaire en France. Ses positions sont approuvées par 57 % des Français contre 42%, selon une enquête Ifop pour 'Valeurs Actuelles'. Nicolas Sarkozy devance assez largement Dominique de Villepin.
Par Takana - Publié dans : Société
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Vendredi 9 décembre 2005 5 09 /12 /2005 12:30
Le Fonds monétaire international va annuler début 2006 la totalité de la dette de 40 pays les plus pauvres auprès de l'institution. Il deviendra ainsi le premier des trois organismes multilatéraux à concrétiser la décision du G8 de juillet dernier.

"Nous sommes plutôt fiers d'avoir pu avancer aussi rapidement sur ce dossier", a souligné Mark Allen, directeur du département développement au Fonds monétaire international (FMI). Lors du sommet du G8 en Ecosse, les dirigeants avaient décidé d'annuler la dette multilatérale et bilatérale des pays les plus pauvres de la planète.

En septembre, lors de leurs assemblées annuelles, les 184 Etats membres de la Banque mondiale et du FMI ont de leur côté donné leur feu vert à l'effacement de la dette de 38 pays très pauvres les plus endettés. La Banque africaine de développement était également associée à l'initiative qui bénéficie essentiellement à des pays africains.

Mais la mise au point des modalités de cette annulation sans précédent dans chacune des institutions a pris du temps. Le FMI dont les annulations de dettes représentent environ 5 % du montant total des plus de 56 milliards de dollars (73 milliards de francs) d'effacement prévus, devient ainsi la première des trois institutions à concrétiser la décision du G8.

Le coût de l'opération pour le FMI s'élève à 4,8 milliards de dollars, a indiqué M. Allen ajoutant que cela serait entièrement financé sur les ressources propres du Fonds.
Par Takana - Publié dans : Société
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Mardi 13 décembre 2005 2 13 /12 /2005 17:45
Depuis deux jours, jeunes blancs et immigrés d'origine arabe s'affrontent violemment dans les banlieues sud de la ville • Bilan de la nuit de lundi à mardi : huit blessés • Ces heurts interviennent au moment où le gouvernement renforce ses lois anti-terroristes •

Après deux nuits d'émeutes, Sydney reste inquiète. Les affrontements dans la banlieue de la ville entre jeunes blancs et immigrés d'origine arabe ou libanaise ont encore fait huit blessés dans la nuit de lundi à mardi. Onze personnes ont été arrêtées et 450 policiers sont arrivés en renfort pour patrouiller dans les rues de la capitale des Nouvelles-Galles du Sud.
Attaqués la veille, des centaines de jeunes immigrés ont fait le coup de poing dans les banlieues des bords de plages au sud de Sydney. D'après les témoignages des habitants, entre 30 et 40 véhicules et plusieurs boutiques ont été vandalisées par des casseurs armés de battes de baseball et de barres de fer.
Dans la banlieue de Brighton-Le-Sands, des groupes de jeunes immigrés ont lancé des pierres sur des véhicules de police et de particuliers, avant de se disperser à l'arrivée des forces de l'ordre.

A Lakemba, un quartier voisin à majorité musulmane, plusieurs centaines de jeunes (qui disaient redouter une attaque) ont établi un barrage près de la mosquée locale après la prière du soir. Ils ont disparus après de brèves échauffourées avec la police.

Tout a commencé dimanche à Cronulla Beach, au sud de la ville. Plusieurs milliers de néo-nazis et de jeunes surfers éméchés se sont retrouvés pour manifester contre l'agression, début décembre, de deux sauveteurs bénévoles par des jeunes des banlieues. Selon le «Daily Telegraph», un des quotidiens de Sydney, une campagne de SMS et de mails racistes a préparé le terrain en appelant les «Aussies» (Australiens blancs) à attaquer «les bougnoules». Le rassemblement a rapidement tourné à la ratonnade. Une trentaine de personnes, dont six policiers, ont été blessées dans la bagarre.

Selon les médias de la côte est de l'Australie, les messages appelant à régler leur compte aux «personnes d'apparence moyen-orientale» (c'est la terminologie officielle) continuent de circuler sur les portables. Le «Sydney Morning News» affirme que les SMS vengeurs ont gagné la «Gold Coast», ce chapelet de plages paradisiaques plus au nord sur la côte. Objectif : rééditer dimanche prochain «l'exploit» de Cronulla, en «cassant les os» des immigrés.
Le chef de la communauté musulmane australienne, Keysar Trad et le leader des «Bra Boys», un influent gang de surfers locaux, se sont rencontrés mardi pour tenter de calmer le jeu.

Les violences entre communautés éclatent alors que le gouvernement de Canberra vient de renforcer son arsenal législatif contre le terrorisme. Les forces de sécurité peuvent désormais garder en détention des suspects durant deux semaines sans inculpation et sont de plus autorisées à «tirer pour tuer» dans certaines circonstances. «Ces nouvelles lois anti-terroristes ont pu favoriser les agressions de Moyen-Orientaux ou de ceux qui en ont l'apparence», souligne Ahmad Shboul, spécialiste de l'islam à l'université de Sydney.

Début novembre, dix-huit islamistes d'origine australienne soupçonnés d'avoir planifié des attentats d'envergure ont été arrêtés à Syndey et Melbourne.
Par Takana - Publié dans : Société
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Vendredi 16 décembre 2005 5 16 /12 /2005 18:53
En écho à leur chanson "You never give me your money" (Tu ne me donnes jamais ton argent), les Beatles ont décidé de poursuivre en justice le groupe d'édition musicale EMI, auquel ils réclament des arriérés de droits de 30 millions de livres sterling (44,30 millions d'euros) après rupture de leurs négociations.

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La société Apple Records, possédée par Paul McCartney, Ringo Starr et les héritiers de John Lennon et George Harrison, a déclaré vendredi qu'un audit avait déterminé qu'EMI n'avait pas respecté les termes de son contrat.

EMI détient à perpétuité les droits de reproduction des enregistrements réalisés par le groupe.

"Malgré les dispositions très claires de notre contrat, EMI persiste à ne pas tenir compte de ses obligations et de son devoir de présenter une comptabilité équitable et transparente", déclare Apple Records dans un communiqué. "Apple et les Beatles n'ont, une fois de plus, pas d'autre choix que de poursuivre EMI en justice."

Les poursuites ont été engagées jeudi contre EMI à Londres et contre sa filiale Capitol Records à New York, les deux parties n'ayant pu parvenir à un accord.

"Les artistes réclament parfois un audit de la comptabilité concernant leurs enregistrements, ce n'est pas inhabituel, mais il y a parfois des divergences d'opinion, en particulier lorsque les contrats sont importants, complexes et donnent lieu à des interprétations", a déclaré une porte-parole d'EMI.

"Sur 100 problèmes émanant d'audits, 99 sont résolus par des accords amiables sur une petite partie des sommes réclamées", a-t-elle ajouté.

Apple Records et EMI ont déjà eu un différend juridique d'une bonne dizaine d'années, qui a été résolu de manière amiable en 1989.

Dans le passé, Apple Records a aussi poursuivi Nike pour utilisation publicitaire de la chanson des Beatles "Revolution". La société s'est aussi opposée à Apple Computer à propos de l'utilisation de son nom.

En 2004, un groupe de sociétés d'édition musicale incluant EMI, Universal Music, Sony Music, BMG et Warner Music avait accepté de verser plus de 50 millions de dollars d'arriérés de droit à plusieurs dizaines d'artistes. Cet accord avait été conclu par l'entremise de l'attorney général de l'Etat de New York Eliot Spitzer.

Par Takana - Publié dans : Société
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