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Sciences

Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /2005 16:21

Gare aux sportifs qui seraient tentés de manipuler leur patrimoine génétique pour battre de nouveaux records : la manipulation des gènes n’est pas encore maîtrisée et le dopage génétique ne sera pas indétectable, affirme l’Agence mondiale antidopage (AMA), qui tient à faire passer un message clair. Plusieurs dizaines d’experts se sont réunis pendant deux jours en Suède pour faire le point sur ce mode de dopage considéré comme inéluctable mais pas encore appliqué –selon toute vraisemblance. La première réunion de l’AMA organisée sur ce thème avait eu lieu en 2002 à New York.

Le dopage génétique consisterait à modifier un gène chez un athlète pour améliorer ses performances. Exemple : remplacer les injections d’EPO par l’insertion de gènes impliqués dans la production de l’EPO. Il s’agirait d’un détournement de la thérapie génique, destinée à guérir des maladies en remplaçant un gène défaillant ou en modifiant l’expression d’un gène. L’AMA souligne dans ses conclusions que cette thérapie encore tâtonnante demeure au stade expérimental. L’essai mené pour guérir les ‘’bébés bulle’’ l’a montré : chez certains enfants atteints du déficit immunitaire sévère l’insertion du gène a provoqué une leucémie.

En attendant que la thérapie génique progresse, certains sont déjà tentés par la sélection génétique. L’idée serait d’identifier chez des sportifs des gènes associés à la performance afin de choisir ainsi ceux qui ont le plus de chances de réussir. La complexité des mécanismes impliqués dans la performance d’un athlète rend cette pratique en partie illusoire, mettent en garde les experts. L’AMA estime que cette forme de sélection ou de discrimination «devrait être fortement découragée».

L’Agence antidopage incitent les fédérations sportives à informer les athlètes de tous niveaux des dangers du dopage génétique. Espérons que le message passera plus efficacement que celui concernant les autres formes de dopage.
Par Takana - Publié dans : Sciences
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Vendredi 9 décembre 2005 5 09 /12 /2005 14:04
Nissan a développé une peinture destinée à l'automobile dont la propriété ne dépareillerait pas dans les couloirs de Poudlard puisque elle élimine les petites rayures sans aide extérieure.


Ses propriétés magiques entendent lutter efficacement contre les agressions ongulaires, les brosses de lavage automatique mais également contre les affres de la balade en tout-terrain qui se matérialisent souvent en de longues traînées sur les flancs des "vrais" 4x4. Selon la profondeur de la "blessure" mais aussi de la température extérieure, le 'Scratch Guard Coat' composée de nouvelles résines élastiques est capable de cicatriser les griffures en moins d'une semaine. Rien qu'en la regardant.

Selon Nissan, la résistance aux agressions des lavages automatiques est 5 fois plus grande qu'une peinture classique. Scratch Guard Coat est efficace durant 3 ans et devrait faire son apparition sur les véhicules tout terrain de Nissan dans un proche futur mais seulement sur quelques parties de l'automobile comme les rétroviseurs et les boucliers.
Par Takana - Publié dans : Sciences
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Mardi 13 décembre 2005 2 13 /12 /2005 17:51
Biologie Après un scandale éthique, le professeur Hwang Woo-suk fait désormais l'objet d'une investigation d'experts sur ses résultats scientifiques.
Jean-Michel Bader
[13 décembre 2005]

LE MONDE SAVANT s'y attendait après l'aveu du professeur Hwang Woo-suk, spécialiste coréen du clonage humain, d'avoir menti sur le recrutement, pour ses travaux, d'oeufs féminins (ovocytes) de ses propres collaboratrices, dont certaines ont même été payées (nos éditions du 25 novembre 2005). La réalité de ses résultats spectaculaires sur des lignées de cellules souches humaines est maintenant remise en question. De retour hier à son laboratoire après plusieurs jours d'hospitalisation pour surmenage, le Coréen avait dit à l'agence de presse Yonhap : «Je demanderai à l'université de Séoul d'examiner notre travail sous toutes les coutures.» C'est chose faite : un comité d'experts va donc se réunir, examiner les cahiers de laboratoire, interroger les chercheurs, et faire des empreintes génétiques des lignées de cellules souches.


Le magazine américain Science, sans prononcer le mot de fraude, annonçait déjà vendredi 9 décembre, dans un article et un très long communiqué de presse, «des erreurs» de la part de Hwang et de ses coauteurs. Le Pr Hwang, qui a publié dans Science en 2004 la recette du clonage, et en mai 2005 le résultat de rendements inconnus jusqu'alors, s'est au mieux trompé de photos pour illustrer ses résultats de dérivation de lignées cellulaires.

La même série de quatre photos a apparemment été utilisée plusieurs fois, dans la version Internet de l'article, comme preuve que les lignées expriment bien, chacune, des marqueurs cellulaires caractéristiques. C'est donc un point clé de la démonstration. Katrina Kelner, éditeur de Science, estime : «De ce que nous en savons au moment présent, il semble s'agir d'une bévue honnête. Nous n'avons aucune preuve qu'il y ait eu volonté de tromper.»


Un énorme bond dans le rendement


En mai 2005, le Pr Hwang avait annoncé avoir obtenu onze nouvelles lignées de cellules souches ayant des caractéristiques génétiques de maladies humaines à partir d'un clone humain. D'importants espoirs de progrès médicaux reposent sur l'étude de ce type de cellules. Mais c'est l'énorme bond dans le rendement qui avait alors été salué par le monde savant. En 2004, il avait fallu 230 essais pour obtenir une seule lignée, et en 2005, soudain, un essai sur quinze suffisait ! Plus qu'une recette révolutionnaire, c'est dans le tour de main maîtrisé et le nombre d'essais réussis que résiderait le secret des Coréens.


La revue britannique Nature rapporte également que la télévision coréenne Munhwa Broadcasting Company s'est procuré des échantillons de cinq des lignées cellulaires de tissus humains en question et les a fait analyser par empreintes génétiques dans un laboratoire indépendant. Patatras ! L'une des lignées ne correspond pas au tissu d'origine, comme ce serait le cas s'il était issu d'un clone... L'expert du clonage Norio Nakasutji (Kyoto University) y voit la possibilité que des lignées existantes ou créées autrement aient été utilisées pour la démonstration.



Par Takana - Publié dans : Sciences
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Samedi 17 décembre 2005 6 17 /12 /2005 11:20

Le Sud-Coréen Hwang Woo-suk a demandé le retrait de son article publié dans «Science».

par Corinne BENSIMON
«Avec des amis comme ça, on n'a pas besoin d'ennemis.» C'est le sentiment pénible qui agite les défenseurs du clonage thérapeutique contemplant, médusés, la descente aux enfers de leur ex-allié, le Sud-Coréen Hwang Woo-suk. Créateur du premier clone d'embryon humain et des premières lignées de cellules souches dérivées, le professeur de l'Université de Séoul avait admis en novembre avoir commis une double faute, au plan moral, durant ces travaux, et avait démissionné. Accusé par ses plus proches collaborateurs d'avoir falsifié des résultats qui lui avaient valu, pendant deux ans, la reconnaissance de la communauté scientifique et le statut de héros national, Hwang a demandé vendredi le retrait de l'une de ses deux publications majeures.

Hwang l'avait pourtant cherchée, la gloire. Vétérinaire de formation, pionnier en son pays du clonage animal, c'est devant vingt chaînes de télé, à Seattle, lors du meeting de l'Association américaine pour le progrès de la science, l'AAAS, qu'il annonce, en février 2004, avoir obtenu une lignée de cellules souches dérivée d'un embryon créé par clonage. Le travail est publié le même jour dans Science, la revue de l'AAAS. Choc et débats urbi et orbi. La création d'embryons humains par clonage, fût-ce à des seules fins scientifiques, est interdite dans de nombreux pays, dont la France et les Etats-Unis. Pourtant, selon ses défenseurs, la technique serait pleine de promesses pour la thérapie cellulaire. Les cellules souches embryonnaires étant les mères de tous les types cellulaires, elles pourraient être greffées à des patients pour régénérer leur tissu lésé, et sans provoquer de rejet, à condition qu'elles proviennent d'embryons «clones» du patient.

Soupçons. En mai 2004, un nuage. La revue britannique Nature rapporte qu'une chercheuse de l'équipe de Hwang, cosignataire de l'article, a donné de ses propres ovocytes (ovules) pour ce travail. Une autre collègue aurait fait de même. Les travaux sur le clonage consomment, il est vrai, beaucoup d'ovules. Pour obtenir cet embryon de clone, Hwang avait déclaré en avoir utilisé 242. Mais ils avaient été fournis par 18 femmes, assurait-il, sans pression morale ou financière. Une jeune post-doc est-elle libre face au mandarin d'une équipe de 125 personnes ? Faute déontologique ? Le soupçon enfle. Mais la jeune femme invoque un problème de traduction. «Lost in translation», l'accusation... D'autant que Hwang publie le 20 mai 2005 un nouveau résultat, plus formidable, cosigné avec un chercheur de Pittsburgh, expert en clonage de singes, Gerald Schatten. Il présente, photo à l'appui, onze lignées de cellules souches dérivées de onze embryons obtenus par clonage. Le travail n'a consommé «que» 182 ovules. Le clonage devient aussi facile chez l'homme que chez la vache, son application thérapeutique se rapproche. En octobre, c'est la consécration : Séoul annonce une banque internationale de cellules souches embryonnaires au service de la recherche internationale, dirigée par Hwang.

Chèques. Et en novembre, c'est le début de la fin. Le plus proche collaborateur de Hwang, Roh Sung-il, directeur de l'hôpital qui fournit l'équipe en ovocytes, affirme avoir remis à des donneuses un chèque de 1 445 dollars. Schatten rompt alors ses relations avec Hwang, s'estimant trompé. Le 24 novembre, Hwang reconnaît les faits et démissionne. Il n'a enfreint aucune loi ­ l'achat d'ovocyte n'a été interdit qu'en 2005 en Corée ­, mais il a commis une faute déontologique doublée d'un mensonge. La véracité scientifique de son travail est alors questionnée. Le 4 décembre, Hwang avoue qu'il y a eu une erreur dans les photos supposées illustrer les onze lignées de cellules souches. Jeudi, Roh Sung-il a affirmé à la presse sud-coréenne que neuf des lignées de cellules n'existaient pas. Vendredi, Hwang a demandé à Science de «retirer» son article, arguant des «dommages irréparables» causés par les erreurs de publication affectant les photos.

Par Takana - Publié dans : Sciences
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Dimanche 18 décembre 2005 7 18 /12 /2005 10:07
Des chercheurs américains ont isolé un gène responsable de la pigmentation de la peau des Africains et des Européens.

LES ÉPISTÉMOLOGUES parlent, dans ce cas, de découverte à la Christophe Colomb. En travaillant sur le cancer, des généticiens américains ont mis la main, par hasard, sur un gène impliqué dans la couleur de la peau humaine (1). Un peu comme lorsque l'illustre navigateur, croyant débarquer aux Indes, posa le pied en... Amérique.

Cela faisait dix ans que l'équipe dirigée par Keith Cheng, de l'université de Pennsylvanie, recherchait des gènes responsables du cancer chez le poisson-zèbre – une espèce modèle très prisée des biologistes – lorsque leur attention fut attirée par de curieux mutants.

Sur cette nouvelle lignée baptisée golden («dorée»), les bandes sombres qui ornent d'ordinaire les flancs de ce petit poisson tropical apparaissaient nettement plus claires. Et cela, en raison de la diminution du nombre, de la taille et de la densité des mélanosomes, sorte de petits sacs intracellulaires renfermant la mélanine, le pigment responsable de la couleur noire chez les vertébrés.

Surprise : les chercheurs s'aperçoivent, après l'avoir eux-mêmes identifié, que la séquence du gène mutée est à 69% identique à celle du gène humain SLC24A5. Et lorsqu'ils «greffent» une molécule dérivée de ce gène (un ARN messager) dans des embryons de poissons mutants golden, ces derniers s'assombrissent à nouveau. Preuve que SLC24A5 fonctionne de manière semblable chez les deux espèces, pourtant relativement éloignées d'un point de vue évolutif.

Mais Keith Cheng et ses 24 collègues ne s'arrêtent pas en si bon chemin. En cherchant dans la base de données HapMap, véritable catalogue des variations génétiques au sein de l'espèce humaine, ils découvrent que le gène SLC24A5 possède deux allèles (autrement dit deux variantes) qui diffèrent, une fois transcrits, par un seul acide aminé (composant de base des protéines).

Chez pratiquement tous les Africains et tous les Asiatiques de l'Est (Chinois, Sibériens...) il s'agit de l'alanine, tandis que la variante européenne «code» à 98% pour la thréonine. Autrement dit une différence absolument minime qui explique pourquoi les Européens ont une peau plus claire que celle des Africains. Mais en partie seulement.

Production de vitamine D

Car si 93% des Africains et des Asiatiques partagent le même allèle «sombre», il est manifeste que les seconds ont la peau plus claire que les premiers. Ce qui signifie, comme le notent les auteurs, que d'autres gènes – dont certains sont d'ailleurs déjà identifiés – influent aussi sur la couleur de la peau.

Par ailleurs, la génétique est une chose, la sélection naturelle en est une autre. Le travail remarquable de l'équipe de Keith Cheng n'explique pas non plus pourquoi la peau des Européens – dont les ancêtres ont émigré d'Afrique il y a environ 40 000 ans – s'est blanchie au fil du temps. Ses résultats en tout cas ne sont pas incompatibles avec l'hypothèse ancienne, mais jamais prouvée, selon laquelle une peau claire absorbe mieux les rayons solaires et donc favorise la production de vitamine D : un avantage lorsque l'on vit dans des contrées au ciel souvent bouché.

Pour le généticien Gregory Barsh, de l'université Stanford (Californie), cela prouve surtout que «les bases génétiques des différences de couleur de peau n'ont rien à voir, et ne doivent pas être confondues avec le concept de race.»

Marc Mennessier
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Lundi 19 décembre 2005 1 19 /12 /2005 18:53
La banalisation et les progrès des techniques de procréation rendent les parents, en demande d'« enfant parfait », de plus en plus exigeants.

« Créer l'homme est pour beaucoup répréhensible. La question est donc de savoir si l'on peut faire des enfants par des moyens autres que naturels. » Le professeur Claude Sureau a vécu toutes les révolutions obstétriques de ces trente dernières années. Aujourd'hui, président honoraire de l'Académie de médecine, il défend le choix du sexe des bébés par sélection des spermatozoïdes, les recherches sur l'embryon pour améliorer la procréation médicalement assistée, ainsi que le transfert posthume d'embryons. Il comprend aussi le besoin de maternités de substitution, mais rejette le clonage reproductif. Autant de pratiques récentes ou l'éthique, la recherche et la naissance sont de plus en plus entremêlées.

Face à cette avalanche de nouvelles techniques et à l'inévitable « hypermédicalisation de l'accouchement », Claude Sureau redoute aussi l'émergence d'une gynécologie à deux vitesses donnant à quelques privilégiés l'accès à des pratiques de plus en plus performantes. « Nous assistons à la création d'un tourisme procréatif comme cela s'est produit pour l'avortement avant la loi Weil. Seule les personnes qui ont les moyens en bénéficieront ».

Ce tourisme thérapeutique s'inscrit dans une triple tendance vérifiée dans les sociétés occidentales : un recul de l'âge de la première maternité, une baisse de la fécondité et des demandes de plus en plus pressantes de parents obnubilés par le mythe de l'enfant « zéro défaut ». « Nous avons à faire à des exigences de certitudes de la part de nos contemporains et nous constatons un décalage de plus en plus grand entre ce qui est possible et ce qui est souhaitable », résume Arnold Munnich, chef du service génétique médicale de l'hôpital Necker-Enfants malades. « La société qui a foi en la médecine prédictive veut moins d'enfants, mais des enfants sans handicaps », indiquait René Frydman dans sa « Fabuleuse histoire de la gynécologie-obstétrique » parue dans le magazine « Pour la science ».

Des « bébés médicaments »
Depuis la naissance par fécondation in vitro de Louise Brown en juillet 1978, la médecine foetale, le diagnostic prénatal et les techniques d'assistance à la procréation ont connu des progrès fulgurants. Parallèlement, on a découvert l'extraordinaire résistance des cellules sexuelles humaines. Des spermatozoïdes ont été conservés plus de dix ans sous forme de paillettes dans l'azote liquide (à - 196°C). Après décongélation, ils retrouvent leur mobilité dans 70 % des cas. Ces capacités ont entraîné nombre de problèmes chez des couples séparés se déchirant pour la propriété d'ovules ou de sperme « mis en réserve ». En France, plusieurs dizaines de milliers d'embryons « en panne de projet parental » sont stockés dans des centres de cryoconservation.

La loi française autorise désormais la conception d'enfants immunologiquement compatibles avec un frère ou une soeur atteinte d'une maladie incurable grave. Appelés maladroitement « bébés médicaments » ces enfants sont conçus par FIV. Les embryons sont ensuite sélectionnés en fonction de leur système HLA pour devenir des donneurs pour un frère ou une soeur atteint d'une pathologie incurable. Le premier de ces « bébés sauveurs » ou « bébé médicament » est né dans le Colorado pendant l'été 2000. Le sang de son cordon ombilical a été utilisé pour soigner sa soeur atteinte d'une maladie génétique (anémie de Fanconi).

En France, cette demande d'« enfant parfait » se double d'une acceptation plus grande pour le handicap chez les couples. « Nos contemporains ont une aversion pour l'IVG et la tolérance à cette pratique est en baisse », indique le généticien Arnold Munnich. Près de 7 % des femmes décident de garder leur enfant après un diagnostic de trisomie 21 et 56 % des malformations sévères ou non (dont une majorité est curable) sont désormais acceptées par les familles. Une tendance nouvelle qui se traduit par de nouvelles contraintes pour les obstétriciens et qui pose le problème du suivi médical de ces enfants. « Aider ces enfants à naître c'est aussi prendre l'engagement de ne pas les laisser tomber plus tard. Nous devons leur offrir la meilleure qualité de vie possible sur le long terme », conclut le professeur René Frydman.

ALAIN PEREZ
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Lundi 19 décembre 2005 1 19 /12 /2005 18:59
Des chercheurs ont réussi à reconstruire l’ADN mitochondrial du mammouth laineux, Mammuthus primigenius, à partir d’un petit échantillon de seulement 200 milligrammes d’os provenant d’un spécimen vieux de 18.000 ans sorti du permafrost sibérien en 2004. L’équipe de Michael Hofreiter, de l’Institut Max Planck de Leipzig (Allemagne), a utilisé une version améliorée de la technique d’amplification du matériel génétique (PCR) pour extraire 46 morceaux d’ADN et reconstituer ainsi l’ADN mitochondrial du mammouth laineux.

Si l’essentiel des informations génétiques d’un individu est contenu dans son ADN nucléaire, l’ADN de la mitochondrie, transmis par la mère, permet cependant d’établir des lignées. Les chercheurs, qui publient aujourd’hui leurs travaux dans l’édition électronique anticipée de Nature, ont ainsi pu préciser la place du mammouth laineux dans l’arbre phylogénétique des pachydermes.

Mammuthus primigenius est plus proche de l’actuel éléphant d’Asie que de l’éléphant d’Afrique, expliquent Hofreiter et ses collègues. L’ancêtre de l’éléphant d’Asie se serait différencié il y a 6 millions d’année, tandis que le mammouth et l’éléphant d’Asie aurait divergé 440.000 années plus tard.
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Vendredi 23 décembre 2005 5 23 /12 /2005 09:33
La commission d'enquête de l'université nationale de Séoul estime que les résultats des recherches du biologiste sud-coréen Hwang Woo-suk sur la fabrication de cellules souches produites "sur mesure" ont été délibérément falsifiés.

Pour les neuf experts de la commission, le pr Hwang, considéré jusqu'ici comme un héros dans son pays pour ses travaux scientifiques, doit être tenu pour le principal responsable.
"Je démissionne de mon poste de professeur de l'université nationale de Séoul", a annoncé par la suite le chercheur lors d'une brève déclaration aux journalistes. L'université a fait savoir qu'elle avait accepté sa démission.
Le savant, qui avait présenté en 2005 le premier chien cloné, était accusé par des collaborateurs d'avoir truqué des conclusions majeures de leurs travaux sur la fabrication de cellules souches produites spécialement pour des patients.
"Fondées sur ces conclusions, les données en 2005 ont été délibérément contrefaites, non pas à la suite d'une erreur accidentelle, et ceci constitue une faute professionnelle majeure", a déclaré Roe Jung-hye, responsable de la recherche à l'université de Séoul, lors d'une conférence de presse télévisée.
D'après cette scientifique, le pr Hwang porte une grande responsabilité même si l'importance de son rôle direct n'est pas encore très clair.
La commission a découvert qu'il n'existait que deux lignes de cellules souches dans les travaux publiés en mai 2005 dans la revue scientifique américaine Science, et non pas onze comme les auteurs l'affirmaient.
Les enquêteurs ne se sont pas prononcés sur la validité ou non des principales conclusions des travaux, à savoir si les chercheurs ont bien fabriqué des cellules souches "sur mesure".
Le 16 décembre, le biologiste sud-coréen avait déclaré détenir la preuve de la production, cette année par son équipe, de cellules souche produites spécialement pour des patients, ajoutant toutefois que ces cellules avaient par la suite été contaminées.
Hwang avait affirmé que cinq cellules souche congelées étaient en cours de dégel aux fins d'analyses et que les résultats devraient être disponibles dans dix jours.
L'équipe de Hwang s'est rendue célèbre en publiant en 2004 le premier article scientifique sur le clonage d'un embryon humain et en présentant cette année le premier chien cloné.
Hwang se trouve au centre d'une tempête médiatique depuis que le 24 novembre, il a dû présenter des excuses pour avoir accepté pour ses recherches des ovocytes offerts par deux collaboratrices.
Par Takana - Publié dans : Sciences
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