Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Concours

W3C

  • Flux RSS des articles

Asie

Lundi 12 décembre 2005
Chine Le régime et les forces de l'ordre affichent une nervosité croissante face au malaise paysan.
Jean-Jacques MEVEL
[12 décembre 2005]

LA CHINE a reconnu hier que la police a ouvert le feu sur une foule de paysans expropriés lors d'affrontements qui ont fait au moins trois morts la semaine dernière dans la province méridionale du Guangdong, non loin de Hongkong.


Le recours aux armes à feu, fort rare dans le maintien de l'ordre en Chine, témoigne de la gravité des incidents qui se sont produits mardi dans le village de Dongzhou, non loin de la ville côtière de Shangwei. Les tirs montrent aussi la nervosité croissante des autorités face à un mécontentement paysan.

Embarras palpable



Dongzhou restait totalement bouclée hier par la Police armée populaire. Selon des témoignages de villageois recueillis par téléphone, les troubles de mardi soir auraient pu faire jusqu'à 30 morts, ce qui en ferait l'incident armé le plus meurtrier depuis le massacre de Tiananmen en juin 1989.


L'embarras des autorités locales et du gouvernement central est palpable. Il leur a fallu plus de cent heures pour confirmer l'incident et fournir une version qui ne convainc guère : une poignée d'émeutiers aurait lancé «des engins explosifs contre la police, contraignant celle-ci à ouvrir le feu, explique l'agence d'Etat Chine nouvelle. Dans l'obscurité et la confusion, trois villageois ont été tués et cinq autres blessés».


Cette version n'a été publiée qu'une fois le silence officiel rendu intenable par la publication samedi de photos accusatrices à la une du China Morning Post. Le quotidien anglophone de Hongkong montre en particulier un cadavre dont la poitrine est visiblement perforée par balle.


Tout porte à croire que les autorités ont d'abord cherché à étouffer l'affaire et à faire disparaître les preuves, comme dans la récente affaire de pollution au benzène à Harbin. Plusieurs familles endeuillées attendaient hier encore le retour du corps d'un disparu. D'autres, au contraire, se seraient vu offrir une prime pour remettre un cadavre aux autorités, d'après un témoignage invérifiable.


Le black-out que le régime impose à toute information qu'il juge gênante se heurte de plus en plus à l'omniprésence du téléphone portable, du courriel et de l'Internet en Chine. A Dongzhou, la conspiration du silence est rendue encore plus difficile par la proximité de Hongkong : les habitants de la région peuvent aisément apprendre ce que les médias officiels leur cachent en écoutant la radio ou en regardant la télévision de l'ancienne colonie.


Cette vulnérabilité explique sans doute pourquoi Pékin a fini par lâcher, hier, une petite partie de la vérité. Le gouvernement a aussi annoncé la «suspension» du responsable des forces de l'ordre intervenues à Dongzhou, ainsi que l'ouverture d'une enquête. La recette est rituelle : il s'agit de donner le change et de gagner du temps. La traque aux «meneurs» et aux «émeutiers» sera lancée plus tard, une fois l'ordre restauré et l'intérêt des médias étrangers retombé.

Au-delà de cette «gestion de crise», la tuerie du Guangdong est un signal d'alarme supplémentaire pour Pékin. A l'image des 3 à 4 millions de paysans chinois expropriés chaque année pour faire place à des projets industriels ou à la spéculation foncière, les manifestants de Dongzhou réclamaient de meilleures indemnités aux autorités locales. Malgré la fibre sociale que la propagande prête au président Hu Jintao et à son lieutenant Wen Jiabao, le pouvoir n'offre toujours aux protestataires que davantage de répression.

Par Takana
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 13 décembre 2005
"Une femme âgée de 45 ans originaire du Cachemire a été retrouvée enterrée sous des monceaux de gravats mais encore vivante, 63 jours après le tremblement de terre qui a dévasté cette région du Pakistan le 8 octobre dernier", rapporte le quotidien Dawn. Identifiée sous le nom de Naqsha Bibi, la femme a été découverte le dimanche 11 décembre par des résidents d'un camp de réfugiés partis à la recherche de corps. Le camp est situé à 5 kilomètres au nord du lieu où la femme a été retrouvée.

Les réfugiés, incapables de la nourrir, ont signalé sa présence à une équipe de médecins allemands qui l'ont transférée à l'hôpital de l'Association médicale islamique pakistanaise (PIMA). Selon le médecin qui l'a reçue dans l'unité de soins intensifs qu'il dirige, la femme ne pesait plus que 25 kilos. "Elle est très faible à cause de la déshydratation et de la fonte de ses muscles. Elle a également perdu l'usage de la parole, mais on lui a donné à manger des produits liquides et du lait et son état s'améliore", précise le Dr Abdul Hamid, qui ajoute : "La science ne peut pas accepter que quelqu'un survive aussi longtemps sans eau ni nourriture, mais des miracles sont possibles dans ce vaste monde."
Par Takana
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 18 janvier 2006

Première historique : le marché japonais a annoncé mercredi sa fermeture prématurée suite au scandale retentissant déclenché par l'affaire Livedoor • Au même moment, l'indice Nikkei chutait de 2,94% •

Berezina à la Bourse de Tokyo. Pour la première fois de son histoire, le marché japonais a été contraint mercredi d'annoncer sa fermeture prématurée, suite au scandale qui a éclaboussé le portail internet Livedoor et son jeune patron, Takafumi Horié.

Face à l'énorme volume d'ordres qui menaçait de saturer le système informatique, la Bourse a décidé de suspendre toutes les opérations vingt minutes avant la clôture, alors que l'indice Nikkei plongeait de 2,94%. Dans la foulée, la plateforme boursière a annoncé qu'elle allait raccourcir de trente minutes sa séance à partir de jeudi et jusqu'à nouvel ordre, afin de permettre à ses ordinateurs de gérer sans risque de panne le volume de transactions inhabituel.

L'affaire Livedoor, un groupe jusqu'à présent adulé comme un modèle du dynamisme et du succès de la «nouvelle économie» au Japon, avait déjà fait dégringoler le Nikkei de 2,84% la veille, les investisseurs craignant une contagion du scandale à l'ensemble du secteur internet.

Tout a démarré lundi soir par une perquisition surprise au siège de Livedoor et au domicile de Takafumi Horié, soupçonné par le procureur de Tokyo d'avoir manipulé des cours boursiers en 2004 en diffusant de fausses informations relatives à l'acquisition d'une société. Selon la presse nippone, la justice suspecte également le groupe internet d'avoir falsifié son bilan en 2004 dans le but de dissimuler une perte et de faciliter l'achat d'une équipe de baseball professionnelle
.
La nouvelle a aussitôt provoqué un mouvement de panique chez les investisseurs. A 33 ans, Takafumi Horié était devenu le plus flamboyant représentant d'une nouvelle génération de patrons, bousculant le consensus feutré de règle dans les milieux d'affaires japonais avec ses tenues décontractées, ses déclarations à l'emporte-pièce et ses méthodes «à l'américaine».

Mais il est rapidement devenu un paria. Livedoor, société dont l'action avait été volontairement introduite à un prix très bas afin de séduire les petits investisseurs - et dont le cours évoluait largement en fonction des apparitions médiatiques de Horié - a naturellement vu son titre s'effondrer à la Bourse de Tokyo.

Selon les analystes, le psychodrame de mercredi rappelle le «lundi noir» de 1987, lorsque la Bourse de New York avait également dû fermer précipitamment en raison d'un crash provoqué par des ventes massives de la part d'investisseurs institutionnels.

Par Takana
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 19 janvier 2006
Asie L'agence de presse officielle nord-coréenne a confirmé hier que Kim Jong-il, le dernier dictateur stalinien de la planète, avait bien effectué une visite en Chine. Pour le reste, le mystère demeure.
Julie Desné
[19 janvier 2006]

LES DIRIGEANTS aiment s'entourer d'un halo de mystère. Kim Jong-il, leader de la dernière dictature stalinienne de la planète, pousse souvent l'exercice à l'excès. Dernier en date : un déplacement d'une semaine qu'il vient d'effectuer en Chine, évoqué par les médias étrangers mais jamais confirmé, ni côté nord-coréen ni côté chinois.

Après une semaine de mutisme, l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA s'est décidée hier à briser le silence, en évoquant officiellement la visite du dirigeant en Chine, qui vient de rentrer dans sa capitale.


Le jeu de piste a commencé à Shanghaï le 11 janvier. La rumeur, en partie alimentée par l'agence sud-coréenne Yonhap, affirme que Kim Jong-il, après être arrivé à Pékin par un train spécial – le maître de Pyongyang n'aime pas l'avion –, a passé la première journée de sa visite non annoncée en Chine à Shanghaï, vitrine de la modernité «made in China». Pendant ce temps, d'autres bruits courent sur le voyage de Kim et certains assurent au contraire qu'il est en fait en Russie.


Le flou subsiste jusqu'à ce que la télévision japonaise Nippon Television le surprenne deux jours plus tard à Canton, dans une scène parue sortie d'un film de gangsters hongkongais : Kim descend d'une limousine, entouré d'une escorte de bodyguards musclés. Ce qui l'a trahi ? Son volumineux brushing repérable de loin.


Les médias coréens et japonais se lancent alors dans une traque sans merci pour pister le secret dictateur. Un escadron de Mercedes noires a ainsi parcouru le sud de la Chine aux alentours de Canton, dans des villes comme Shenzhen ou Zhuhai, avant-postes du capitalisme chinois. Kim Jong-il s'est également rendu sur le site du barrage des Trois-Gorges, construction pharaonique sur le Yang Tsé Kiang.


La folle escapade s'est achevée à Pékin où le dirigeant nord-coréen se serait entretenu avec son homologue chinois Hu Jintao. Cette rocambolesque visite d'Etat a un goût de déjà vu, puisque entre 2000 et 2004, Kim Jong-il avait déjà effectué trois voyages incognito en terre chinoise, tous rendus publics à son retour à Pyongyang.


Au-delà de l'anecdote, le dirigeant paraît jouer un jeu d'équilibriste. Alors qu'il vient successivement de claquer la porte au nez du Programme alimentaire mondial de l'ONU (PAM) et de refuser de participer aux pourparlers nucléaires à six, Kim Jong-il vient justement visiter des fermes industrielles et parler de l'éventualité d'une reprise des pourparlers à Pékin.


Le grand frère chinois reste le seul appui du dirigeant, qui s'est lui-même mis au ban de la communauté internationale. Depuis novembre, il boude la table des négociations, tant que Washington maintiendra ses sanctions, accusant Pyongyang d'avoir imprimé des faux dollars et blanchi de l'argent via une banque de Macao.


La visite de Kim en Chine rend certains esprits de nouveau optimistes. The Korea Herald rapporte que l'envoyé américain Christopher Hill a terminé sa tournée asiatique par un crochet à Pékin, où il s'était déjà rendu la semaine précédente. Le quotidien sud-coréen évoque les rumeurs selon lesquelles il se serait entretenu avec son homologue nord-coréen, Kim Kye-gwan, qui accompagnait le leader. De son côté, le quotidien Dong-a Ilbo cite une source selon laquelle Hu Jintao a assuré de la bonne volonté nord-coréenne de revenir à la table des négociations.

Il est toujours difficile de faire des pronostics avec le capricieux Kim Jong-il, mais la situation est plus que jamais délicate pour Pyongyang, de plus en plus isolé. Le PAM alimentait encore 600 000 personnes et les réformes économiques promises par le dirigeant sont au point mort. La tournée chinoise était aussi une occasion de mettre en place des partenariats dans le secteur agricole et de convaincre certains investisseurs des plus riches régions de Chine.

Par Takana
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 19 janvier 2006

TOKYO (AFP) - "Pitoyable, ridicule, indigne du Japon". Les qualificatifs les plus durs fusent sur la Bourse de Tokyo au lendemain de sa gestion désastreuse du crash informatique né du scandale Livedoor.

Une nouvelle débacle qui illustre les failles d'une politique à courte vue et l'incapacité de la deuxième place financière de la planète à s'adapter aux changements du marché. En l'espace de trois mois, la Bourse de Tokyo a accumulé bourdes et problèmes techniques, étalant ses faiblesses à la face du monde, au risque de ruiner la confiance des investisseurs étrangers qui l'ont fortement soutenue ces derniers mois. Contrainte d'écourter les séances de 30 minutes pour laisser son système de gestion digérer les monceaux d'ordres des investisseurs, elle subit le retour de flamme d'un foyer qu'elle a elle-même allumé et alimenté sans prendre de précaution: l'actionnariat particulier. La nombre de "boursicoteurs" en ligne a littéralement explosé ces derniers mois au Japon, provoquant dans un premier temps une envolée de la Bourse sur fond de reprise économique. L'indice Nikkei a gagné plus de 40% en 2005. Un phénomène de masse "à la japonaise", dont toutes les maisons de courtage et les entreprises se félicitaient il y a encore quelques jours, à commencer par les portails internet (Livedoor, Rakuten, Softbank) devenus "courtiers en ligne à bas prix". Celui qui, à son corps défendant, est responsable de la bérézina actuelle, Takafumi Horié, 33 ans, juvénile patron du portail Livedoor soupçonné de délit boursier, ne se félicitait-il pas il y a un an de "contribuer à l'éducation des masses en leur faisant comprendre ce qu'était une OPA hostile" ? Il venait de lancer la première opération de ce type au Japon contre un puissant et populaire groupe de médias. Las, la plupart des nouveaux petits actionnaires improvisés, amateurs des dizaines de services boursiers ludiques sur téléphone portable mais piètres analystes, ont été saisis de panique aussitôt qu'ont été révélées les malversations financières présumées de Livedoor. De même qu'ils avaient acheté des titres liés aux valeurs des nouvelles technologies à qui mieux mieux lors d'une sorte de "bulle du marché en ligne", ils ont revendu mercredi à tout va. Bilan: une déferlante d'ordres de ventes "irrationnelle" que nul n'avait anticipé, et surtout pas la Bourse de Tokyo. Le volume quotidien moyen des transactions abouties étant d'un peu plus de 3 millions, ses gérants avaient redimensionné récemment son système informatique à 4,5 millions d'échanges, contre 3,75 millions fin 2005, croyant ainsi la place tokyoïte blindée pour faire face à une rafale d'ordres. Mais, mercredi, le système ayant atteint ses limites elle a dû se résigner à fermer plus tôt que prévu, pour la première fois de son histoire, afin d'éviter un crash technique dévastateur sous un tsunami de données. "C'est un cas sans précédent dans les annales d'une place boursière dans le monde", souligne le Nikkei, qui, à l'instar de tous les quotidiens, fustige en une la gestion "pitoyable" de la Bourse de Tokyo. Même si elle envisage de porter à 7 ou 8 millions d'ici fin 2006 sa capacité de traitement de transactions abouties par jour (soit environ 15 millions d'ordres), pour beaucoup d'observateurs, le mal est fait. Selon le vice-président de l'institut de recherches IDC, Junichi Saeki, le Japon manque d'expérience dans la gestion en temps réel des données financières et la Bourse de Tokyo manque de compétences internes. Résultat: "Les fournisseurs de solutions techniques font ce qu'ils peuvent avec les moyens qu'on leur donne", sans prise en compte du risque aléatoire, regrette M. Saeki.
Par Takana
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 14 mai 2006
La Chine a procédé dimanche à une nouvelle nomination d'évêque sans l'approbation du Vatican dans un diocèse de la province du Fujian (sud-est), a-t-on appris auprès d'un responsable religieux.

Des catholiques prient dans une église de Pékin le 26 mars 2006 [© AFP]

PEKIN (AFP) - Zhan Silu, 45 ans, évêque auxiliaire du diocèse de Mingdong depuis 2000, a été nommé par l'"Eglise patriotique", que contrôlent les autorités chinoises, lors d'une cérémonie dans le canton de Gutian, dans le Fujian, a indiqué ce responsable seulement identifié comme étant Bian. "La cérémonie s'est déroulée aujourd'hui", a-t-il dit.

La nomination de l'ecclésiastique était automatique, consécutive au décès de son prédécesseur, a expliqué Liu Bainian, vice-président de l'Association catholique patriotique qui contrôle l'Eglise officielle chinoise pro-gouvernementale et qui la veut indépendante du Vatican.

"Le diocèse souhaitait l'organisation d'une cérémonie, avec une messe et un repas. Il s'agit d'une célébration à caractère interne et non d'une ordination", a-t-il affirmé. "Pour les fidèles catholiques de Chine, il serait préférable que le gouvernement noue des liens officiels avec le Vatican", a-t-il ajouté. Et d'estimer: "le gouvernement a des différences de vues avec le Vatican sur la nomination des évêques, mais elle pourraient être surmontées si des liens plus forts étaient établis".

L'ordination début mai de deux évêques chinois sans l'agrément du Saint Siège avait conduit le pape Benoît XVI à dénoncer une "grave violation de la liberté religieuse", malgré des discussions en cours visant à une normalisation des relations bilatérales.

Entamées dans les années 1990, des négociations avaient été gelées pendant cinq ans après l'ordination par Pékin en 2000 de cinq évêques sans l'aval du pape.

Depuis le début de son pontificat, le pape Benoît XVI aspire à normaliser les relations avec la Chine, rompues à l'initiative de Pékin au début des années 1950.

La Chine pose deux conditions à un rétablissement officiel des liens : la souveraineté dans ses affaires religieuses et la rupture des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Taïwan, que Pékin considère comme une province rebelle.

Le Vatican avait annoncé à plusieurs reprises être prêt à rompre avec Taïwan et un accord avait d'ailleurs été trouvé sur les ordinations d'évêques en Chine. Il prévoyait une consultation du Vatican sur le nom du prélat pressenti.

La Chine compte plusieurs millions de catholiques divisés entre une Eglise "patriotique", dont le nombre de fidèles serait d'environ quatre millions, et une Eglise clandestine fidèle au Vatican, qui rassemblerait une dizaine de millions de croyants.

Copyright © 2006, Agence France-Presse

Par Takana
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 2 juin 2006
logo libe

En dix-sept ans, le massacre du 4 juin 1989 a été quasiment effacé de l'histoire officielle.

Par Philippe GRANGEREAU

il ne s'est rien passé dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 sur la place Tiananmen. C'est en tout cas ce qu'on pourrait croire, dix-sept ans après la répression sanglante du printemps de Pékin, un événement gommé de l'histoire officielle et que le pouvoir chinois tente d'effacer de la mémoire de son peuple. La jeunesse, qui n'a pas connu «liu-si» («6-4», le 4 juin), expression par laquelle les Chinois désignent la date de l'écrasement du mouvement démocratique des étudiants , est maintenue dans l'ignorance absolue de cet événement.

Dans le manuel scolaire Histoire de Chine destiné aux 12-13 ans, «liu-si» ne mérite même pas une mention. Le trou de mémoire foré par les autorités y est aussi béant qu'invisible, puisque même la version officielle («un complot contre-révolutionnaire») est obérée. Dans ce manuel de 2003 publié par les Editions de l'Education du peuple, les autres épisodes dramatiques de l'histoire récente du pays, comme la famine des années 50 due au Grand Bond en avant, sont, eux, évoqués ­ quoique de manière elliptique.

Taboues. A travers le département de la propagande, le pouvoir impose sa version de beaucoup d'événements controversés. Mais à l'endroit du massacre de Pékin, il considère le silence préférable. «Si vous commencez à remettre en question les choses, qui sait où cela peut vous conduire...», ironisait récemment dans la presse américaine le journaliste Li Datong, limogé en janvier par le parti pour avoir publié un article mettant en cause l'histoire officielle sur la révolte des Boxers, au début du XXe siècle. «Vous remettrez en question la dynastie Qing, puis l'histoire du parti, puis la Révolution culturelle, Tiananmen... vous questionnerez sans fin», justifiait le pouvoir.

Ces dernières années, de rares ouvrages d'historiens chinois sérieux traitant de questions taboues sont certes apparus, car publiés dans la région autonome spéciale de Hongkong. L'ancienne colonie britannique ­ seul endroit en Chine où se déroulent librement, chaque année, des manifestations de commémoration de Tiananmen ­ devient ainsi le dépositaire de la mémoire nationale.

Muraille. L'Internet est contrôlé par une force spéciale de police qui traque en priorité les mots-clés «Tiananmen»» et «6-4». La profusion de documents traitant du massacre accessibles à l'étranger est ainsi endiguée par cette «grande muraille électronique». Quelques astucieux internautes parviennent à contourner l'obstacle en utilisant, par exemple, des sites érotiques chinois pour héberger leurs réflexions. Ces textes prennent alors de court les traqueurs de dissidents et sont accessibles l'espace de quelques jours ou de quelques heures.

L'un d'eux est intitulé «Je t'aime et je te parle cette nuit-là». C'est un roman apparemment autobiographique, mis en ligne le 28 mai. L'auteur, «anonyme», conte sa propre histoire d'amour avec une étudiante de Pékin. Les mots «6-4» du texte sont remplacés par des astérisques afin d'échapper aux moteurs de recherche des censeurs. «Nous avions pour mots d'ordre : liberté de la presse, liberté de la pensée, science et démocratie, non à la corruption», écrit l'auteur en s'épanchant sur le massacre : «Je sais que nous nous trouvons à un tournant de décisif de l'Histoire. Nous avons les larmes aux yeux, nous pleurons sans comprendre.» L'histoire d'amour se termine lorsque sa compagne s'exile en Australie. «Après le 4 juin, les gens cherchaient un ciel libre pour s'envoler...»

Mais finalement, tant d'efforts sont nécessaires pour prendre à revers la censure que le pouvoir obtient l'effet escompté : le trou de mémoire de Tiananmen est petit à petit en train de devenir réalité.

 http://www.liberation.fr/page.php?Article=386996

Par Takana
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 27 mai 2007

Chine : la politique de l'enfant unique remise en cause. Le Figaro et Libération reviennent sur les manifestations parfois violentes qui ont éclaté dans des villages du canton de Bobai dans le Guangxi contre la politique de contrôle des naissances (cf. Synthèse de presse du 23/05/07). En décembre dernier, le Comité central a reconduit "le travail du Planning familial pour résoudre les problèmes posés par le poids démographique" et sommé chaque province de rendre des comptes.

Critiqués pour la surpopulation de 1,58 millions d'habitants de leur canton, les dirigeants de Bobai ont lancé une campagne de stérilisation et d'avortements forcés. Suivant les consignes internes au parti et à l'administration : "d'ici au mois d'août, chaque fonctionnaire du canton devra avoir atteint deux objectifs : 1/ obtenir d'une personne, homme ou femme, qu'elle subisse la stérilisation ; 2/ collecter au moins 500 yuans au titre des frais de garde sociaux" ("amende renouvelable de 50 euros imposée aux couples contrevenants", selon Le Figaro).

Selon une note publiée par Boxun, site Internet dissident, les "inquisiteurs du canton de Bobai" avaient, à la date du 24 avril, collecté 7,8 millions de yuans et imposé à 17 268 femmes l'une des "quatre méthodes" du Planning familial : l'implantation vérifiée d'un stérilet chez les femmes ayant un enfant de trop, la stérilisation pour les mères de deux enfants et l'avortement déclenché ou chirurgical pour les contrevenantes enceintes.

Le quotidien South China Morning Post mentionne aussi une directive locale demandant à chaque membre du Planning familial d'examiner toutes les femmes et d'imposer une amende de 1 000 yuans à celles qui refuseraient de se prêter à l'examen. Ceux qui ne respecteraient pas la loi "seront imposés et le cas échéant stérilisés".

Faute de vouloir ou pouvoir payer des amendes trop élevées, les familles sont battues, pillées : "les gens du Planning familial étaient comme les Japonais pendant la guerre ils ont tout pris et détruit ce qui restait", raconte un villageois.

Ceux qui dénoncent les dérives de cette politique voulue par Pékin, comme Chen Guang-cheng, condamné à quatre ans et trois mois de prison, sont évincés. D'autres tentent encore de modifier la loi en vigueur, comme Ye Tingfang, député à la Conférence consultative politique (groupe de personnalités en marge du Parlement), qui a soumis une proposition de réforme, "restée lettre morte", au cours de la session de mars.

"La colère des paysans du Guangxi vient, elle, s'ajouter à la facture sociale de l'enfant unique déjà alourdie par le déséquilibre des naissances aux dépens des filles et le vieillissement accéléré de la population chinoise", conclut Libération.

© genethique.org

Par Takana
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Recherche

Catégories

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus