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Politique

Lundi 12 décembre 2005 1 12 /12 /2005 19:12
Lors d'un discours à Paris, le premier ministre s'est référé à Confucius, Rousseau, Montesquieu et Voltaire pour les rapprocher. L'harmonie confucéenne qu'il prône s'oppose pourtant à l'universalisme des lumières.

Lundi 12 décembre 2005
Frédéric Koller, Pékin

De passage à Paris, la semaine dernière, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, n’a pas fait que des emplettes aéronautiques. Il a profité de cette étape dans la «ville lumière» pour livrer un «important discours» sur la culture. Il y tenait. Devant 500 élèves et professeurs de l’Ecole polytechnique, il a fait l’éloge de la diversité culturelle, du respect mutuel, de l’harmonie entre civilisation, de la concorde entre les hommes, de la tolérance. Un discours rodé depuis deux ans en politique intérieure.

Sagesse traditionnelle
A l’appui de sa démonstration, il a cité à plusieurs reprises Confucius et Mencius, deux piliers de la «sagesse traditionnelle chinoise». Mais également Rousseau, Montesquieu et Voltaire, ces «lumières» qui ont labouré le terrain intellectuel ayant mené à la révolution des esprits puis à la révolution tout court. Sur sa lancée, Wen Jiabao s’est même «permis», comme le relate un compte-rendu diplomatique français, de citer la devise de la France (Liberté, égalité, fraternité). La révolution française, a-t-il remarqué, a «fourni les armes spirituelles à de nombreux intellectuels chinois pour combattre le féodalisme et le colonialisme».

Verité salvatrice
Plus tard, lors d’un hommage rendu aux années croisées des relations culturelles franco-chinoises qui viennent de s’achever, le premier ministre a cité les noms de Zhou Enlai, Deng Xiaoping, Chen Yi, Ba Jin, Qian Zhongshu et Xu Beihong qui, dans leur jeunesse, «sont allés chercher en France une vérité qui allait leur permettre de sauver leur pays». Soulignons ici que la Révolution française et ses idéaux ont toutefois été totalement passés sous silence lors de ces années croisées au profit d’expositions en Chine sur Napoléon, Louis XIV et De Gaulle, cela à la demande express des Chinois selon la partie française.

Fi des leçons
Si Wen Jiabao s’est référé à Confucius pour parler d’harmonie dans une France déchirée par le mal de ses banlieues, il s’est également servi du sage pour poser des limites. Confucius a dit: «Les voies parallèles ne s’opposent pas.» Wen Jiabao ajoute: «Les différentes cultures peuvent se nourrir les unes les autres et se développer en commun.» On peut également lire – et c’est le message que ne cesse de livrer les diplomates chinois – chaque culture étant différente et à respecter, il faut cesser de donner des leçons à la Chine sur la démocratie et les droits de l’homme. Ce n’est pas exactement l’universalisme prôné par Rousseau, Montesquieu et Voltaire.

Pendant ce temps...
Alors que Wen Jiabao visitait l’Europe sous l’étendard de la Chine harmonieuse, la vie suivait son cours au pays: Gao Zhisheng, célèbre avocat des démunis, s’est vu retirer sa licence après avoir écrit une lettre ouverte au premier ministre pour demander la liberté de religion; un vice-maire de Jilin s’est suicidé après que l’usine pétrochimique de sa ville a provoqué une pollution majeure menaçant la Russie; une nouvelle explosion de mine de charbon a provoqué la mort de 80 ouvriers; quatre paysans ont été abattus par des paramilitaires lors d’une manifestation; le rapporteur de l’ONU sur la torture a jugé que ce mal demeurait endémique en Chine; des milliers de manifestants pour la démocratie ont défilé dans les rues de Hong Kong.

Le technicien et l'harmonie
Le jour même où Wen Jiabao prononçait son discours de Paris, Le Monde a publié une tribune du dissident Cai Chongguo sur le bilan du premier ministre. Il écrit: « Wen Jiabao est un homme discret, actif, et il a probablement bon cœur (on l’a vu plusieurs fois les larmes aux yeux), mais c’est un homme seul qui compte résoudre les problèmes sociaux et politiques par des solutions purement techniques. Comme tous les dirigeants de sa génération, il ignore que les problèmes sociaux recouvrent une question de nature profondément politique, à savoir le déséquilibre entre les forces sociales.» L’harmonie selon Wen est précisément destinée à balayer ce genre de considérations.
Par Takana - Publié dans : Politique
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Lundi 12 décembre 2005 1 12 /12 /2005 19:17





Ariel Sharon - AFP
The Sunday Times affirme que Tel-Aviv se prépare à bombarder l'Iran pour l'empêcher d'acquérir l'arme nucléaire. Une perspective catastrophique pour la paix et la sécurité au Moyen-Orient, alors que la communauté internationale est divisée sur la conduite à adopter avec la république islamique d'Iran.

"Les forces armées israéliennes ont reçu l'ordre du Premier ministre Ariel Sharon de se préparer à d'éventuelles frappes sur des sites secrets d'enrichissement de l'uranium en Iran à la fin du mois de mars prochain", rapporte The Sunday Times. Citant des sources militaires israéliennes, le journal britannique précise que cette option militaire a été envisagée côté israélien après la découverte de présumés sites nucléaires iraniens camouflés en infrastructures civiles.

"La fin du mois de mars marquerait 'un point de non-retour' au-delà duquel l'Iran disposera de l'expertise technique lui permettant d'enrichir l'uranium en quantité suffisante pour construire une tête nucléaire dans les deux à quatre années suivantes", rapporte The Sunday Times à partir de sources du ministère de la Défense israélien. Israël tient ses informations de ses activités de surveillance depuis une base située dans le Kurdistan irakien, mais aussi grâce à des opérations de renseignement menées sur le territoire iranien. Certaines unités d'élite de l'armée israélienne seraient déjà en état d'alerte maximale.

Les informations publiées par The Sunday Times ont été reprises et commentées dans la presse israélienne. Ainsi, le Jerusalem Post

L'effervescence actuelle entourant la question du nucléaire iranien survient au moment où le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed El-Baradei, a reçu, samedi 10 décembre à Oslo, le prix Nobel de la Paix pour son action au sein de cette organisation des Nations unies de lutte contre la prolifération nucléaire. "Vous ne pouvez pas utiliser la force pour empêcher un pays d'obtenir l'arme nucléaire. En le bombardant massivement, vous ne faites que repousser l'échéance, car il reviendra pour demander vengeance", a averti El-Baradei sans mentionner Israël. Au mois de mars 2006, El-Baradei devrait remettre un rapport crucial sur l'Iran.

Reste que les efforts pour dissuader Téhéran de mener son programme nucléaire comme il l'entend sont dans l'impasse. Aucune date n'est avancée pour la reprise des négociations engagées par la troïka européenne Paris-Londres-Berlin. De plus, Téhéran a rejeté l'offre de Moscou de fourniture d'uranium enrichi produit sur le sol russe. "D'après les experts, le refus de Téhéran favorisera le transfert du dossier nucléaire iranien au Conseil de sécurité des Nations unies, sans que Moscou et les autres pays qui coopèrent avec la République islamique puissent s'y opposer", souligne la Nezavissimaïa Gazeta. Pour le quotidien moscovite, la Russie, qui a récemment signé avec l'Iran un accord sur la fourniture de systèmes de défense antiaérienne, se trouve dans une position ambiguë. "La situation de l'Iran se complique en raison de la rhétorique belliqueuse du président Ahmadinejad à l'encontre d'Israël." En cas de frappes israéliennes sur l'Iran, le journal évoque le risque que "des milliers de spécialistes et hommes d'affaires russes [présents en Iran] en soient victimes".

"La guerre des déclarations et des fuites médiatiques orchestrées bat son plein entre l'Iran et Israël. Cette guerre prépare le terrain à une confrontation militaire qui risque d'être infernale pour le Moyen-Orient, dans la mesure où le recours à des armes non conventionnelles est en jeu", souligne l'éditorialiste d'Al-Quds Al-Arabi. Pour le moment, estime le quotidien panarabe édité à Londres, "ces fuites médiatiques tendent à confirmer l'existence de plans israéliens, approuvés par les Etats-Unis, pour frapper militairement les installations nucléaires iraniennes avant que le programme n'aboutisse, à l'instar de l'attaque israélienne qui a détruit en 1981 les installations nucléaires en Irak. Par ailleurs, ces mêmes fuites sont destinées à exercer des pressions sur l'Iran afin qu'il abandonne son programme nucléaire."

Cependant, "l'Iran est encore en position de force. En effet, les 150 000 soldats américains stationnés en Irak sont des otages que Téhéran peut atteindre par le biais de ses alliés en Irak. De plus, l'Iran dispose de missiles qui peuvent atteindre le territoire israélien et il peut se défendre en cas de frappe militaire israélienne. Par ailleurs, les alliés de l'Iran au Liban et en Syrie n'hésiteront pas à se venger en provoquant une escalade militaire sur la frontière avec Israël." Enfin, poursuit Al-Quds Al-Arabi, "la communauté internationale ne peut pas permettre à Israël de l'entraîner dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient, exacerbant la violence et le terrorisme, et, qui plus est, menaçant son approvisionnement en pétrole". 
Par Takana - Publié dans : Politique
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Mardi 13 décembre 2005 2 13 /12 /2005 17:49
Iran Un défenseur iranien des droits de l'homme n'a pas été autorisé à se rendre en France pour y recevoir son prix.
Delphine Minoui
[13 décembre 2005]

Les autorités iraniennes ont refusé de laisser Emadeddin Baghi, champion de la lutte des droits de l'homme en Iran, quitter le territoire iranien pour venir se faire remettre une distinction hier, à Paris, par le premier ministre français.

AU TROISIÈME ÉTAGE de ce petit bureau téhéranais, c'est la consternation. Après trois années de combat laborieux pour un plus grand respect des prisonniers iraniens, Emadeddin Baghi s'est vu interdire d'aller se faire remettre le Prix des droits de l'homme de la République française, hier, à Paris.


A la dernière minute, les autorités iraniennes ont refusé de lui rendre son passeport, confisqué l'an passé. «Si seulement ils avaient pu me donner une raison valable... Mais je n'ai reçu aucune réponse», regrette l'intellectuel iranien.

Une centaine d'opposants en prison

Salam, Neshat, Khordad...



A Téhéran, le nom d'Emadeddin Baghi, 43 ans, visage fin et barbe brune, est associé aux années Khatami, celles de l'assouplissement de la censure et des kiosques remplis de nouveaux journaux : Mais à la fin des années 90, ces quotidiens disparaissent l'un après l'autre sous les foudres de la justice conservatrice. Leurs rédacteurs en chef sont jetés derrière les barreaux. «D'après nos statistiques, environ 137 000 prisonniers sont recensés à travers le pays, parmi lesquels se trouvent plus d'une centaine d'opposants et une quarantaine de détenus politiques», explique Baghi.


A coups de pétitions et de sit-in devant l'université et le palais de justice, Emadeddin Baghi remue ciel et terre pour la libération du dissident iranien Akbar Gandji, ancien compagnon de cellule, emprisonné depuis cinq ans, et dont la santé ne cesse de se détériorer.


La sonnerie du téléphone interrompt la conversation. L'appel vient d'un captif de Karaj, près de Téhéran, condamné à passer dix ans derrière les barreaux. La voix posée, Baghi lui promet de lui trouver un avocat. «Beaucoup de prisonniers n'ont pas de défense. La torture est psychologique... Je n'oublierai jamais ces trois hommes rencontrés en prison, accusés de s'être enrichis illégalement. Pour les faire craquer, leurs bourreaux inventaient les pires mensonges : «Ta femme s'est remariée», «Ton fils est mort», etc. Désespérés, ils avaient émis le voeu de voir, ne serait-ce que trois minutes, leur épouse avant de subir la peine capitale.»


Contre la peine de mort


La peine de mort : voilà un thème qui ne cesse de hanter Baghi. En Iran, on compte une centaine de condamnations par an. Dans son nouveau livre Le Droit à la vie, Baghi détaille, point par point, les raisons pour lesquelles les autorités religieuses devraient y renoncer. Mais cela fait six mois que l'ouvrage croupit au comité de censure du ministre de la Culture. «Sous Khatami, le comité nous imposait parfois certains changements, mais en général on finissait par obtenir l'autorisation de publication. Avec la nouvelle équipe, on ne nous répond même pas», confie-t-il.


Songe-t-il à baisser les bras ? «Pas question !», s'exclame-t-il. Les pressions sont pourtant nombreuses. Deux autres de ses livres attendent une autorisation. Lancé à l'automne 2004, son quotidien Jomhouriyat a été interdit au bout de deux semaines. Le mensuel Jameh yé now, dont sa femme était la directrice, a également été suspendu. «Je suis convaincu que ce n'est pas avec des slogans qu'on obtiendra la démocratie. En Iran, l'apprentissage démocratique se fera par les organisations de la société civile», insiste Baghi.

Par Takana - Publié dans : Politique
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Mercredi 14 décembre 2005 3 14 /12 /2005 16:49
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que le génocide juif de la Seconde Guerre mondiale était un mythe, provoquant aussitôt des condamnations internationales.

© Reuters
Ahmadinejad avait déjà laissé entendre la semaine dernière que l'extermination de six millions de juifs par les nazis était une légende, ce qui lui avait valu une réprimande des Nations unies.
"Ils ont fabriqué une légende sous le nom de 'massacre des juifs' et placent cela plus haut que Dieu lui-même, que la religion elle-même, que les prophètes eux-mêmes", a-t-il déclaré mercredi lors d'un discours prononcé à Zahedan, dans le sud-est de l'Iran, et retransmis en direct à la télévision nationale.
Ahmadinejad a accusé le gouvernement israélien et ses alliés d'hypocrisie et réitéré son appel à transférer l'Etat juif de la "Palestine profonde" à l'Europe, aux Etats-Unis ou au Canada.
"Si votre civilisation consiste en actes injustes, en oppression et en pauvreté pour la majorité du globe afin de garantir le bien-être à votre peuple, alors nous hurlons de toutes nos forces que nous haïssons votre frêle civilisation", a-t-il ajouté devant une foule qui scandait "Dieu est grand".
Ahmadinejad accumule depuis le mois d'octobre les propos belliqueux à propos d'Israël, dont il a souhaité la disparition en déclarant que l'Etat juif était une "tumeur" et devait "être rayé de la carte".
Pour le ministère israélien des Affaires étrangères, les derniers commentaires d'Ahmadinejad prouvent que l'Iran est un "régime dévoyé" qui ne respecte pas les normes internationales.
NUCLEAIRE: LA QUESTION SE COMPLIQUE
"La combinaison de l'idéologie extrémiste, d'une perception pervertie de la réalité et de (la menace) des armes nucléaires est une combinaison que personne au sein de la communauté internationale ne peut accepter", a déclaré le porte-parole du ministère, Mark Regev.
Les Etats-Unis accusent Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil, ce que l'Iran nie catégoriquement.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a déclaré que les propos d'Ahmadinejad sur l'Holocauste risquaient de peser sur les efforts de l'Union européenne visant à surmonter le problème du nucléaire iranien.
"Les récentes déclarations du président iranien (...) sont assurément scandaleuses et inacceptables", a-t-il dit à des journalistes. "Je ne peux nier qu'elles pourraient peser sur nos relations bilatérales et naturellement aussi sur les négociations qui portent sur le dossier nucléaire."
Emma Udwin, porte-parole de la Commission européenne, a également jugé "totalement inacceptable" le discours d'Ahmadinejad. "De telles interventions ne contribueront pas à redonner confiance quant aux intentions de l'Iran."
La presse iranienne d'obédience "dure" s'est ralliée aux premières déclarations du président sur l'Holocauste mais le Front de participation de l'Iran islamique (réformiste) publie un article sévère mercredi dans le quotidien libéral Sharq.
"La provocation (...) et ce type de propos, qui ne sont bénéfiques ni aux Iraniens ni aux Palestiniens opprimés, ne feront que renforcer un soutien consensuel au régime (israélien) et une attitude unifiée contre l'Iran", écrit-il.
Des historiens estiment qu'Ahmadinejad se considère comme un dirigeant populaire et panislamique à la manière de l'ayatollah Ruhollah Khomeini au moment de la Révolution islamique de 1979.
Selon l'analyste iranien Mahmoud Alinejad, Ahmadinejad multiplie les sorties anti-israéliennes pour renforcer l'influence de l'Iran sur les pays en délicatesse avec l'Ouest.
"Il y a une perception, fondée sur l'expérience passée, selon laquelle l'Iran ne parvient à faire reculer l'Occident que lorsqu'il devient menaçant", explique Alinejad.
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Samedi 17 décembre 2005 6 17 /12 /2005 11:14
Ahmadinejad défie une nouvelle fois la communauté internationale. Il a promulgué une loi disant que l'Iran pourrait se soustraire à un régime renforcé de contrôle de ses activités nucléaires si le dossier est envoyé devant le Conseil de sécurité.

Le président ultraconservateur a intimé l'ordre à l'Organisation iranienne de l'énergie atomique d'être prête à appliquer cette loi, rapporte samedi l'agence Fars.

Le texte a été adopté par le Parlement le 20 novembre dernier, avant une réunion de l'exécutif de l'Organisation internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui s'est abstenu de renvoyer le dossier nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

La loi, signée par M. Ahmadinejad, joue clairement de la menace de se désengager du protocole additionnel au Traité de non-prolifération (TNP), qui soumet l'Iran à un contrôle strict de ses activités nucléaires de la part de l'AIEA. L'adhésion à ce protocole a été signée par le précédent gouvernement iranien, mais n'a jamais été ratifiée par la chambre.

Le texte laisse aussi planer la menace d'une reprise de l'enrichissement d'uranium, auquel une grande partie de la communauté internationale presse l'Iran de renoncer.

Des pourparlers pour reprendre le dialogue sur ce sujet doivent se tenir mercredi entre des experts de haut niveau iraniens et de trois pays de l'Union européenne (Allemagne, France, Grande-Bretagne). La prochaine réunion de l'exécutif de l'AIEA qui se penchera sur le dossier nucléaire de l'Iran est prévue en mars.


Dessin de Barrigue paru dans Le Matin (Lausanne)
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Lundi 19 décembre 2005 1 19 /12 /2005 18:56

L’adoption par la sixième conférence ministérielle de l’OMC d’un « paquet développement » en faveur des pays les moins avancés (PMA) paraissait acquise vendredi. Les représentants des pays riches ont aussitôt célébré « une avancée ». Le négociateur européen, le commissaire Peter Mandelson, y voit un « message clair délivré depuis Hong Kong aux pays les plus pauvres et les plus demandeurs de développement dans le monde ». « Nous voulons être aussi généreux que possible », a renchéri son homologue américain, Rob Portman. La réalité est hélas beaucoup plus terre à terre et ressemble à un insupportable marché de dupes. Le contenu du « paquet » en question est composé en effet de trois ingrédients : une exonération complète des droits de douane et de quotas pour toutes les marchandises exportées depuis les 32 PMA membres de l’OMC, à l’exception des armes ; la mise à leur disposition d’un système d’aide pour le commerce et l’accord déjà conclu avant le sommet sur l’accès aux médicaments génériques.

des dispositions défavorables au sud

Seule la première disposition peut avoir quelque effet bénéfique sur l’activité et l’emploi dans ces pays, sachant qu’elle ne les sortira pas, tout au contraire, de leur spécialisation, souvent sous l’égide des grands groupes du Nord, sur quelques créneaux particuliers de productions, ce qui les empêche d’accéder à un développement réellement conforme à leurs propres besoins. De plus, la « générosité » des États du Nord sera contenue dans certaines limites, imposées dans le compromis final par les États-Unis ou le Japon, qui ont obtenu de sortir certains produits dits « sensibles » de l’accord.

La deuxième disposition est plus caricaturale encore : sorte de mauvais compromis entre le fameux « trade for aid » de la Maison-Blanche - soit en termes crus : « Fais du commerce et le dieu du marché t’aidera » - et le traditionnel soutien public au développement, qui reste une référence pour d’autres ; l’aide pour le commerce (aid for trade), elle, sera soumise à toute une série de conditions sur la « bonne gouvernance ». Autrement dit : l’accès à ces soutiens, évalués à environ 4 milliards de dollars, sera fonction de la bonne volonté manifestée par les dirigeants des pays en question pour ouvrir leurs marchés, privatiser leurs entreprises nationales, ou encore limiter strictement leurs dépenses publiques.

un « compromis criminel »

Avec la troisième disposition, on dépasse la caricature pour atteindre le niveau de la tartufferie la plus abjecte. L’accord passé une semaine avant le sommet donne en effet l’autorisation aux PMA d’importer des médicaments génériques quand ils ne sont pas en capacité de les fabriquer. Mais le beau geste s’arrête à l’effet d’annonce. Concrètement, il s’agit en effet d’installer dans la durée une disposition prise déjà de façon temporaire en 2003 et dont la principale caractéristique est de s’être révélée impraticable. Car elle est assortie d’une véritable barrière d’accès faite de conditions techniques et d’exigences bureaucratiques si élevées qu’aucun pays pauvre, confronté à la crainte de tomber sous le coup de sanctions, n’a osé ou pu y avoir recours. Des ONG, comme Act Up ou Médecins sans frontières, ne cessent depuis une semaine de clamer leur indignation, dénonçant un « compromis criminel », face aux pressions des multinationales pharmaceutiques. Rappelons que, selon ONUSIDA, près de 10 000 personnes meurent chaque jour du sida dans le monde, dont 95 % dans les pays pauvres.

Le message de « générosité » adressé aux pays pauvres est en partie adressé à ces opinions publiques qui s’inquiètent de l’approfondissement des fractures mondiales, mais il obéit surtout à des intentions beaucoup plus triviales : il s’agit de donner le change aux pays en voie de développement réticents pour qu’ils ouvrent davantage leurs marchés aux services et aux produits manufacturés du Nord. Des parlementaires de plusieurs pays, présents à Hong Kong, alertaient ainsi jeudi sur le retour de tractations sur le dossier de l’AGCS (accord général sur le commerce des services) que l’on avait cru ajournées au début du sommet face aux « blocages » des pays du Sud (voir l’Humanité du 16 décembre). Et là se précise le contenu du marché de dupes proposé.

soumission aux normes libérales

Dans le texte du projet de résolution mis au point avant le sommet par le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, figure en effet des dispositions induisant une soumission maximum aux normes libérales pour les pays membres, en les engageant à respecter des sortes de repères, critères (benchmarks) de bonne gestion. « En fait, on entend ainsi les obliger à ouvrir tous leurs secteurs sans restriction aux appétits des groupes du Nord, y compris l’énergie, l’eau, l’éducation, la santé », s’indigne Caroline Lucas, députée Vert britannique, membre au Parlement européen, du groupe de la gauche unitaire (GUE-GVN).

Ce type de formatage, s’il était adopté dans le texte final, ouvrirait la voie à une dépossession des États du Sud de toute marge d’action autonome et permettrait, de fait, aux multinationales du Nord de se partager entre elles la gestion courante des pays. Soit la mise en place d’une forme de néocolonialisme aggravé, qui montre combien l’émergence aujourd’hui du débat autour d’une certaine loi française n’est sans doute pas uniquement le fait d’une intempestive nostalgie ultraréactionnaire.

nombreux dossiers renvoyés à 2006

L’adoption probable du « paquet développement » pourrait cependant être le seul point d’accord obtenu à Hong Kong, les autres dossiers, qui paraissent encore bien loin de leur état d’achèvement, seront vraisemblablement renvoyés à 2006. L’ébauche de concessions du Sud dans la suite des tractations, si elle était confirmée ce week-end, permettrait cependant de célébrer Hong Kong, selon les termes, préventivement utilisés ici à plusieurs - reprises par Pascal Lamy, comme « une étape » vers un processus toujours plus généralisé de libéralisation.

Quant aux positions sur l’agriculture qui opposent, au premier rang, l’UE aux pays émergents, regroupés au sein d’un G20 emmené par le Brésil, elles semblaient bien trop inconciliables, à l’heure où ces lignes étaient écrites, pour qu’un compromis puisse être adopté d’ici à la fin de ce sommet. Le G20, épaulé par les États-Unis, qui réclament un arrêt de toutes les subventions à l’exportation d’ici à 2010 et une baisse substantielle des barrières douanières, vise en effet un torpillage si explicite de ce qu’il reste de politique agricole commune (PAC) qu’il n’apparaît pas, en l’état, acceptable par le négociateur de l’UE, pourtant très ouvert, on le sait, à une libéralisation jusqu’au bout dans ce domaine.

Bruno Odent

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Dimanche 25 décembre 2005 7 25 /12 /2005 11:11
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TRIPOLI (AFP) - La cour suprême libyenne a ordonné dimanche un nouveau procès pour les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien, condamnés à mort après avoir été accusés d'avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens.

"La cour a accepté le recours des infirmières bulgares et ordonné qu'un nouveau procès se tienne devant la cour pénale de Benghazi" (nord), a annoncé le tribunal. Cette annonce a été faite à l'issue d'une audience d'une heure au cours de laquelle les avocats des infirmières et ceux des familles des victimes libyennes ont pris la parole. Les infirmières et le médecin n'étaient pas présents à l'audience. Les six accusés ont été condamnés en mai 2004 à la peine capitale après avoir été reconnus coupables d'avoir inoculé le sida à 426 enfants libyens, dont 51 sont morts, à l'hôpital de Benghazi (nord). Cette affaire a pris un tournant nouveau vendredi avec l'annonce d'un accord entre Tripoli et Sofia pour la création d'un fonds de compensation international au bénéfice des enfants libyens atteints du sida et des familles des enfants morts de cette maladie, en partenariat avec l'Union Européenne, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Emprisonnés depuis près de sept ans, ils clament leur innocence, soutenus par l'Union européenne et les Etats-Unis. Les experts occidentaux jugent également les accusations fantaisistes, estimant que les enfants ont probablement été contaminés par les mauvaises conditions d'hygiène à l'hôpital.
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Jeudi 29 décembre 2005 4 29 /12 /2005 12:08

Act Up obligé de retirer l’image du chef de l’UMP, mais les visuels sont déjà sur les murs et sur la Toile.

Sobre et provocatrice, l’affiche se résume à la mine racoleuse du ministre de l’Intérieur, encadrée d’un simple « Votez Le Pen ». Elle est signée Act Up et le 9e Collectif des sans-papiers. En cause : la politique de Nicolas Sarkozy à l’égard des étrangers, que l’association de lutte contre le sida n’hésite plus à qualifier de « raciste », la multiplication des expulsions, y compris de malades, le démantèlement de l’aide médicale de l’État, seul dispositif d’accès aux soins pour les sans-papiers, ou encore la remise en cause du séjour de plein droit pour raisons médicales.

Placardée sur les murs de Paris, diffusée sur Internet, l’affiche s’est taillé un franc succès (15 000 connexions le jour de sa mise en ligne), déclenchant l’ire et les réactions offusquées des lieutenants du chef de l’UMP. Pierre Lellouche, secrétaire national de l’UMP, l’a aussitôt qualifiée de « propagande de type totalitaire ». Ce même Pierre Lellouche s’était illustré, en novembre 1998, sur les bancs de l’Assemblée nationale, par sa ferveur antipacs. « Il n’y a qu’à les stériliser ! » avait-il alors lancé en séance à propos des homosexuel-le-s (1). Patrick Devedjian, l’ex-nervi d’Occident, la juge « odieuse ». Les Jeunes populaires, organisation de jeunesse de l’UMP, conseillent sans rire à Act Up de « continuer un combat digne contre le sida plutôt que de venir sur le terrain politicien ». Quant à Gay Lib, le club rassemblant les homos de l’UMP, qui s’est fait plutôt discret à l’occasion du procès pour homophobie du député UMP Christian Vanneste, il estime qu’« Act Up n’est plus crédible depuis longtemps » et que l’association « dessert la cause des gays en abusant de la provocation gratuite ».

DE NOMBREUSES PRESSIONS

Mais les pressions ne se sont pas arrêtées aux déclarations outragées. Si l’UMP n’est pas intervenue directement, Act Up a été contrainte de retirer le visuel de son site Internet après des menaces de poursuites judiciaires pour « contrefaçon » émanant du photographe auteur du cliché utilisé. L’image, pour les besoins publicitaires du patron de l’UMP, est pourtant largement reproduite et diffusée sur Internet. « Il n’est pas sûr que nous aurions perdu s’il y avait eu un procès. Mais financièrement, nous n’avions pas les forces de l’assumer », explique Éric Labbé, porte-parole de l’association (voir ci-contre). Quelques jours plus tôt, plusieurs militants d’Act Up avaient été interpellés et conduits au commissariat pour un contrôle d’identité alors qu’ils collaient l’affiche incriminée dans la capitale. D’autres interpellations de ce type ont eu lieu à Nanterre, où les affiches placardées sur le local occupé par le 9e Collectif des sans-papiers ont été arrachées par les forces de l’ordre. Un petit avant-goût de la manière dont le ministre de l’Intérieur entend s’occuper de ses opposants ?

(1) http://www.assemblee-nationale.fr/cri/leg11/html/19990072.asp#08536

Pour adresser vos dons

à Act Up Paris : BP 287, 75525 Paris CEDEX 11.

Rosa Moussaoui

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