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Sport

Jeudi 15 décembre 2005 4 15 /12 /2005 11:43

Football . La Fédération italienne de football va finalement ouvrir une enquête après le salut fasciste adressé dimanche à ses supporters par le capitaine de la Lazio, Paolo Di Canio.

La première fois, en janvier dernier, son salut fasciste à l’adresse des supporters de la Lazio lui avait valu 10 000 euros d’amende. Cette fois, quelle sanction prendre à l’encontre du capitaine de la Lazio Roma, Paolo Di Canio, coupable du même geste, retransmis à la télévision, lors du match contre Livourne dimanche dernier ? Surtout quand l’intéressé, alors que des institutions juives italiennes se sont émues, déclare « si maintenant nous sommes aux mains de la communauté juive, c’est la fin ».

S’il risque en théorie une amende, voire une suspension pour un ou quelques matchs, le pouvoir sportif ne semble pas prêt à saisir le taureau par les cornes, en dépit des récentes affaires de racisme et de violence dans les stades italiens. La semaine dernière, un match de Coupe d’Italie entre Naples et l’AS Roma a donné lieu à des bagarres qui ont fait quinze blessés. Franco Carraro, le président de la FIGC, s’est borné à réclamer des joueurs, dirigeants et tifosi, plus de « sobriété ». Une mollesse qui s’explique par le contexte politique à droite estime l’universitaire Stefano Pivato. Il enseigne l’histoire contemporaine à l’université d’Urbino (1).

Que signifie, selon vous, ce deuxième salut fasciste lancé par Di Canio, est-ce d’abord un salut « fasciste », ou simplement « romain », comme certains le soutiennent en Italie ?

Stefano Pivato. C’est d’abord un geste crétin. Un geste qui offense, dans un pays qui a subi des lois raciales, qui a subi la dictature mussolinienne. Mais surtout, plus que « romain », je dirais que c’est un geste purement de la Lazio. Les supporters de ce club sont traditionnellement de droite, et certains d’extrême droite. Les « Svastika », la nostalgie de Mussolini s’affichent volontiers dans certaines parties des tribunes. Tout cet attirail contribue à alimenter un climat de violence, c’est extrêmement grave. Surtout qu’il me semble que cette affaire prend plus de relief à l’étranger qu’en Italie... Il faut bien mesurer que la droite italienne n’est ni la droite allemande, ni la française ou la britannique : elle gouverne actuellement avec des ex-néofascistes. Cette anomalie est gommée dans l’opinion en raison du parcours de l’Alliance nationale, qui depuis dix ans est parvenue à anesthésier le public. L’autre aspect, et je crois que peu de gens l’ont noté, c’est que c’est une infraction à la législation : l’apologie du fascisme est prohibée par la Constitution italienne.

Les réactions politiques en Italie témoignent bien de la politisation assumée du geste de Di Canio...

Stefano Pivato. L’actualité du fascisme est une réalité dans le débat politique du pays, à droite. Ignazio La Russa, le président des députés de l’Alliance nationale, a par exemple réagi en disant « chacun peut saluer comme il l’entend ». Bien sûr que non ! Paolo Di Canio est un personnage public, qui incite à la violence, c’est tout : combien d’Italiens en réalité se reconnaissent dans son attitude ?

Mario Pescante, le ministre des Sports, a plutôt réagi mollement, en estimant qu’il avait retourné le problème dans tous les sens, sans trouver de solution à la violence. L’intrusion de la politique dans les stades est-elle une nouveauté ?

Stefano Pivato. Non, la politisation des supporters en Italie est loin d’être une nouveauté. Les franges des supporters de la Lazio sont plutôt marquées à droite, celles de l’AS Roma (en réalité, les supporters de la Roma habitent souvent les faubourgs), à gauche, tout comme celles de Livourne, comme on a pu le voir lors du match de dimanche dernier, le geste de Di Canio était aussi à l’adresse de ces supporters-là, une forme de provocation de Di Canio qui a désigné Livourne, lors d’une interview à une radio, comme un « fief rouge ». Ce sont des formes d’identification étranges d’ailleurs, si l’on songe que le club finalement le plus populaire en Italie, la Juventus de Turin, est celui des premiers des capitalistes italiens, les Agnelli...

Que peut faire le pouvoir sportif ? Après les insultes visant le joueur noir de Messine, Marc Zoro, la Fédération italienne de football s’est contentée, en guise de protestation, de faire débuter les matchs avec cinq minutes de retard... Là, elle annonce une enquête...

Stefano Pivato. Si le pouvoir sportif déclare publiquement son impuissance, ce qui entre nous est grave, je crois que c’est à la justice ordinaire de réagir. Lorsqu’il y a apologie du fascisme, et c’est le cas, c’est aussi simple que cela : c’est un délit manifeste.

(1) Auteur de les Enjeux du sport, collection XXe siècle, Casterman-Giunti.

Entretien réalisé et traduit par Lionel Venturini

Par Takana - Publié dans : Sport
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Jeudi 22 décembre 2005 4 22 /12 /2005 16:15
"Le 14 décembre 2005, un nageur anglais, Lewis Pugh, a battu deux records du monde. Celui de la traversée la plus au sud du globe et celui du temps passé dans une eau polaire", rapporte l'hebdomadaire scientifique Nature. Lewis Pugh a en effet entrepris de nager 1 kilomètre dans l'Antarctique à 65° de latitude Sud. Le nageur, simplement vêtu d'une combinaison, est resté trente minutes dans une eau qui se maintient, grâce au sel, à 0 °C.

"Des gens normaux seraient sans doute morts en moins d'une minute à cause du choc thermique", explique James Butcher, du journal médical britannique The Lancet. "N'importe qui peut s'habituer au froid, il suffit de s'immerger régulièrement pendant cinq minutes. Une fois dans l'eau, il faut éviter que les muscles ne s'engourdissent, en maintenant le corps à une température acceptable. Le meilleur moyen est de produire de la chaleur en nageant avec beaucoup d'énergie", répond Michael Tipton, physiologiste à l'université de Portsmouth. Lewis Pugh s'est entraîné en prenant de fréquentes douches d'eau froide et en nageant dans des bassins spécialement aménagés.

Selon les chercheurs, les femmes ont une plus grande aptitude que les hommes à nager dans les eaux très froides, à cause de leur tendance à emmagasiner de la graisse sur les muscles des bras et des jambes, graisse qui agit comme un isolant. C'est d'ailleurs une femme qui détenait jusqu'à présent le record du monde de nage en eau polaire. Lynne Cox avait attribué son succès au fait que son corps était composé de 36 % de graisse (la moyenne pour les femmes étant d'environ 20 %).
Par Takana - Publié dans : Sport
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Samedi 24 décembre 2005 6 24 /12 /2005 11:44
VIOLENCES En désaccord avec ses décisions, les joueurs de La Ricamarie (Loire) auraient voulu régler son compte au directeur de jeu.
Christophe Cornevin
[24 décembre 2005]

LE FOOTBALL amateur est en émoi après l'agression dont a été victime Slim, un arbitre de 19 ans roué de coups par des joueurs et des supporteurs mardi dernier lors d'une rencontre à La Ricamarie, une banlieue «sensible» de Saint-Étienne (Loire).


Hier, six joueurs locaux, dont cinq mineurs, ont été mis en examen pour «violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à huit jours, commises en réunion à l'occasion d'une manifestation sportive». Un éducateur du club a été quant à lui inquiété pour «complicité». Entraîneur adjoint, il aurait incité spectateurs et joueurs à se jeter sur l'arbitre. Niant pour la plupart les faits reprochés lors de leur garde à vue, les suspects ont été reconnus par leur victime. Étudiant en première année de biologie, l'arbitre souffre de multiples contusions à la tête et d'une épaule luxée. Il s'est vu délivrer une incapacité totale de travail (ITT) de dix jours.



Carton rouge

Mardi soir, vers 21 heures, Slim arbitrait une rencontre de championnat de district des moins de 18 ans opposant La Ricamarie-Montrambert à l'US Feurs. Le match a vite viré à l'aigre. Après une multiplication de fautes émaillées d'insultes, le jeune arbitre a sorti le carton rouge : trois joueurs de La Ricamarie ont été expulsés. La fin du match a été sifflée quelques minutes avant la fin du temps réglementaire.


L'entraîneur adjoint, ulcéré, aurait exhorté les supporters et des joueurs à «punir» l'homme en noir. Aux cris d'«à mort l'arbitre !» et «nique l'arbitre !», une vingtaine de personnes ont jeté des projectiles sur Slim avant de le rouer de coups. Sans l'intervention de l'équipe visiteuse, puis de la police, il aurait été lynché. Semblant ignorer la tournure judiciaire du dossier, le président du club de La Ricamarie-Montrambert a soutenu que ni les dirigeants et ni les joueurs n'avaient pris part au «tabassage».


De son côté, la section Loire de l'Union nationale des arbitres de football (Unaf) appelle depuis un mois ses membres à faire grève pour protester contre les violences dont une dizaine d'entre eux ont été victimes depuis le début de la saison.


Dans une lettre adressée hier à Jean-Pierre Escalette, président de la Fédération française de football (FFF), le ministre de la Jeunesse et des Sports Jean-François Lamour juge «indispensable que toutes les conséquences de telles dérives puissent être tirées dans le champ relevant du mouvement sportif». Le patron de la FFF est invité à faire connaître son «sentiment sur les conditions d'extension de l'adaptation du règlement sportif pour réagir et responsabiliser davantage les équipes afin que tels faits soient éradiqués». La ligue de football Rhône a ouvert la voie en excluant certains clubs où l'on confondait compétition et violence.

Par Takana - Publié dans : Sport
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Samedi 14 janvier 2006 6 14 /01 /2006 16:36
Au lendemain de la mort d'un garçon d'une dizaine d'années renversé par une voiture participant au Dakar-2006, un autre garçon, âgé de 12 ans, est décédé samedi après avoir été heurté par un camion d'assistance au Sénégal, a annoncé l'organisation du rallye-raid.

«La Fédération sénégalaise des sports automobiles et cyclistes et l'organisation du Dakar ont été informés par la brigade de gendarmerie de Kaffrine d'un accident de circulation sur la RN1 en fin de matinée, sur l'itinéraire emprunté par les véhicules d'assistance», a déclaré Gilbert Ysern, directeur général délégué du groupe ASO, qui organise la course.

«Au km 200, entre Tambacounda et Dakar, un accident concernant un camion d'assistance a coûté la vie à un garçon de 12 ans», a-t-il ajouté.

Le Dakar-2006 avait déjà été endeuillé par la mort du motard australien Andy Caldecott, lundi, et d'un garçon d'une dizaine d'années heurté vendredi par la voiture de l'équipage letton formé de Maris Saukans (36 ans) et d'Andris Dambis (47 ans), qui s'est retiré de la course après l'étape.
Par Takana - Publié dans : Sport
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Lundi 16 janvier 2006 1 16 /01 /2006 16:12
 
L'édition 2006 du Paris-Dakar, qui s'est terminée dimanche 15 janvier, a causé trois morts, celle d'un motard australien qui participait à la course, et celle de deux enfants qui se contentaient, eux, de la regarder passer.
Mais ces morts n'ont pas gâché la joie de Luc Alphand, qui a remporté le rallye. (au sec...)
Dessin de Kroll
paru dans Le Soir (Bruxelles)
 
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Dimanche 2 avril 2006 7 02 /04 /2006 11:46
Un rassemblement de supporters d’extrême droite a dressé un plan d’action pour “semer la terreur” lors de la Coupe du monde de football, raconte un reporter italien qui s’était infiltré parmi eux.

Braunau am Inn est encore sous la neige. C’est ici, dans la ville natale d’Hitler, que se sont donnés rendez-vous les supporters xénophobes les plus acharnés du Vieux Continent, pour signer un pacte nazi-fasciste en vue de la Coupe du monde de football [qui se déroulera en Allemagne du 9 juin au 9 juillet]. L´objectif est de réaliser des attaques ciblées, afin de subvertir toutes les règles de la cohabitation civile pendant la période du Mondial. Faire du grabuge au nom de Hitler et de la haine raciale envers les musulmans en général et les Turcs en particulier – “Feinde zu vernichten”, les ennemis à exterminer –, et, bien sûr, contre la police.

Le document signé dans cette paisible petite ville à la frontière entre l’Autriche et l’Allemagne fixe un programme qui fait froid dans le dos : assauts prémédités contre les forces de l’ordre, embuscades tendues aux supporters “ennemis”, parades nazies et fascistes, étalage de drapeaux ornés de croix gammées et de croix celtiques, svastikas revisitées pour tenter d’éviter l’apologie, symboles SS, faisceaux de licteur, chœurs célébrant l’Holocauste et autres chants du même acabit, comme le sifflement inventé par certains supporters anglais et néerlandais pour imiter le son des chambres à gaz. Un hooligan du Feyenoord de Rotterdam est venu spécialement pour montrer ce sifflement à ceux qui en ignoraient encore l’existence. Cheveux platine au ras de la nuque, rangers violets, front zébré d’une cicatrice, il émet un interminable “sssssssssssssssssssssssss”. Il doit avoir 25 ans.

Ce sont des skinheads locaux, me dit-on, qui ont organisé la rencontre. Je compte les têtes – elles ne sont pas toutes rasées – qui s’agitent dans le hangar : soixante-dix environ. La délégation italienne est nombreuse : dix hooligans liés aux mouvements d’extrême droite, comme Forza Nuova et Fronte Veneto Skin. “Vise un peu cet Anglais, y rigole pas !” s’exclame un extrémiste romain. Un Blue Lion d’âge mûr, vieille garde des supporters du Chelsea. Ses bras, énormes et flasques, sont couverts de tatouages, du dragon à la svastika, en passant par des mots d’amour, liés ou non au monde du foot. Il les fait tournoyer en criant “Bad ! Bad ! Bad !”, donnant un avant-goût du chaos que créeront les dix mille supporters anglais (dont au moins la moitié – d’après Scotland Yard – sont des hooligans) qui assisteront au premier match de leur équipe nationale, le 10 juin prochain à Francfort, contre le Paraguay.

En fin de soirée, l’ambiance se détend, et les fanatiques de Shalke 04 et du Bayern de Munich se lancent les premiers dans une longue suite de “Hitler-Gruss”, le salut nazi. Ils sont suivis par des énergumènes des Braunau Bulldogs, les hooligans de la ville. Ici, l’apologie du nazisme et la négation de l’Holocauste constituent un délit. Mais ce sont des détails auxquels aucune personne de l’assistance ne semble accorder la moindre importance. Ce qui leur importe vraiment, c’est de programmer les rendez-vous avec la violence dans les nombreuses villes qui accueilleront les matches de la Coupe du monde.

Les supporters français de l’Olympique de Marseille, en Bomber’s verts et bretelles, ressemblent, eux, à des agneaux. Ils acquiescent lorsque les Allemands expliquent qu’il faut attaquer la police loin des stades, dans les lieux les plus inattendus, où les forces de l’ordre seront donc en position minoritaire. Les Français avouent qu’ils n’ont rien prévu de particulier, mais que, pendant les deux mois et demi qui les séparent du coup d’envoi de la Coupe du monde, ils se démèneront pour que la France “ne fasse pas mauvaise figure aux yeux du monde”. Les Néerlandais – c’est un scoop – confirment qu’ils ne renonceront pas à se présenter en Allemagne avec des casques nazis orange [couleur nationale néerlandaise]. Ce qui semble beaucoup amuser l’un des chefs des hooligans Sur, les supporters franquistes du Real Madrid. Il est peintre en bâtiment, comme Hitler, qui naquit ici même en 1889.

Paolo Berizzi
La Repubblica
Par Takana - Publié dans : Sport
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