PARIS (AFP) - L'animateur Marc-Olivier Fogiel et la chaîne France 3 ont décidé de se désister de l'appel qu'ils avaient formé à l'encontre du jugement du tribunal correctionnel de Montpellier en date du 29 septembre 2005, les condamnant pour injure raciale à la suite d'une plainte de l'humoriste Dieudonné.
Selon un communiqué de PAF Productions, la société de production de Marc-Olivier Fogiel, et de la chaîne, la Cour de Montpellier a été informé officiellement de ce désistement.
Marc-Olivier Fogiel ayant déjà eu l'occasion de s'exprimer publiquement tant sur l'origine que sur le sens du SMS incriminé, diffusé le 5 décembre 2003 dans l'émission de France 3 "On ne peut pas plaire à tout le monde", la décision de se désister de l'appel traduit une volonté d'apaisement, note le communiqué.
A cette occasion, Marc-Olivier Fogiel et France 3 présentent à nouveau leurs regrets à tous ceux que la diffusion de ce SMS a pu choquer. Ils rappellent que "le sens de celui-ci était bien évidemment de souligner que toute forme de racisme est intolérable".
Censure. La Sacem s'est opposée à la participation d'une chanson parodiant des propos de Nicolas Sarkozy dans la compilation CQFD des Inrocks.
Un montage disponible sur le site hébergeant les deux artistes (DR)
S électionnée par les Inrockuptibles, la chanson "Tous les tizenfants" du groupe formé par Polémix et La Voix Off, basée sur une interview de Nicolas Sarkozy, devait faire partie de la compilation "CQFD", éditée par le magazine et en kiosque le 28 décembre 2005. Les deux membres du groupe "ont eu la joie d'apprendre que (leur) morceau avait été sélectionné parmi 7.000 maquettes. Cela représentait une extraordinaire opportunité de faire connaître un peu notre travail au niveau national". Sur la soixantaine d'artistes choisie pour les compilation des trois dernières années, la moitié a en effet signé dans une maison de disque depuis la sortie des disques. Un véritable tremplin.
Condamnations
Mais c'était sans compter sur la Sacem. Partenaire de l'opération "CQFD", la Société de gestion collective du droit d'auteur pour la musique a informé les Inrockuptibles fin novembre qu'elle s'opposait à la diffusion du titre, estimant que celui-ci n'était "pas diffusable".
Raisons invoquées: le montage des propos de Nicolas Sarkozy rappellerait certains crimes commis par les nazis, comme la sélection d'êtres humains ou leur suppression pour inutilité. La Sacem affirme également que le ministre de l'Intérieur ne tolèrera pas de tels propos et menace les auteurs de lourdes condamnations.
"Censure"
Le groupe crie à la "censure" et se dit "diffamé puisqu'on (lui) prête une intention qu'(il) n'a jamais eue, à savoir faire passer Sarkozy pour un fasciste". Les membres du groupe expliquent que leur intention n'était pas de diffamer ou d'insulter, comme le prétend la Sacem, mais de "faire rire avec de l'absurde" et affirment que leur titre a déjà été diffusé "sur Europe-1, sur Nova, et sur une vingtaine de radios associatives en France, sans que cela n'ait créé aucun problème". La Sacem a cependant convaincu les Inrockuptibles et le morceau ne figure pas dans la compilation. En novembre, Nicolas Sarkozy était lui-même intervenu pour faire interdire la publication d'une biographie de sa femme, Cécilia.
Décidemment, la Xbox 360 fait beaucoup parler d'elle ! Après avoir attirée les foudres avec les jeux rayés et les problèmes de plantages, la situation semble s'inverser puisqu'il semblerait que les utilisateurs de la console de Microsoft soient sur le point d'avoir accès à la première puce pour la console nouvelle génération, la Xbox 360. En effet, l'équipe d'Infinity Mods a réussi à faire tourner des jeux copiés sans problème... encore mieux, l'installation ne prendrait pas plus de 25 minutes !
Les concepteurs contre les "puceurs", une bataille sans merci
On entend souvent dire que tout ce qui a été fait peut être défait. S'il y a bien un domaine où cette expression semble valable, c'est dans celui des nouvelles technologies. Dans le monde de la musique, le but du jeu est d'outrepasser les protections des CD pour en avoir une copie (souvent plus pratique) sur son ordinateur ou encore de "casser" la protection DRM. Pour les films, on cherchait à en réduire la taille, pour avoir accès à sa vidéothèque plus simplement en les conservant sur son disque dur. De même pour les jeux qui, on en parlait plus tôt, se rayent trop facilement. C'est pourquoi depuis plusieurs années maintenant, il est généralement possible de conserver ses originaux dans un coffre fort, et de jouer sur sa console avec une copie à l'aide d'une puce qui, une fois implantée sur la console, fait sauter les analyses de routine quand à l'origine du contenu du support amovible. Bien évidemment, tout le monde aura compris que ces possibilités de copies, favorisent également le piratage.
Malgré tout les efforts de Microsoft pour protéger sa console, le site Infinity Mods annonce la disponibilité prochaine de la première puce pour Xbox 360, qui permet donc de déverrouiller la console pour les jeux non-originaux. Toutefois, on ne parle pas encore de l'installation d'un pingouin dans les entrailles de la bête même si peu de temps après la sortie, on ne peut que saluer la prouesse technique. La disponibilité de la puce n'est pas encore connue, mais au vue des 2 semaines annoncés au départ, il y'a fort à parier pour que l'on puisse avoir la puce avant la Xbox 360, si les problèmes d'indisponibilité ne sont pas résolus.
Rappel des faits. En 2003, un consommateur se plaint de ne pouvoir ni lire ni copier sur son Macintosh le CD audio Testify de Phil Collins. Quelle est la cause ? La mise en place d'un système de protection anti-copie installé sur le support audio par Warner Music France. Le 28 mai 2003, UFC-Que Choisir et le particulier assignent alors la maison de disques pour "défaut de conformité et violation du droit à la copie privée". La Fnac, distributeur du produit, est attaqué de son côté pour "défaut d'information".
Dans sa décision du 10 janvier 2005, le TGI de Paris donne raison au plaignant et à l'association de défense des consommateurs. Warner Music doit verser 59,50 euros au client du CD et 5 000 euros à l'UFC-Que Choisir au titre de dommages et intérêts. En outre, la major a désormais interdiction "d'utiliser des mesures de techniques de protection sur le CD de Phil Collins qui empêchent la réalisation de copie privée sur tout support". Sous astreinte d'une amende de 150 euros par jour à compter de deux mois à partir de la date du jugement.
La copie privée confortée
A priori, Warner Music devra donc retirer tous les CD Testify de Phil Collins des bacs pour les remplacer par des supports qui autorisent copie à titre privée de l'œuvre, quel que soit le support final (CD vierge, disque dur, MP3, cassette...). La maison de disques n'a pas retourné nos appels pour savoir, notamment, si elle comptait faire appel de cette décision.
Après un premier arrêt de la Cour d'appel de Versailles du 15 avril 2005 concernant une impossibilité de lecture d'un CD d'Alain Souchon, puis celui de la Cour d'appel de Paris du 22 avril 2005 suite à l'impossibilité de faire une copie du contenu d'un DVD sur un magnétoscope (affaire aujourd'hui en Cassation), le récent jugement du TGI de Paris confirme les consommateurs dans leur droit à user de l'exception de copie privée. "Le principe est désormais établi : les mesures de protection technique ne doivent pas faire obstacle à la réalisation de copie privée sur tout support", estime l'UFC.
Ce jugement, qui tend à faire jurisprudence, pose un véritable problème pour les maisons de disques confrontées au piratage des œuvres. En tentant de protéger les contenus qu'elles distribuent face à la diversité des systèmes de lectures (lecteurs de salon, autoradios, systèmes d'exploitation informatique divers...), les majors se heurtent à des incompatibilités technologiques, sources de mécontentement des utilisateurs.
Et quand les éditeurs pensent avoir trouvé la solution technique, c'est parfois aux dépens de la sécurité de l'ordinateur du consommateur. Sony-BMG en a fait les frais. En utilisant des outils informatiques (rootkit) permettant la lecture de certains de ses produits musicaux sur les ordinateurs (mais pas la copie), Sony-BMG a essuyé une série de plaintes de consommateurs mais aussi de certains Etats américains et canadiens (voir édition du 11 janvier 2006).
Vers une limitation de la copie privée ?
Et la situation risque de perdurer. En France, du moins. Le projet de loi DADVSI, dont les discussions devraient reprendre à l'Assemblée le 8 février, ne remet pas en cause le droit à la copie privée mais favorise tout de même les mesures de protections anti-copie.
A l'occasion de la réouverture des débats au parlement, le nombre de copies autorisées pourrait être précisé noir sur blanc. Lors de la présentation du projet de loi (voir édition du 19 décembre 2005), Renaud Donnedieu de Vabres, le ministre de la Culture, évoquait le nombre de 5 copies autorisées. "C'est un retour en arrière", estime-t-on à l'UFC, "actuellement, la loi ne restreint pas le nombre de copies."
D'autant que cette exception à la copie privée est, pour les ayants droit, compensée par une taxe sur les médias vierges (CD, disques durs de baladeurs, mémoire Flash, cassettes...). Une redevance qui a généré environ 165 millions d'euros en 2004 et qu'il faudrait, en toute logique, supprimer en cas de disparition de l'autorisation de copie privée.
Le cinéaste Bertrand Tavernier a décidé de résilier son abonnement à la revue mensuelle Que Choisir ?, à laquelle il reproche son soutien à la licence globale, dans une lettre datée du 20 janvier rendue publique mardi. "Etant donné la prise de position de UFC-Que Choisir? par rapport à la licence globale, je vous demande de résilier mon abonnement à votre revue", affirme le réalisateur dans sa lettre. "Par vos manoeuvres, par vos décisions calamiteuses, vous torpillez mon métier, mon gagne-pain. Je vais donc devoir faire des économies, commençons par vous", poursuit-il. "Vos positions témoignent de ce que j'appellerai le versant nationaliste de la défense du consommateur. Il faut satisfaire ses désirs et sa bourse même si cela bouleverse une industrie et la met à mal", déplore-t-il. Le 21 décembre, lors de la discussion du projet de loi sur le droit d'auteur, l'Assemblée nationale avait créé la surprise en adoptant, contre l'avis du gouvernement, deux amendements identiques PS et UMP tendant à permettre les échanges de fichiers, notamment musicaux, par les réseaux internet de "peer to peer" (P2P, de "pair à pair"), contre le versement d'une redevance (licence globale). Cela avait provoqué un tollé dans la filière musicale et le monde du cinéma.
C'était en 1996, dans les studios de TF1. Face à face, Saparmourad Niazov, président-dictateur du Turkmenistan, et un quatuor patronal, dont Patrick Le Lay et Martin Bouygues. Le tout baptisé "Edition spéciale" et animé par Jean-Claude Narcy. Le Quotidien Perm@nent nouvelobs.com s'est procuré la vidéo.
COMMENT Bouygues instrumentalise-t-il TF1 pour servir son business ? Question récurrente, preuves délicates. Dans un livre-enquête très détaillé * sur les relations qu’entretient le groupe de BTP avec Saparmourad Niazov, le dictateur turkmène, l’un des pires de la planète, David Garcia en apporte précisément une que nous avons visionnée et que nous invitons nos lecteurs à regarder eux aussi. La scène se déroule en 1996, dans un studio de TF1, à Boulogne-Billancourt. Face à face, Niazov -auquel le groupe a, alors, déjà livré une mosquée, un palais présidentiel…- et un quatuor patronal: Martin Bouygues, Patrick Le Lay (TF1), Pierre Gadonneix (GDF) et Jacques Rocher-Machart (EDF). Face à eux, on retrouve un Jean-Claude Narcy, très accorte, en arbitre de ce "débat", pompeusement intitulé "Edition Spéciale".
TF1 venant d’être choisie pour moderniser la télé turkmène, cela valait bien cette interminable émission de quarante minutes. Mais –et c’est là le plus drôle– elle ne sera, selon l’auteur, jamais diffusée sur TF1, contrairement à ce qu’on avait fait croire au despote. Bouygues a ses pudeurs… Dommage parce qu’entendre Niazov dire "je vous considère tous comme des amis", c’est du miel. Par ailleurs, Bouygues a bien sûr remporté un certain nombre de contrats au Turkmenistan…
Véronique Groussard (Nouvel Observateur)
* "Le pays où Bouygues est roi" (éditions Danger Public, 2006).
Le Syndicat National de l'Edition Phonographique (SNEP) accuse à nouveau le P2P et ses clients internautes. Le chiffre d'affaires des maisons de disques aurait baissé de 12% au premier trimestre 2006 contre la même période en 2005. Dans le même temps, le syndicat des majors se félicite de l'orientation prise par le Sénat.
Le SNEP fait grise mine en feuilletant le bilan des ventes de disques pour le premier trimestre 2006. Le chiffre d'affaires a baissé de 12,5% par rapport à 2005 (à 277,1 millions d'euros), et de 14% en volume. Le développement très fort du marché numérique, qui a triplé pour atteindre 11,2 millions d'euros et 5% des ventes de gros, ne suffit pas à compenser la crise. La rapidité du développement du marché du téléchargement et des sonneries, couplé aux économies qu'il permet de réaliser par rapport à une distribution physique, annonce toutefois un équilibre du secteur et probablement une croissance.
Pour justifier la baisse de 2006, l'industrie innove : elle accuse le Peer-to-Peer. Selon le Syndicat, le débat sur le projet de loi sur le droit d'auteur dans la société de l'information aurait "créé un effet d'aubaine pour le téléchargement illégal". Les internautes, se sachant à l'abris de toute poursuites dans l'état actuel de la loi, auraient sauté en masse sur les services d'échanges illicites pour profiter une dernière fois du vide juridique, en attendant la mitraille.
Ce matin, le SNEP publie également un communiqué pour exprimer sa " confiance dans le travail mené par le Sénat, et en premier lieu la Commission des Affaires culturelles". La filière musicale juge que "les travaux constituent une amélioration sensible des dispositions votées à l'Assemblée Nationale", et "elle se réjouit tout particulièrement du nouveau dispositif relatif à l'interopérabilité proposé par la Commission". Ce nouveau dispositif, qui n'a pas encore été voté par le Sénat, reviendrait sur le dispositif musclé imposé à Apple et Microsoft pour garantir réellement l'interopérabilité, pour le substituer à une interopérabilité négociée par médiation. Une belle avancée du Sénat, par laquelle les industries informatiques passeront d'une interopérabilité subie à une interopérabilité choisie. En revanche, le SNEP s'inquiète du souhait de la Commission de faire disparaître le volet civil de l'amendement Vivendi, qui aurait contraint les éditeurs de logiciels de P2P français à se plier aux exigences de filtrage de la filière musicale et cinématographique. "Cette disposition est un élément crucial de la mise en place d'un cadre légal approprié pour l'exploitation de la musique", juge le Syndicat qui feigne d'ignorer que l'ensemble des logiciels de P2P sont actuellement réalisés hors de France, et qu'une telle disposition ne s'appliquerait donc pas à eux. Ils se fichent en outre du fait que l'amendement ferait peser un aléa juridique très lourd sur l'industrie française du logiciel, déjà affaiblie dans l'environnement concurrentiel qui est le leu.
Que le SNEP se rassure, Michel Thiollière a toutefois changé d'avis sur cette question, et le dispositif civil de l'amendement Vivendi a bel et bien été réintroduit dans les propositions de la Commission...
81 % des Français souhaitent qu’Harry Roselmack, le remplaçant estival de Patrick Poivre d’Arvor, continue à présenter le 20 heures de TF1 : le journaliste antillais semble faire l’unanimité en sa faveur ! C’est en tout cas l’indication donnée par un sondage CSA qui paraît ce matin dans Le Parisien/Aujourd’hui en France. On peut certes toujours gloser sur la valeur des sondages et objecter que la formulation "81 % des Français" inclut malgré eux ceux qui n’ont pas la télé ou n’ont jamais regardé le journal de Roselmack. Mais tout de même : la nouvelle apparaît comme réconfortante, venant démentir ceux qui pronostiquaient un rejet du présentateur noir par des téléspectateurs racistes. 75 % des personnes interrogées se déclarent en effet satisfaites de sa prestation, contre 4 % seulement d’insatisfaites, 26% ne se prononçant pas. Remarquons au passage que les partisans de son maintien à l’antenne sont plus nombreux que ceux qui disent l’apprécier !
Quoi qu’il en soit, ce plébiscite sonne comme un désaveu en creux de Patrick Poivre d’Arvor, qui reprendra son fauteuil vendredi prochain. Rappelons que PPDA a débuté en tant que présentateur de la grand-messe en 1976 sur l’Antenne 2 de l’époque, rôle qu’il assumera jusqu’en 1983, avant de rejoindre TF1 lors de sa privatisation en 1987 pour ne plus jamais ensuite laisser sa place. Une longue carrière émaillée de deux accrocs déontologiques majeurs : la fausse interview de Fidel Castro en 1991, les images montrant d’Arvor posant des questions et Castro y répondant, alors que le leader maximo donnait en réalité une conférence de presse, et une condamnation en 1996 pour "recel d’abus de biens sociaux" à quinze mois de prison avec sursis et à 200 000 francs d’amende, pour avoir bénéficié des largesses de l’homme d’affaires Pierre Botton, gendre du député-maire de Lyon de l’époque, Michel Noir. Beaucoup ne s’en seraient pas relevés, mais PPDA a professionnellement survécu à ces deux affaires et continué tranquillement d’officier au 20 heures. Peut-être, au bout de trente ans, devrait-il songer à passer la main ? Le triomphe de Roselmack pourrait bien hâter le mouvement.