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Economie

Mardi 24 janvier 2006 2 24 /01 /2006 17:31
Arrêté la veille pour une affaire de malversations présumées, Takafumi Horié, a démissionné mardi de la direction générale du portail Internet.

Celui qui déclarait « je serai le maître du monde » est aujourd’hui dans la tourmente. Le jeune patron de Livedoor n’a jamais fait l’économie de déclarations à l'emporte-pièce, souvent arrogantes et provocatrices. Il avait ainsi affirmé dans une interview que «même si quelqu'un triche, c'est acceptable si aucune loi n'est violée. L'éthique change avec le temps». Cette exubérance se retourne désormais contre lui. Démissionnaire, ll est remplacé par Kozo Hiramatsu, un des dirigeants de Livedoor et patron de la filiale logiciels de comptabilité du groupe, Yayoi. A noter aussi que le nouveau patron de Livedoor ne sera pas membre du conseil d'administration.

La presse japonaise fustige le « modèle Horié »

«L'attitude flamboyante de Horié et ses fréquentes apparitions à la télévision ont fait croire à l'opinion que le président de Livedoor était un leader capable de vaincre le désarroi» des Japonais après l'éclatement de la bulle spéculative et la récession des années 1995-2005, estime le quotidien conservateur Yomiuri. Faisant sa Une mardi comme tous ses confrères sur l'arrestation du jeune homme, le quotidien nationaliste Sankei Shimbun en profite pour lancer un rappel à l'ordre dans un édito intitulé: «Cessons de suivre la voie Horié».

Le quotidien Nikkei, la bible des milieux d'affaires, relativise et estime que «ce qui est au cœur du scandale Livedoor, ce n'est pas un choc de valeurs entre les générations, ni un combat entre les vétérans du patronat et les nouvelles sociétés du net. Ce qui est en cause, ce sont les méthodes de management opaques et frauduleuses qui tournent le dos aux règles du marché».

La querelle des Anciens et des Modernes

La chute du PDG du portail internet Livedoor, Takafumi Horié, est aussi celle d'un modèle de management fondé sur la soif de l'argent et un mépris ouvert des règles du jeu, un modèle de réussite que les Japonais disent aujourd'hui repousser mais qui les a fascinés.

Cette descente aux enfers du groupe et surtout de son jeune patron est observée avec délectation par tous ceux qui, au sein du très hiérarchique monde des affaires japonais, étaient exaspérés par l'arrogant «gamin» entrepreneur, ses tenues décontractées, ses déclarations à l'emporte-pièce et ses méthodes de management agressives. Mais l'arrestation de Horié, et le déluge de révélations sur les malversations qui lui sont imputées, désole également les nombreux Japonais pour qui le jeune PDG de Livedoor symbolisait le dynamisme, le changement et l'esprit d'entreprise dans un Archipel réputé conservateur et frileux.

Cette bataille entre «le Vieux et le Jeune Japon» a atteint son paroxysme durant l'hiver 2005, lorsque Livedoor a lancé sur la chaîne de télévision Fuji TV la première offre publique hostile de l'histoire du pays.

Par Takana - Publié dans : Economie
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Jeudi 4 mai 2006 4 04 /05 /2006 07:26
L'or à un nouveau plus haut depuis 25 ans et demi

LONDRES (ATS) Le prix d'une once d'or a atteint un nouveau plus haut depuis 25 ans et demi à Londres. Le métal jaune est soutenu par la faiblesse persistante du dollar et les tensions géopolitiques, en particulier sur la question du nucléaire iranien.

L'or a atteint 665,65 dollars l'once sur le London Bullion Market, un niveau plus vu depuis la mi-octobre 1980. Au fixing du soir, une once valait 661 dollars.

"Le facteur principal de soutien aux cours ces derniers temps, c'est la faiblesse du dollar, à laquelle s'ajoute le contexte géopolitique mondial", a commenté Yingxi Yu, analyste à la banque Barclays Capital.

La faiblesse du dollar rend l'or plus abordable pour les acheteurs étrangers, et stimule en conséquence la demande. A la mi-avril, quand un euro valait 1,21 dollar et que le dollar s'échangeait contre 118 yens, l'once coûtait 600 dollars. Depuis, le billet vert a cédé près de 5% à l'euro et environ 4% au yen, et le prix de l'once d'or progressé d'environ 10% en conséquence.

Par ailleurs, dans un contexte géopolitique tendu, et alors que la communauté internationale exerce des pressions sur l'Iran pour le contraindre à renoncer à son programme nucléaire, les investisseurs parient sur la valeur refuge du métal jaune.

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Les prix exorbitants du pétrole constituent une menace à la sécurité énergétique du monde

WASHINGTON, 2 mai (XINHUA) -- Le ministre du Pétrole d'Arabie saoudite, Ali al-Nuaimi, a indiqué mardi à Washington que les prix exorbitants du brut constituaient une menace à la sécurité énergétique du monde et que cela ne correspondait pas aux intérêts des pays producteurs de pétrole.

S'exprimant au Centre des études stratégiques et internationales à Washington, le responsable saoudien a estimé que la montée en flèche des cours du pétrole avait créé "un climat de crainte et d'incertitude sur les marchés du pétrole et parmi les consommateurs".

"Ce n'est pas une situtation dans laquelle qui que ce soit puisse se sentir confortable", a-t-il dit, "les prix à ces niveaux ne sont dans l'intérêt ni de l'Arabie saoudite ni des Etats-Unis".

Le ministre a souligné que l'assurance de la sécurité de l'approvisionnement énergétique représentait un défit tant pour les pays producteurs de pétrole que pour les pays consommateurs.

"La base d'une sécurité énergétique soutenue réside en un prix suffisamment bas pour éviter de nuire aux consommateurs, et aussi suffisamment élevé pour assurer des gains adéquats sur les investissements aux producteurs", a-t-il estimé.

"Je pense que nous devons agir avec détermination, car la voie que nous poursuivons actuellement constitue une menace véritable à un boom continu et une spirale qui nous prive de la stabilité et de la prévisibilité, qui garantissent une croissance économique saine", a encore dit le ministre.

Il a également fait savoir que l'Arabie saoudite injecterait de nouveaux investissements dans son industrie pétrolière et du gaz, réaffirmant que son pays maintiendrait sa production pétrolière au niveau de 1,5 à 2,0 millions de barils par jour.

Dans la crainte d'une diminution des approvisionnements dans l'hypothèse où l'Iran, important exportateur de pétrole confronté actuellement à une pression internationale visant à faire arrêter son programme nucléaire, suspende ses exportations de pétrole, les cours du brut n'ont cessé de remonter ces derniers jours. Mardi, le baril de "light sweet crude" pour livraison en juin, principal contrat du New York Mercantile Exchange, se négociait à 74,61 dollars, frôlant le record de 75,35 dollars établi la semaine dernière sur ce marché. Fin
Par Takana - Publié dans : Economie
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Vendredi 5 mai 2006 5 05 /05 /2006 18:44
Voilà une nouvelle qui risque de faire grincer pas mal de dents chez les automobilistes et les associations de consommateurs. Dans un contexte de flambée des prix des carburants, le groupe Total a annoncé jeudi un bénéfice net de plus de 3,3 milliards d'euros au premier trimestre. C’est 16% de plus que l’année dernière à la même époque.
Des sommets inédits
Faire de la route avec sa voiture, c'est devenu un luxe. Si vous partez, en ce week-end du 8 mai, vous allez encore sentir la facture. Le prix de l'essence ne cesse de monter : il frôle désormais les 1,50 euros. Alors, quand un groupe comme Total dévoile le montant record de son bénéfice du début d’année, cela a de quoi rendre colère les automobilistes et les associations de consommateurs. Accrochez-vous bien : Total a annoncé jeudi (4 mai) une progression de 16% de son bénéfice net ajusté au premier trimestre 2006, une variation supérieure aux prévisions des analystes. Depuis le premier janvier, le quatrième groupe pétrolier mondial a gagné 3,376 milliards d'euros. Son chiffre d’affaires s’est élevé à 39,605 milliards (+19%).

Total a confirmé son objectif d’accroître sa production de 4% par an, jusqu’en 2010. Le recul de la production au premier trimestre 2006 s'explique "principalement par l'effet prix pour plus de la moitié de la variation, par les effets de périmètre et par l'impact des incidents au Nigeria", a souligné le groupe dans un communiqué.
Taxer les bénéfices ?
Pour Total, les affaires continuent. Tout simplement parce que la compagnie recherche et vend un produit de plus en plus cher. En un an, le prix du baril de pétrole a augmenté de 30% en raison des tensions internationales et de la demande mondiale. La Chine, l'Inde et les Etats Unis sont totalement assoiffés d'or noir. Et ça, l'automobiliste le paie : il aurait laissé 200 euros de plus à la pompe l'an dernier, selon "Que Choisir". Cela ne préoccupe pas que les associations de consommateurs. Jean-Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois, a estimé hier les compagnies pétrolières apparaissaient comme les grands gagnants de cette période. Cela irrite l'opinion, dit-il sans se prononcer pour l'instant sur une solution.

En France, Thierry Breton doit bientôt revoir les compagnies pétrolières, comme Dominique de Villepin le lui a demandé. Mais le ministre de l’Economie n'a, a priori, pas l'intention de taxer les bénéfices, comme le réclame "Que Choisir". Déjà interrogé en début d'année sur des superprofits du groupe pétrolier et de BNP Paribas, il avait répondu qu'il ne voulait pas critiquer des entreprises qui font des profits.

Catherine Mangin
Par Takana - Publié dans : Economie
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Lundi 26 juin 2006 1 26 /06 /2006 19:00
La Banque Internationale des Règlements demande un nouveau système financier global pour régler les problèmes d’endettements mondiaux. (Bank for International Settlements)

Le système économique et monétaire du monde est brisé. Bien sûr, ceci n’est pas une nouvelle toute fraîche pour les lecteurs réguliers de Trumpet. Ce qui est nouveau c’est que dans un changement brusque de position, l’une des principales autorités dans les opérations bancaires dans le monde, la Banque Internationale des Règlements, donne maintenant des avertissements concernant une économie mondiale dangereusement mal équilibrée et demande une “révision totale du présent système économique global” (Telegraph, le 20 février).

De plus, dans un autre revirement radical, cette banque internationale a suggéré que plusieurs des nations du monde devraient abandonner leur monnaie et adopter un des plus petits nombres de blocs de monnaies formelles “basé sur le dollar, l’euro, le renminbi ou le yen”.

Pour qu’une banque de cette importance demande une action aussi radicale, elle a certainement reconnu un grave problème.

Ce problème est le niveau d’endettement accéléré !

La Banque Internationale des Règlements a particulièrement accusé les politiques d'inflation de la Banque d'Angleterre pour sa responsabilité dans le niveau record d’endettement des ménages de la Grande-Bretagne, en disant qu’en “abaissant autant les taux d'intérêt, la Banque d'Angleterre a encouragé le public à s’endetter davantage” et a créé des déséquilibres dangereux.

Lorsqu’une banque centrale conserve les taux d'intérêt à un aussi bas niveau, elle rend l'argent moins dispendieux à emprunter. Par conséquent, les gens sont mieux disposés à augmenter leur endettement pour alimenter leurs dépenses. Cette augmentation d’approvisionnement en argent facile et les dépenses supplémentaires subséquentes (financées par la dette) se traduisent par une demande croissante de biens et a pour résultat une augmentation des prix de ces biens, comme dans le marché des logements.

Attirer les gens pour qu’ils s’endettent davantage, comme mentionné par cette banque l’année dernière, revient à dire que “les banques centrales du monde … ont maintenu les taux d'intérêt au même niveau ou sous les taux de l'inflation” (le 29 juin 2005). La Banque Internationale des Règlements a particulièrement attaqué les États-Unis pour leur “conduite d’une politique monétaire et fiscale très libérée.” La Banque Centrale Européenne a mentionné qu’en Europe aussi, “les taux d’intérêt étaient à des niveaux historiquement bas” et lorsqu’ils sont ajustés pour l'inflation ils sont pratiquement à zéro ou négatifs, comme c’est le cas aux États-Unis.

Lorsque les taux d'intérêt ajustés pour l'inflation sont à zéro ou négatifs, ils détruisent l'encouragement des gens pour l’épargne. Par exemple, si vous deviez mettre $100 dans un compte d'épargne qui rapporte un taux d'intérêt de 3 pour-cent, à la fin de l’année vous auriez $103. Cependant, si le taux d'inflation se situe à 4 pour-cent, à la fin de l’année (et en tenant compte de l’intérêt que vous avez gagné) votre $100, en fait, vaut seulement $99, selon les termes ajustés pour l’inflation.

En d'autres termes, plus vous épargnez de l'argent, plus vous perdez de l'argent.

Dans son récent rapport, la banque a mentionné que le problème de l’endettement s’est étendu au-delà de la Grande-Bretagne et qu’il était particulièrement mauvais “dans un certain nombre de pays anglophones où une baisse depuis une décennie dans le taux des épargnes des ménages et une augmentation significative dans la consommation” se sont produites.

Comme rapporté par le Telegraph, la Banque Internationale des Règlements souligne le fait que les pays avec les plus grands déficits extérieurs, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, sont aussi les pays avec les plus grands “déséquilibres internes,” comme l’augmentation des loyers et les prix des autres biens. En conséquence, cette augmentation “a amené une plus haute perception de richesse, et plus de dépenses” et plus de dettes.

Mais en composant avec les taux négatifs d'économies des ménages dans les pays anglophones, il arrive, au niveau fédéral, que ces mêmes pays accumulent aussi les déficits et détiennent des dettes de plus en plus grandes, contribuant encore plus aux déséquilibres comme des bulles de biens.

C’est tout particulièrement le cas aux États-Unis, où le déficit courant est maintenant à un niveau record de presque 7 pour-cent du produit intérieur brut du pays (la valeur de tous les biens et tous les services produits dans une année). Lorsque d’autres pays, comme l’Argentine ou la Russie, ont approché et même dépassé ce pourcentage, leur monnaies ont éprouvé une baisse considérable en valeur.

Donc, où nous mèneront tous ces déséquilibres ? Vers un crash énorme, le plus grand de tous les temps.

Ce qui empêche ce genre de crash présentement est le fait que la demande pour le dollar américain est toujours très forte parce que le dollar est la monnaie de réserve mondiale, un statut qui est maintenant mis au défi. Une fois ce statut en détérioration, alors surveillez bien!

Comme les déséquilibres économiques de l'Amérique et les dettes s’accumulent, même le statut actuel de l'Amérique comme le contrôleur de la monnaie de réserve ne l'empêchera pas de devenir vulnérable à l'effondrement monétaire et à l'hyper-inflation.

Puisque l’augmentation des impôts et la suppression des avantages et des services sont synonymes de suicide politique, surveillez bien nos dirigeants gouvernementaux lorsqu’ils essaieront de prendre un chemin apparemment plus facile pour se sortir des dettes, un chemin qu’ils ont déjà commencé à planifier, un chemin qui pourrait bien être caché pour encore un peu de temps. Le chemin inflationniste!

Les États-Unis et les autres pays anglophones sont dans un péril financier. Serez-vous pris dans l’ignorance ?
Par Takana - Publié dans : Economie
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Dimanche 23 juillet 2006 7 23 /07 /2006 18:37
ACCUSATIONS L'économiste français Christian Jacquiau révèle que le commerce éthique n'améliorerait en moyenne le revenu des petits planteurs du tiers-monde que de 6 francs par mois.

Payer quelques centimes de plus en choisissant des bananes équitables du Costa Rica ou du Pérou chez Coop et Migros, est-ce un moyen avisé d'aider les petits producteurs défavorisés du sud? On peut en douter après avoir lu «Les coulisses du commerce équitable. Mensonges et vérités sur un petit business qui monte», un pavé de presque 500 pages, signé par Christian Jacquiau.

Pour cet économiste, expert-comptable, le commerce équitable, et plus particulièrement son champion, Max Havelaar, n'a jamais cessé de dévier de son objectif initial, celui d'aider les paysans du tiers-monde à offrir leurs produits dans des conditions sociales acceptables. «En 2004, Max Havelaar a distribué 50 millions d'euros aux petits producteurs, c'est-à-dire à un million de personnes. Faites le calcul, chacun a perçu 50 euros supplémentaires par an, soit 4 euros par mois. L'équivalent de 6 francs suisses», souligne amèrement Christian Jacquiau.

«C'est un mieux!»
Réaction indignée de Didier Deriaz, responsable de la communication de Max Havelaar en Suisse romande. «Ce n'est pas la panacée, mais c'est un mieux. Et surtout, de plus en plus de consommateurs en Occident sont convaincus par le commerce équitable! Au Sud, toujours plus de producteurs et ouvriers en profitent», lâche-t-il.

Avec 30 francs par an, les Suisses sont d'ailleurs les champions du monde de l'achat éthique, loin devant les Pays-Bas ou l'Angleterre. Un peu plus d'une banane sur deux (56%) et une fleur sur trois, vendues dans la Confédération, portent le label équitable! Pour le miel, Max Havelaar occupe 13% du marché, pour les jus de fruit, 6%. En clair, le commerce équitable est devenu un acteur de tout premier plan dans la Confédération.

54 inspecteurs pour 1 million de producteurs
Seulement voilà, cet argent, déboursé par les nantis, va-t-il véritablement aux petits producteurs? Non, pas forcément, répond Christian Jacquiau, expert-comptable, qui assène un coup de massue: il n'y aurait que 54 inspecteurs dans le monde entier, travaillant en free-lance et à temps partiel pour la certification et les contrôles d'un million de petits producteurs! En 2003, il n'y avait que 38 inspecteurs pour visiter le monde entier. En fait, chaque inspecteur n'a même pas les moyens de passer une seule petite minute avec chaque producteur.

Contrôle par fax
«En fait ce contrôle ne se fait pas sur le terrain, mais à l'aéroport, dans une chambre d'hôtel ou même par fax», assure l'économiste. L'heureux bénéficiaire de ce commerce équitable peut donc fort bien être un très gros propriétaire terrien ou une multinationale. Un reportage passé sur M6 montrait un riche planteur d'agrumes, labellisé Max Havelaar, se bronzant au bord de sa piscine, alors que ses ouvriers agricoles continuaient à crier misère.

«Dans tous les systèmes, il peut y avoir des profiteurs. Mais je peux vous assurer que Max Havelaar fait non seulement des contrôles, mais des contrôles sur les contrôles. Nous bénéficions de la norme internationale ISO 65», répond Regula Weber, porte-parole de Max Havelaar pour la Suisse. Regula Weber tient toutefois à préciser que Max Havelaar Suisse est indépendant de Max Havelaar France, souvent mis en cause dans «Les coulisses du commerce équitable».

Paola Ghillani, l'ancienne directrice du numéro 1 suisse du commerce équitable, sans approuver la totalité de ce livre, reconnaît que Max Havelaar pèche sérieusement au niveau des contrôles. Son témoignage a d'autant plus de poids qu'elle a présidé de 2001 à 2004 Flo (Fairtrade Labelling Organisations), qui s'occupe justement au niveau international des contrôles du commerce équitable.

De son côté, Carole Vann, d'«InfoSud», qui a parfois publié des articles critiques sur la stratégie de Max Havelaar, soutient malgré tout leur stratégie. «Ils font un boulot sérieux, et surtout, Max Havelaar donne des impulsions qui vont dans le bon sens. Grâce à leurs actions, les multinationales sont contraintes de moins exploiter les petits producteurs», souligne-t-elle.

«Les coulisses du commerce équitable», Christian Jacquiau. Editions Mille et une nuits. 461 pages.
© Le Matin Online

Par Takana - Publié dans : Economie
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Mardi 15 août 2006 2 15 /08 /2006 19:04

PHILADELPHIE (Reuters) - Monsanto annonce l'achat de Delta and Pine Land, un producteur et distributeur de graines de coton, pour 1,5 milliard de dollars.

Les actionnaires de Delta and Pine recevront 42 dollars par action, soit une prime de 16% sur le cours de clôture de Delta and Pine de lundi.

Monsanto, qui financera l'opération par de la trésorerie et de la dette, compte qu'elle soit relutive la deuxième année suivant sa réalisation.

Cette annonce intervient alors que les deux entreprises étaient en procès à la suite d'une tentative de fusion avortée en 1999.

Delta and Pine, basé à Scott (Mississippi), est considéré comme un leader du coton et gère le plus important et le plus ancien programme privé de culture de graines de coton au monde.

Ce dernier a annoncé cet été l'achat des activités coton de Syngenta, qui comprennent des actifs en Inde, au Brésil, en Europe et aux Etats-Unis.

Le segment du coton s'inscrit dans la stratégie de croissance de Monsanto, qui élabore des produits de lutte contre les insectes et les mauvaises herbes.

Monsanto a toutefois été poursuivi l'an passé par plus de 90 cotonniers texans qui lui reprochent un énorme manque à gagner de récolte parce que le chimiste, affirment-ils, ne les a pas prévenus d'un défaut dans une semence de coton génétiquement modifiée, ce que dément Monsanto.

Par Takana - Publié dans : Economie
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Samedi 28 octobre 2006 6 28 /10 /2006 18:50
De notre correspondant à Washington PIERRE-YVES DUGUA.

Le taux de croissance au troisième trimestre est tombé à 1,6 % en rythme annuel, son plus faible niveau en trois ans.

 
PLUS DURE est la chute pour l'Amérique, qui a tiré une grande partie de sa prospérité ces dernières années du boom de son secteur immobilier. Le retournement, beaucoup plus brutal que prévu, des prix et de l'investissement résidentiel est en train de menacer la santé de l'économie tout entière. De juin à septembre les dépenses immobilières des ménages se sont effondrées de 17, 4 %, après un recul de plus de 11 % au cours des trois mois précédents. Du jamais-vu depuis la récession de 1991. « La composante immobilier a représenté un frein énorme à la croissance au troisième trimestre. On peut vraiment se demander combien de temps les dépenses personnelles de consommation vont rester fortes à mesure que l'immobilier ralentit », résume Mary Ann Hurley, de la maison de titres D.A. Davidson à Seattle.
 

Or ce sont largement les dépenses de consommation qui ont sauvé la croissance au troisième trimestre puisqu'elles ont progressé de 3,1 %, contre 2, 6 % au cours des trois mois précédents. Au total, après avoir déjà sensiblement décéléré au deuxième trimestre, le Produit intérieur brut (PIB) américain n'a progressé que de 1,6 % en rythme annuel entre juin et septembre, son score le plus médiocre depuis trois ans. Le chiffre est sensiblement inférieur aux 2 % attendus par les experts.

En pleine campagne pour les élections au Congrès, qui ont lieu le 7 novembre prochain, la Maison-Blanche a tenté de minimiser la portée du ralentissement américain, en affirmant que « tout le monde s'y attendait ». Mais cela n'a pas calmé les inquiétudes. Aux États-Unis, l'effet richesse qui pousse les ménages à consommer dès lors que leur patrimoine s'apprécie, rend l'activité du pays dépendante des cycles boursier et immobilier. Or, les prix immobiliers baissent désormais franchement. La chute du prix médian d'une maison neuve aux États-Unis a même atteint 9,7 % en septembre. Il faut remonter à décembre 1970 pour constater pareil effondrement. Le prix des maisons anciennes recule aussi à un rythme jamais vu depuis quarante ans. Plus inquiétant : David Seiders, économiste de l'Association des professionnels de la construction résidentielle (National Association of Home Builders) anticipe une poursuite de la chute des prix des maisons neuves en 2007.

Le stock d'invendus diminue

Ceux qui veulent voir le verre à moitié plein observent cependant que les baisses de prix des maisons réveillent la demande, et que le stock de maisons neuves invendues, qui avait atteint des sommets ces derniers mois, a enfin commencé à se dégonfler. Ce qui pourrait marquer un tournant dans la récession dont souffre le secteur. Alan Greenspan, ancien patron de la Fed, fait partie de ces irréductibles optimistes. Il a, cette semaine, indiqué qu'à ses yeux « en matière immobilière, la plupart des mauvaises nouvelles sont derrière nous » Et que « la croissance au quatrième trimestre devrait être raisonnablement bonne et certainement meilleure qu'au troisième ».

 

Richard Yamarone, économiste d'Argus Research, partage lui aussi cette analyse : « L'immobilier a certes pesé sur la conjoncture, mais n'oublions pas qu'il s'agit là du trimestre écoulé. » Pour l'avenir, il compte sur une accélération de la consommation, soutenue par la chute sensible des prix de l'énergie. Les ménages y sont déjà sensibles : leurs dépenses se sont bien tenues en octobre et l'indice de l'humeur des consommateurs, publié hier par l'Université du Michigan, montre une amélioration sensible. Il est passé de 85,4 en septembre à 93,6 en octobre.

La Fed confortée

Enfin, les autres moteurs de la croissance américaine continuent de tourner à plein régime. Il s'agit notamment des dépenses d'investissement et de construction des entreprises. Leur rythme de croissance a pratiquement doublé par rapport au second trimestre pour atteindre 8,6 %.

En tout cas, la banque centrale américaine qui souhaitait calmer la croissance pour réduire les pressions inflationistes renaissantes peu estimer avoir en grande partie rempli sa mission. Sur le front de l'inflation, les nouvelles sont effectivement encourageantes. L'indice des dépenses personnelles de consommation n'a progressé qu'au rythme de 2,5 %, après un bond préoccupant de 4 % d'avril à juin. Sans tenir compte des secteurs volatils de l'énergie et des produits alimentaires, la hausse se réduit de 2,7 % au second trimestre, à 2,3 % au troisième. Une tendance qui ne peut que satisfaire la Fed. Sachant qu'un retour en dessous de 2 % correspondrait pleinement aux objectifs implicites de Ben Bernanke, le patron de la Banque centrale.

Depuis le début août, cette dernière observe un statu quo sur ses taux directeurs. L'évolution récente de la conjoncture ne peut que la conforter dans ses décisions de politique monétaire.

Par Takana - Publié dans : Economie
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Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /2009 12:16
par Eric deCarbonnel
10 février 2009

 A la suite de la lecture d’articles sur la sécheresse sévissant dans deux pays agricoles majeurs, la Chine et l’Argentine, j’ai décidé d’analyser les conséquences que celle-là pouvait avoir pour d’autres pays à production agricole importante. Après une analyse plus longue que prévue, il apparaît que 2009 se présente comme une année de désastre humanitaire affectant la majeure partie de la planète.
Pour comprendre la gravité de la catastrophe alimentaire qui menace le monde cette année, examinez la carte ci-dessous, qui indique en dollars US la valeur de la production agricole des différents pays  pour l’année 2006.

cliquez sur l'image pour l'agrandir

Examinez à présent la carte sur laquelle est représentée la gravité de la sécheresse affectant certains pays.
NdT : les couleurs sont associées aux Etats et non aux régions touchées. Du marron pour une sécheresse (drought) « normale » au rouge vif pour une sécheresse « historique ».

cliquez sur l'image pour l'agrandir

Ceux qui assuraient les deux tiers de la production agricole mondiale connaissent la sécheresse. Que vous regardiez des vidéos sur ses conséquences en Chine, Australie, Afrique, Amérique du Sud ou aux USA, la scène sera toujours la même : misère, récoltes dévastées et bétail en train de crever.

Chine

La sécheresse qui sévit en Chine du Nord, la pire depuis 50 ans, ne fait que s’aggraver et les récoltes d’été sont maintenant menacées. La superficie des zones affectées est de 107 000 km2 (contre 94 000 la semaine dernière), 4.37 millions de personnes et 2.1 millions de têtes de bétail connaissent des restrictions d’eau potable. La pénurie de pluie dans certaines parties des provinces du Nord et du Centre est la pire jamais enregistrée.
La sécheresse, qui a commencé en novembre, menace plus de la moitié de la récolte de blé de 8 provinces - Hebei, Shanxi, Anhui, Jiangsu, Henan, Shandong, Shaanxi et Gansu.

Henan
Cette province, la plus productive de Chine en matière agricole, a émis l’avis d’alerte sécheresse de niveau le plus élevé. Elle a reçu en moyenne 10,5 mm d’eau depuis novembre 2008, soit presque 80 % de moins que sur la même période au cours des années précédentes. Cette sécheresse, qui a commencé  en novembre, est la plus grave depuis 1951.

Anhui
Cette province a émis une alerte rouge pour une sécheresse majeure qui affecte plus de 60 % des cultures au nord de la rivière Huaihe.

Shanxi
Cette province a été mise en alerte orange le 21 janvier. Un million de personnes et 160 000 têtes de bétail sont confrontées à une pénurie d’eau.

Jiangsu
Cette province a déjà perdu plus du cinquième de sa récolte de blé du fait de la sécheresse. Les autorités locales dérivent l’eau de rivières voisines pour tenter de sauver ce qui reste.

Hebei
Plus de 100 millions de m3 d’eau ont été importés dans la province pour réduire les effets  de la sécheresse.

Shaanxi
5 400 km2 de culture sont affectés par une sécheresse qui ne fait qu’empirer.

Shandong
Depuis novembre dernier, la province du Shandong a reçu 73 % de pluie de moins que sur la même période les années précédentes, avec peu d’espoir d’amélioration dans un futur immédiat.

Des aides importantes ont été mises en places. Le gouvernement chinois a alloué 86.7 milliards de yuan (12.7 milliards de dollars) aux zones touchées par la sécheresse. Les autorités ont également procédé à des ensemencements de nuages. Les tirs de 2392 fusées et de 409 obus chargés de produits chimiques ont pu provoquer des averses locales. Il y a cependant une limite à ce qui peut être fait face à une pénurie d’eau d’une telle ampleur.

Comme je l’ai écrit précédemment, la Chine subit actuellement une hyper-inflation et cette sécheresse record aggrave ses problèmes. La Chine produit chaque année 18 % de la production mondiale de céréales.

Australie

Depuis 2004, l’Australie manque d’eau de manière récurrente et 41 % de l’agriculture australienne subissent la pire sécheresse depuis 117 ans que ces données sont enregistrées. La sécheresse a même été si sévère que des rivières ont cessé de couler, que des lacs sont devenus toxiques, et que des exploitants désespérés ont abandonné leurs terres.

A) Le fleuve Murray a cessé de s’écouler dans l’océan et son embouchure s’est ensablée.
B) Les lacs d’Australie du Sud sont en train de s’évaporer et leur niveau est descendu à un mètre au-dessous de celui de la mer. S’ils continuent ainsi à baisser, les sédiments de fond des lacs seront exposés à l’air et s’acidifieront en relâchant de l’acide sulfurique et un cocktail de métaux lourds. Si cela devait se produire, ces lacs deviendraient de manière irréversible des marécages toxiques qui ne pourront jamais être réhabilités. Les seuls moyens pour le gouvernement australien d’éviter une telle catastrophe consisteraient à les approvisionner en eau de mer, de façon à créer une sorte de mer morte, ou ... de prier pour qu’il pleuve.

Dans ces circonstances, on peut ainsi comprendre que le débat sur la réalité du changement du climat soit clos en Australie.

Les Etats-Unis

Californie
La Californie est confrontée à la pire sécheresse jamais enregistrée. Elle s’annonce comme la plus grave de l’époque moderne, pire que celles de 1977 et 1991. Des milliers d’hectares de cultures sont maintenant en friche, et ce n’est pas fini. La couverture neigeuse de la Northern Sierra, zone où se situent certains des lacs de barrage les plus importants de l’Etat, est à 49 % de sa valeur moyenne. Dans tout l’Etat, les agences de l’eau tentent désespérément d’obtenir que l’administration impose des restrictions.



Texas
La sécheresse au Texas atteint un niveau historique. Près d’Austin et de San-Antonio, elle est à un degré qui n’a été dépassé que dans les années 1917-1918. 88 % du territoire du Texas connaissent des conditions anormales et 18 % de l’Etat se trouvent dans des conditions de sécheresse extrême ou exceptionnelle. Les zones concernées ne cessent de s’étendre. Les conditions au Texas sont telles que le bétail dépérit sur des pâturages trop secs et meurt. L’absence de pluie a desséché les pâtures et les éleveurs doivent nourrir leur bétail avec du foin. Les récoltes de blé d’hiver ont subi des dommages irréversibles. Il n’y a pas de précipitations significatives envisagées dans les prévisions à court et long terme, ce qui veut dire que la sécheresse au Texas ne peut qu’empirer.

Région d’Augusta (Géorgie, Caroline du Nord et du Sud)
Cette région connaît depuis deux ans une sécheresse qui ne fait que s’aggraver. Le déficit d’eau de pluie sur 2009 est déjà de 5 cm, ce qui fait de ce mois de janvier le plus sec depuis 1989.

Floride
La Floride a été durement atteinte cet hiver par la sécheresse qui a déjà endommagé les cultures. La moitié de l’Etat est atteinte à des degrés divers par le manque d’eau.

« La Niña » va vraisemblablement aggraver les choses.
De l’eau d’une température de quelques degrés au dessous de la normale s’est accumulée dans le Pacifique Est, ce qui déclenche « la Niña », un phénomène météorologique qui devrait durer au moins jusqu’au printemps. Et qui se traduit généralement par un climat sec pour les Etats de Sud, ce qui n’est vraiment pas ce dont les USA ont besoin actuellement.


Amérique du Sud

Argentine
La pire sécheresse depuis un demi-siècle a changé en poussière le sol autrefois fertile de ce pays, qui est maintenant dans un état extrêmement critique. Des carcasses de bovins jonchent les prairies, les champs de soja sont grillés par le soleil de l’été austral. La production agricole devrait à peine atteindre 50 % de la normale, peut-être moins. La production de blé devrait chuter à 8.7 millions de tonnes, contre 16.3 en 2008. Compte tenu des besoins locaux (de l’ordre de 6.7 millions de tonnes), l’Argentine a bloqué ses exportations depuis la mi-janvier.

Brésil
Le Brésil a révisé ses prévisions de production agricole à la baisse et devra les réévaluer de nouveau lorsque les dommages dus à la sécheresse dans certaines régions seront mieux connus. Le Brésil est le second producteur mondial de soja, et le troisième pour le maïs.
Quelques chiffres pour le maïs :
    récolte en 2008 : 58.7 millions de tonnes
    prévision de récolte au 8 janvier : 52.3 millions de tonnes
    prévision (optimiste) de récolte au 6 février : 50.3 millions de tonnes
    récolte effective en 2009 : ?

Paraguay
La sécheresse sévère qui affecte l’économie paraguayenne a amené le gouvernement à déclarer l’état d’urgence pour l’agriculture. Les cultures qui entrent directement dans l’alimentation du bétail sont dévastées et, dans certaines régions, la récolte de soja est quasiment perdue.

Uruguay
Le mois dernier, l’Uruguay a déclaré l’état d’urgence agricole en raison de la pire sécheresse depuis des décennies : elle menace les récoltes, le bétail et l’approvisionnement en produits frais. Cette sécheresse a provoqué une augmentation des prix de la nourriture et des boissons, la plus forte pour un mois de janvier depuis plus de 4 ans.

Bolivie
Il n’est pas tombé une goutte d’eau en Bolivie depuis presque un an. Le bétail meurt, les cultures sont dévastées, etc.

Chili
La sécheresse sévère qui affecte le Chili a entraîné la mise en état d’urgence de 50 districts ruraux, et de larges secteurs de l’économie vont peut-être subir en mars un rationnement de l’énergie électrique. Ces problèmes sont dus à « la Niña », phénomène climatique qui affecte plus de la moitié du Chili : l’eau du Pacifique qui reste froide, et de hautes pressions atmosphériques, empêchent les entrées nuageuses sur le centre et le sud du pays. Il en résulte un niveau d’eau historiquement bas dans les barrages hydroélectriques et autres retenues  d’eau. 

Corne de l ’Afrique

Conséquence du manque de pluie, l’Afrique subit pénurie de nourriture et famine. De plus, la moitié des terres agricoles ont perdu les substances nutritives nécessaires à la croissance des plantes et un tel déclin de la fertilité des sols ne fait qu’amplifier les effets de la sécheresse.

Kenya
Le Kenya, où aucune pluie n’est tombée depuis 18 mois, est le pays le plus touché de la région. Il lui faut importer de la nourriture pour pallier cette pénurie et éviter la famine à 10 millions d’habitants. Les pays voisins subissent eux-mêmes la sécheresse et ne peuvent contribuer à ces importations

Tanzanie
Une récolte insuffisante due à la sécheresse a amené la Tanzanie à interdire les exportations et à renforcer la sécurité à ses frontières pour les empêcher. 240000 personnes y ont besoin d’un approvisionnement immédiat en produits alimentaires de secours.

Burundi
La production agricole du nord du Burundi a fortement décliné et ce petit pays d’Afrique de l’Est est affecté par une grave pénurie de produits alimentaires.

Ouganda
La sécheresse sévère affectant la région de Karamoja (NE du pays) a amené le pays au bord d’une catastrophe humanitaire. Les conditions de sécheresse et la pénurie de nourriture qui ont réduit le Karamoja à la famine ne pourront vraisemblablement pas s’améliorer avant le mois d’octobre et les prochaine récoltes.

Afrique du Sud
On envisage une pénurie de produits agricoles, car, selon les producteurs de blé de la partie orientale de l’Etat Libre d’Orange, grenier à céréales du pays, la production y sera la plus faible de ces trente dernières années. Les Africains du Sud seraient « très en colère » en raison du renchérissement continuel du prix des denrées alimentaires.

D’autres pays d’Afrique ont également à pâtir de la sécheresse en ce début de 2009 : le Malawi, la Zambie, le Swaziland, la Somalie, le Zimbabwe, le Mozambique, la Tunisie, l’Angola, et l’Ethiopie.

Moyen Orient et Asie Centrale


Le Moyen Orient et l’Asie Centrale subissent la pire sécheresse connue de l’histoire récente. La production de céréales est à son plus bas niveau depuis des décennies. On estime que la production totale de blé dans cette zone est en baisse d’au moins 22 % en 2009. Du fait de la sécheresse généralisée, les capacités des lacs de barrage, des rivières et des nappes pour l’irrigation sont au plus bas. Les principales retenues d’eau en Turquie, Iran, Iraq et Syrie sont toutes à leur niveau le plus bas, ce qui nécessite des restrictions pour l’utilisation de ces réserves. En conséquence des pertes importantes affectant les récoltes, on s’attend à une pénurie significative de semences pour la saison 2010.

Irak
En Irak, pendant la période de croissance des céréales d’hiver, il n’y a pas eu de précipitations mesurables et des surfaces agricoles considérables n’ont tout simplement pas été ensemencées. La région du nord de l’Irak, où la pluie est la seule source d’arrosage, connaît cette année un véritable désastre agricole, avec une production de blé réduite de 80 à 98% par rapports aux chiffres habituels. Le USDA (US Department of Agriculture) estime que la production de blé totale de l’Irak en 2009 sera de 1,3 millions de tonnes soit une réduction de 45% par rapport à l’année précédente.

Syrie
La Syrie doit faire face à la pire période de sécheresse de ces 18 dernières années et l’USDA estime que la production totale de blé en Syrie en 2009 sera de 2 millions de tonnes, soit la moitié de celle de l’année passée. Au cours de l’été dernier, l’approvisionnement en eau  a été interrompu autour de Damas et les habitants de la capitale ont dus s’approvisionner au marché noir. Ce problème est exacerbé par le manque de précipitations au cours de l’hiver.

Afghanistan
L’absence de précipitations a plongé l’Afghanistan dans la pire période de sécheresse de ces dix dernières années. Le USDA estime la production de blé du pays à 1,5 millions de tonnes pour 2008/09, en baisse de 60% ou de 2,3 millions de tonnes par rapport à l’année précédente. La production annuelle normale de blé du pays est de 3,5 à 4 millions de tonnes.

Jordanie
La sécheresse chronique de la Jordanie a empiré, sans aucune précipitation cette année. Le gouvernement a suspendu l’approvisionnement en eau des exploitations agricoles et réserve l’eau à l’alimentation humaine.

Les autres pays du Moyen-Orient et d’Asie Centrale affectés par la sécheresse sont les Territoires Palestiniens, le Liban, Israël, le Bangladesh, le Myanmar, l’Inde, le Tadjikistan, le Turkménistan, la Thaïlande, le Népal, le Pakistan, la Turquie, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, Chypre, et l’Iran.

La crise de crédit va accentuer la pénurie alimentaire

Le manque de crédit a restreint en 2008/09 la possibilité pour les agriculteurs d’acheter des semences et des engrais, ce qui aura pour effet de limiter la production mondiale et viendra s’ajouter aux effets de la sécheresse.

Les bas prix des denrées alimentaires vont aggraver la pénurie de nourriture
Les prix bas de la fin de 2008 n’ont pas encouragé la mise en culture de nouvelles surfaces en 2009. Au Kansas, par exemple, seulement 36 000 km2 ont mis en culture, chiffre le plus bas depuis un demi-siècle. Cette année, les surfaces consacrées au blé ont été réduites de 16 000 km2 aux Etats-Unis et de 4 500 au Canada, ce qui fait que, même sans tenir compte des effets attendus de la sécheresse, les E-U, le Canada et d’autres pays agricoles verront leur production baisser en 2009

L’Europe ne pourra pas compenser les manques

L’Europe, seule zone de forte production agricole qui soit relativement peu affectée par la sécheresse, va sans doute connaître une chute de production marquée, du fait de la combinaison de semailles tardives, de conditions de sol dégradées, de la diminution des entrants (semences et engrais) et de pluies relativement peu abondantes. On peut en attendre une baisse de la production de l’ordre de 10 à 15 %.

Les réserves de produits alimentaires sont dangereusement basses.

Le bas niveau des réserves alimentaires rend particulièrement inquiétante la perspective d’un déclin de la production agricole. Si l’on considère les principaux pays impliqués dans le commerce des produits agricoles (Australie, Canada, Etats-Unis et Union Européenne), la moyenne combinée de leurs surplus annuels a régulièrement décru au cours de ces dernières années :

2002-2005 : 47.4 millions de tonnes
2007 : 37.6 millions de tonnes
2008 : 27.4 millions de tonnes

Ces chiffres sont extrêmement bas, en particulier si l’on retient la possibilité, effrayante, que les 60 millions de tonnes de réserves en céréales de la Chine puissent en fait ne pas exister.

Une catastrophe alimentaire mondiale

Le monde est engagé dans une baisse de la production agricole, qui sera de l’ordre de 20 à 40% en fonction de l’intensité et de la durée de la période actuelle de sécheresse mondiale. Les pays producteurs vont imposer des restrictions aux exportations. Les prix des denrées vont s’envoler et dans les pays pauvres à production agricole insuffisante, des millions de gens seront menacés par la famine.

Le débat sur la déflation devrait cesser dès maintenant

La sécheresse qui affecte les principaux pays producteurs agricoles devrait mettre fin au débat sur la déflation en 2009. La demande en produits agricoles est relativement peu affectée par les incertitudes du monde financier (du moins quand on la compare à l'énergie et aux métaux de base) et, avec 20 à 40 % de chute de la production mondiale, les prix des denrées alimentaires, qui sont déjà en hausse marquée, devraient continuer d’augmenter de façon significative.

En fait, IL FAUT que les prix des produits agricoles augmentent, et très rapidement, de manière à prévenir une aggravation du manque de nourriture, voire de la famine. Les prix du blé, du maïs, du soja, etc. doivent atteindre des niveaux tels qu’ils encouragent la mise en valeur de toutes les terres agricoles disponibles et l’utilisation des engrais les plus performants. Sinon, si le prix des produits agricoles demeure à son niveau actuel, la production continuera à décliner, ce qui condamnera des millions de gens supplémentaires à la famine.

Réévaluation compétitive des monnaies

Certains observateurs s’attendent pour 2009 à une « dévaluation compétitive des monnaies » (les pays dévaluent leur monnaie pour soutenir leurs exportations) s’ajoutant au phénomène de déflation. La pénurie annoncée des produits alimentaires rend cette hypothèse très improbable. Dans l’environnement économique actuel, une dévaluation aurait pour conséquence indésirable de favoriser les exportations ... des denrées alimentaires. Et même si, comme en Chine, des restrictions étaient imposées à l’exportation, la dévaluation entraînerait l’évasion de quantités importantes de céréales par le canal du marché noir.
Bien loin d’une « dévaluation compétitive », la vive montée des prix des denrées alimentaires devrait entraîner une revalorisation des monnaies en 2009. Les réserves de change ont été créées par les Etats précisément en vue de ce genre d’urgences. Dans le monde entier, les banques centrales chercheront à diminuer le coût des produits alimentaires pour leur population soit directement, en liquidant leurs réserves de devise pour réévaluer leur monnaie, soit en utilisant ces devises pour acheter des céréales sur le marché mondial.
Réévaluer la monnaie est  la méthode la plus rapide pour contrôler le prix de la nourriture. Une monnaie plus forte permet à un Etat d’accaparer davantage de ressources sur le marché mondial (par exemple, un dollar surévalué permet aux Etats-Unis de consommer 25 % de la production mondiale de pétrole alors que sa population ne représente que 4 % de la population du globe). Si la Chine mettait sur le marché ses dollars en réserve, la totalité de sa population pourrait avoir accès à une partie importante des réserves alimentaires mondiales, à l’instar de ce que font les Etats-Unis avec le pétrole.
Mais la médaille a un revers : lorsqu’un pays revalorise sa monnaie et se met à consommer une plus grande part des ressources mondiales, il en reste moins pour les autres. De sorte que si la Chine réévalue le yuan, la pénurie mondiale de denrées va s’aggraver et les prix vont s’envoler. Et, comme il n’y a rien de plus efficace pour déclencher de l’agitation sociale qu’une augmentation du prix de l’alimentation, d’autres pays comme la Russie, l’Europe, l’Arabie Saoudite, l’Inde, réagiront en mettant leurs réserves de change sur le marché, de façon à réévaluer eux aussi leur propre monnaie et ainsi réduire l’impact économique de leurs importations alimentaires. En réponse à une telle situation, on peut penser qu’alors la Chine mettra encore davantage de ses réserves monétaires sur le marché, ce qui relancerait le cycle : c’est la réévaluation compétitive des monnaies.

Face à un cycle de revalorisation concurrentielle des monnaies, il ne fait pas bon détenir la monnaie internationale de réserve. Il est probable que le dollar serait en mauvaise posture si les banques centrales décidaient de liquider des milliers de milliards de dollars d’avoirs américains pour acheter des produits alimentaires avec leur monnaie réévaluée.


© 2009 Copyright Eric deCarbonnel - All Rights Reserved
Vous pouvez trouver d’autres articles de l’auteur à l’adresse
 http://www.marketskeptics.com

ICH
= Information Clearing House, site sur lequel vous trouverez des “News you won’t find on CNN or FoxNews”, inutile de traduire !

 Adresse :
http://www.informationclearinghouse.info
- Publié dans : Economie
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